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Du bonheur en boîte

J’ai tardé mais le voici, le premier article de l’année 2018 !
Et quel meilleur thème pour une nouvelle année que celui du bonheur. Le bonheur au quotidien. C’est bien tout le mal que je vous souhaite pour l’année à venir et les suivantes. Le meilleur chaque jour, et le meilleur réside bien souvent dans les choses les plus simples, les petites attentions et les petits plaisirs que l’on ne voit pas toujours dans une journée pleine de soucis, de travail, de fatigue, de difficultés, quand on court partout, quand il y a toujours à faire et qu’on n’a jamais le temps de se poser pour observer.
Pourtant, aujourd’hui, l’idée dont je vais vous parler, qui n’est pas de moi et qui a déjà fait beaucoup d’adeptes, va vous permettre de la faire cette pause. Avec peu de matériel, peu de moyens, peu de temps, vous aurez enfin ce moment pour regarder, regarder et apprécier, chaque jour.

Cette idée est celle de la boîte à bonheurs.
Une boîte pour s’obliger à revenir sur ce que l’on a vécu, partager un moment en famille, apprendre à son enfant à se situer dans le temps, à se rappeler, mais aussi à comprendre ce qu’est le bonheur, le vrai, qui est bien souvent là, dans des petites choses que l’on fait tous les jours, que l’on fait sans réfléchir, que l’on vit sans s’en rendre compte, qui ne paraissent pas exceptionnelles et pourtant… Une boîte pour s’empêcher d’exploser quand les émotions sont trop fortes, quand la colère ou la tristesse deviennent un peu trop envahissantes, quand on n’arrive plus à dire stop, à soi, à l’autre pour éviter qu’une autre boîte, plus sombre, ne déborde, celle qui se planque à l’intérieur de nous.

Une boîte, un bocal, … que l’on peut décorer en famille pour marquer le début de ce nouveau petit jeu, des crayons, des petits papiers et le tour est joué, vous êtes parés pour accueillir les bonheurs quotidiens.

Chaque jour, un bonheur à écrire ou à dessiner pour chaque membre de la famille. C’est parfois difficile de choisir ce que l’on va décider d’écrire sur le petit papier et à ce moment là on prend conscience que la journée nous a véritablement comblés de bonheur. Parfois c’est un peu plus simple car cela nous paraît évident, une seule chose nous a réjouit véritablement au point de mettre de la couleur dans une journée plus grise que les autres mais qu’importe les soucis de cette journée finalement puisqu’on l’aura remarqué, ce bonheur que l’on n’aurait peut-être pas vu si on ne s’était pas accordé ce moment.

Et puis, un jour, on l’ouvre cette boîte.

365 papiers si on a réussi à ne pas oublier, pris dans la folie du temps qui passe et après lequel on court sans cesse, 365 papiers pour chaque membre de la famille ou presque. Va-t-on lire tout cela ? On pioche au hasard, on ouvre, un dessin, un mot, une phrase, … et une date, on lit à voix haute, on devine l’auteur, on se rappelle la période, le contexte et nous voilà embarqué dans une conversation sans fin constituée de « mais oui, c’est vrai », de « rhooo tu te rappelles » et de « c’est vrai que c’est tellement bon ».

 

On n’ouvrira pas tout, ou pas tout de suite. Des bonheurs à piocher quand le besoin s’en fait sentir, quand on a envie de se retrouver en famille et de vivre une nouvelle conversation, de partager des sourires, quand l’un de nous sera plus triste qu’à l’habitude et qu’il faudra lui rappeler que la vie vaut la peine. On se rendra alors compte de ce que qui est important pour chacun, de ce qui anime ceux avec qui on vit le quotidien, on les comprendra mieux, on saura les aider, les aimer, et enfin prendre le temps de regarder ce que l’on avait peut-être pas vu, le papa qui a besoin de prendre un nouveau virage, la maman qui puise continuellement sa force dans son métier, l’enfant qui a juste besoin de temps et d’amour, le plus possible.

Du bonheur en boîte !

Cette année, on aura eu des bonheurs très différents pour chacun, aussi différents que :
– découvrir la Nintendo Switch, avoir avancé sur un dossier
– avoir dormi longtemps (1 fois dans l’année, il fallait le noter 😉 ), avoir poncé et peint avec les élèves pour notre projet de jardin vertical
– avoir sauté dans les flaques avec mes bottes, avoir vu une belle maison de briques dans la rue
C’est le point « jeu » de l’article, si tu t’ennuies, trouve à qui appartiennent les bonheurs ci-dessus, Paparaignée, Marmouset ou moi.  Attention, il peut y avoir un piège car nous sommes plusieurs à avoir des bottes 😉  (en raison de la difficulté du jeu, aucun lot ne sera attribué aux gagnants 😉 )

Mais on découvre surtout que l’on aura eu beaucoup de bonheurs communs et il y en a qui reviennent fréquemment et qui mettent visiblement tout le monde d’accord :
-faire des câlins avec papa/maman/Marmouset, avoir commencé le dodo avec maman/Marmouset, Papa/chéri/j’ était/s à la maison plus tôt que d’habitude, avoir joué plus longtemps avec Marmouset/maman/papa (et la bouffe bien entendu parce que rien ne vaut le carré de chocolat, le pain au chocolat, la pâtisserie rapportée après la piscine, la galette faite maison, …. pour remettre de la joie dans les coeurs) Ceux-là, il faudra tâcher de les garder en tête, de ne jamais les oublier et de les remettre sur le devant de la scène quand l’un de nous aura oublié l’essentiel.

 

 

Une année écoulée, une année contenue dans un petit bocal en verre.

Et puis, on s’est dit que pour cette nouvelle année qui démarre, on voulait quelque chose d’autre.
C’est bon, on a bien compris, on a bien réalisé que le bonheur était là, chaque jour. On sait qu’un ciel trop chargé en eau peut finalement décider d’aller pleuvoir ailleurs car nous avons appris qu’il y a toujours le soleil quelque part derrière les nuages.
Alors, on se lance un autre pari, celui de noter régulièrement, une fois de temps en temps, quand l’envie nous prend, nos rêves, nos envies, ce qui nous rendrait le plus heureux au monde, ce que l’on aimerait réaliser, les bonheurs à venir et plus ceux passés, un éclair qui nous traverse à un moment donné, quelque chose que l’on vient de vivre et que l’on voudrait connaître à nouveau, quelque chose de fou, d’irréalisable peut-être ou de tellement simple mais qui constitue ce qu’on appelle l’espoir.
Et un jour, à la fin de l’année, ou peut-être à la fin de chaque mois, on n’a pas encore décidé, on videra le bocal, pour faire tourner l’usine à rêves. Pour lire ensemble, se rappeler, découvrir, organiser, réaliser, même l’irréalisable, répondre, trouver, faire, vivre. Et on se rendra certainement compte encore une fois que les envies de chacun sont peut-être bien plus simples qu’on ne le croit, qu’il en faut peu pour être heureux (Baloo sort de ce corps), et surtout peu pour rendre heureux, qu’on peut faire tellement facilement pour donner le sourire, que la vie est trop courte mais pas tant que ça, que regarder ailleurs ne sert à rien, que tout est là, devant nous, et qu’on peut se faire confiance, qu’il est tant de vivre ses rêves au lieu de rêver sa vie.

Aujourd’hui le bocal à bonheurs devient le bocal des petites envies et des désirs les plus fous !

Bonne année ! 

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TAG : Vis ma vie de maman

Sur son blog Mon Joli Coeur, Nathalie a répondu à un petit questionnaire qui tourne en ce moment sur les blogs parentaux et qui a été créé par la youtoubeuse Planète Maman.
A la fin de son article, elle m’a lancé le défi d’y répondre à mon tour. Je vais donc essayer d’être une bonne élève face aux 12 questions posées qui devraient vous en apprendre plus sur moi et mon rapport à la maternité

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Le top 5 de ce que tu peux enfin faire sans enfant

Vous le savez, il y a peu, nous avons osé, pour la première fois, abandonner nos enfants à notre famille quelques jours, histoire de reprendre un bol d’air qui on l’espère nous fera tenir jusqu’à  la prochaine fois (mwouahahaha, tu sauras si tu as lu l’article précédent que la mère indigne qui sommeille en moi est en fait à moitié fake mais chhhuuttt).

Et après avoir perdu nos réflexes parentaux de base – « Tu as pensé à prendre la bassine à vomi ? » Ah ben non, c’est vrai, Caillou n’est pas dans la voiture en fait. Alleluia ! – nous avons pu constater rapidement avec Paparaignée que s’il y a des choses que nous n’avions plus besoin de faire, il y en avait d’autres que nous pouvions enfin faire ! Nous en avions pratiquement oublié certaines, mais les mauvaises bonnes habitudes sont vites revenues. Espérons que cela fonctionnera aussi dans le sens inverse lorsque nous retrouverons les enfants (sinon on est mal 😉 ).

Voici donc notre top 5 de ce que vous pourrez enfin faire sans enfants !

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Les laisser

 

Je suis de celles qui regardent avec étonnement les mamans qui fondent d’amour pour leur progéniture, les mamans dont la vie semble s’arrêter quand elles n’ont pas leur enfant à leurs côtés, les mamans qui sont au bord de la dépression et qui crient leur désespoir sur le net quand elles doivent partir à quelques kilomètres pour la journée, les mamans qui se transforment en fontaine humaine lorsque leur bébé grandit et s’éloigne de plus en plus !

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Et les larmes ont finalement coulé

Ce n’est pas la première fois que j’écris sur la fin de l’année scolaire. L’année dernière, à peu près à cette même date, alors même que j’étais encore en congé parental, j’en parlais déjà ici.

C’est toujours un moment important pour moi, c’est toujours un moment particulier avec un goût inimitable, une odeur bien spécifique, des sensations que je reconnaîtrais entre mille, des émotions qui grandissent et se mélangent prêtes à jaillir le jour J, celui où la cloche finale sonnera. On emmagasine, on accumule et ça explose. C’est comme le feu d’artifice que tu vas regarder chaque 14 juillet, il ne change pas beaucoup, c’est toujours à peu près la même chose et pourtant tu y retournes quand même. Tu le connais par coeur et pourtant tu es toujours surprise et tu as comme l’impression de le découvrir pour la première fois à chaque fois. Tu sais ce qui va se produire mais tu restes excitée et émerveillée. Tu attends le bouquet final avec impatience, tu es ravie lorsqu’il arrive enfin mais tu râles un peu parce que c’est déjà fini. Et quand les dernières étincelles sont redescendues, tu restes un peu toute chose, un peu enfant, un peu rêveuse puis tu rentres chez toi et tu oublies tout en quelques jours. Un dernier jour d’école, c’est un peu comme ça aussi. Lire la suite

Parler et parler encore pour changer le monde – Violences obstétricales

Mon premier accouchement.Sans titre

Je m’en souviens comme si c’était hier. 

On me dira que toutes les mamans se souviennent de ce jour là.
Sauf que voilà, je ne m’en souviens pas pour les bonnes raisons.
Je ne me souviens pas du bonheur que ça m’a procuré car il a été étouffé par autre chose.
Je ne me souviens pas de l’apaisement, de la délivrance, de la sérénité, du partage, de la découverte, de la rencontre, je ne me souviens de rien de tout cela car la peur, la souffrance, la culpabilité, l’épuisement, la honte ont pris le dessus.

Sur le moment, je n’en ai pas vraiment parlé. Lire la suite

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Un gâteau, trois petits cochons et trois bougies !

Il y a moins de 15 jours, Marmouset a eu 3 ans.

Trois ans quoi !

Quand il a eu 1 an, j’étais presque soulagée, j’avais eu hâte qu’il soit grand et la période nourrisson avait été vraiment difficile, je n’étais absolument pas nostalgique ! Et surtout, lui ne se rendait pas vraiment compte du changement, il ne savait pas souffler une bougie, ne savait pas ce qu’anniversaire voulait dire, tout cela restait encore très abstrait, peut-être donc plus facile à accepter pour des parents puisque pas réalisé du tout par l’enfant.

Quand il eu 2 ans, j’étais ravie, il avait encore grandi et cette fois il en prenait véritablement conscience. Il savait ce qui se tramait, particulièrement en voyant l’agitation autour de lui et ses gagas de parents faire de ce jour une montagne, ne cessant de lui en parler. Il savait donc qu’il allait avoir deux ans et qu’il allait avoir un gâteau et des cadeaux pour fêter ça ! Et ses yeux en dirent long lorsque le jour J arriva.

Désormais, il a 3 ans, et je suis légèrement décontenancée, je ne suis plus aussi impatiente que ça, que ça continue, c’est bon ça y est, j’ai vu, il a grandi, c’est super, mais ça va s’arrêter un peu maintenant d’accord ? Un petit arrêt sur image pour préserver ma santé parce que là ça commence à aller un tout petit peu vite et si ça continue, je vais me réveiller et ce sera un ado 😉


TROIS ANS


Des semaines, des mois peut-être qu’il le sait. A force de me demander quand il va aller à l’école et de m’entendre lui répondre qu’il faut avoir trois ans pour ça, il guettait donc la venue de l’événement avec impatience.
« Quand j’aurai soufflé 3 bougies j’irai à l’école hein ? ». Compliqué de lui expliquer que oui mais non, ce n’est pas exactement comme cela que ça se passe…
Bref, pleinement conscient de ce passage important, Marmouset m’a même commandé son gâteau. Le goût et le décor s’il vous plaît !

Un gâteau aux champignons avec les trois petits cochons, le loup et les trois maisons.
Oui, vous avez bien lu, rien que ça, du travail en perspective mais bizarrement c’est plus le « aux champignons » qui m’a un peu posé question.
Ceci dit, je n’étais pas étonnée par sa demande, il raffole des champignons, crus, cuits, à toutes les sauces, …
Et surtout, il n’est pas très « sucré », à part pour les bonbons mais il n’y en a quasiment jamais à la maison sous peine de le rendre fou. 😉
Les gâteaux, ce n’est vraiment pas son truc ! En digne fils de sa mère, il adore les faire mais ne prend pas vraiment de plaisir à les manger, son péché mignon serait plutôt le fromage et le saucisson ! Il est bien cet enfant 😉

Bref, j’ai hésité longuement, on m’a soufflé quelques idées, toutes très bonnes, un cake, une quiche, des champignons en pâte à sucre, …
Et finalement j’ai choisi : ….
un gâteau au chocolat.

J’ai fait un plat à base de champignons pour le repas mais je suis restée sur un gâteau classique, le chocolat en principe il aime ça alors ça passerait peut-être et ce serait plus facile pour positionner le décor, de toute manière c’est ce décor qui aurait le plus d’importance pour lui. 

J’ai donc repris la recette du gâteau de ses deux ans que vous pouvez retrouver ici. Un gâteau au chocolat bien moelleux. 
Et un peu de modelage après, voici le résultat.

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Quelques indications si vous souhaitez reproduire un décor similaire.
-La base
Elle est en pâte à sucre mais ne recouvre pas tout le gâteau, juste le dessus. J’ai donc collé des petits gressins coupés en deux, un a un, tout autour du gâteau à l’aide d’un mélange sucre glace + eau qui devient extrêmement solide en séchant. 
-Les trois petits cochons et le loup
 Ils sont en pâte d’amande. Je ne suis pas douée pour inventer moi-même, en dessin ou en sculpture, mon niveau est proche du néant. Mais je sais très bien reproduire, je peux dessiner ou modeler sans problème si j’ai un modèle.  J’ai donc farfouillé sur le net à la recherche de loup en pâte à sucre ou d’amande et j’ai créé le mien en prenant différents éléments ça et là. Pour les trois petits cochons, pas besoin de modèle, une grosse boule pour le ventre, une petite pour la tête, une toute petite à aplatir pour le nez, puis 4 boules à aplatir pour les pattes. Un tout petit colombin à tordre pour la queue et pour les oreilles, il suffit de tracer dans la pâte une forme semblant à une feuille d’arbre, de découper au couteau et d’appuyer son petit doigt dans la partie arrondie pour creuser légèrement. Il n’y a plus ensuite qu’à assembler le tout, toujours avec le mélange sucre glace + eau.
-La maison en paille
Des gaufrettes au miel plantées directement dans la pâte à sucre et le gâteau au chocolat (d’où l’importance d’un gâteau moelleux pour que ça tienne).

-La maison en bois
Des biscuits de type « fingers » au chocolat plantés eux aussi dans le gâteau

-La maison en brique
Un grand rectangle de pâte d’amande plié en 4 pour formé un « cube », 4 petits gressins à l’intérieur (et plantés dans le gâteau) pour tenir le tout et bien marquer les angles, un carré pour le toit, une cheminée, et des petits rectangles en pâte d’amande rouge à coller sur chaque façade.

-Et bien entendu, des petits champignons en pâte d’amande, oui j’ai quand même tenté histoire d’avoir quelque chose à dire si Marmouset me demandait où étaient les champignons.


Cette année, encore, je n’ai pas fait la pâte d’amande, je l’ai achetée. Cette année encore, j’ai un peu honte, car j’ai acheté une pâte pleine de mauvaises choses que l’on n’a même pas mangée en plus car on n’aime pas ça. Bref, c’était la dernière année car on m’a soufflé une excellente idée. Marmouset était un peu triste d’avoir un décor périssable et qui allait donc disparaître. Désormais, je ferai donc mes décorations en pâte Fimo ou autre pâte durcissante afin de conserver les petits figurines et chaque année Marmouset aura de nouvelles figurines à ajouter aux précédentes et un souvenir de chaque anniversaire 😉
Je lui ai déjà promis de refaire très vite les trois petits cochons et le loup.

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Comme pressenti, Marmouset a à peine goûté à son gâteau. Après avoir admiré longuement son décor et joué à refaire l’histoire des trois petits cochons avec (mais sans faire écrouler les maisons car il ne voulait pas les détruire), il est directement passé à la phase ouverture de cadeaux, le temps que je coupe des parts.
Et c’est à ce moment là qu’on l’a perdu, un livre, un jeu, … et il faut tout de suite le lire, l’expérimenter, le reste ne compte plus, la faim n’existe même plus !
Et entre nos cadeaux et ceux envoyés par la famille, il y avait l’embarras du choix, du Petit Poilu par ci, des légos par là, un peu de Montessori, et un vrai jeu de domino, bref de quoi le combler !

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Cet article vous a plu, n’hésitez pas à le commenter et à partager vous aussi vos réalisations, peut-être de quoi m’inspirer pour les années à venir 🙂

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Des petits et des bagages ou comment voyager léger avec des enfants !

Aujourd’hui, je viens écrire quelques lignes concernant notre petite organisation en matière de bagages lorsque l’on part en vacances avec nos deux petits (de moins de 3 ans) alors que nous n’avons pas de voiture. 

Bon, à priori, un article qui ne va pas casser trois pattes à un canard comme on dit et qui ne vous apprendra peut-être pas grand chose car nous ne sommes pas les seuls dans ce cas.
Mais si j’écris, vous pensez bien que ce n’est pas pour rien et ce petit récit n’est qu’un préambule nécessaire pour une blablateuse comme moi dont la finalité sera la présentation d’un objet coup de coeur, en somme le pourquoi du comment nous en sommes arrivés à faire l’acquisition de cet objet ! (vous avez vu comme je ménage bien le suspense hein 😉 )

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Chez nous, comme vous le savez grâce à cet article, nous avons l’habitude de partir en vacances en train ou en avion. De fait, nous nous devons de voyager léger. Enfin léger, tout est relatif, puisque, encore une fois je ne vous apprends rien, nous avons 2 enfants dont un bébé et qui dit « bébé », dit plus ou moins « équipements spécifiques ». Et je ne sais pas ce que vous en pensez, mais j’ai comme l’impression que plus ils ont petits, plus ils ont de choses !

Néanmoins, il semblerait que l’on ne se débrouille pas trop mal puisque nous n’utilisons qu’une petite valise pour 4. Oui, je sens votre admiration, nous sommes des warriors ;).

Bon ok, nous ne sommes pas des warriors, j’avoue tout, nous avons un secret ou plutôt des secrets :

Nous nous faisons prêter ou nous louons le maximum sur place.

-Nous partons le plus souvent dans la famille et nous abusons de leur machine à laver afin de pas prendre trop de vêtements et nous leur faisons une liste de courses pour ce qui est de la nourriture ou des couches ou  nous achetons sur place.

-Nous portons les vêtements les plus imposants sur nous lors du départ et du retour (du genre les baskets sur nous et les tongs dans la valise et pas l’inverse vous voyez) et nous en mettons parfois le maximum (oui les gros relous qui mettent une heure à passer le contrôle à l’aéroport, c’est nous 😉 ).

Nous acceptons d’être sales. Oui vous avez bien lu, bon de toute manière, dans la vie de tous les jours, pour n’importe quel parent avec un bébé qui au mieux bavouille tous les 5 minutes, au pire régurgite toutes les heures, c’est un peu une habitude non ?

-Nous faisons le plein de vêtements sur place pour nous (pour une fois que l’on peut laisser les enfants aux grands-parents pour enfin faire les magasins une fois en 6 mois), et non ça ne pose pas de problème d’une valise supplémentaire (bon allez parfois un petit sac) pour le retour car à la fin du séjour, il y a toujours des choses en moins dans la valises, les cadeaux si c’est Noël, les couches si on en avait prises, nos guenilles que l’on a pris pour les achever et dont on a fait dont à la benne à vêtements par exemple.

Bien entendu, malgré ces merveilleuses astuces, nous avons tout de même dû faire quelques concessions lors de nos voyages, revoir nos priorités et réduire le matériel à l’indispensable. Surtout nos propres affaires, à nous les parents en fait parce qu’il faut savoir qu’avec Marmouset, c’était 60 % de la place dans la valise pour lui et 40% pour nous et désormais, avec deux petits, c’est 80 % de la place dans la valise pour eux et 20 % pour nous. Autant dire qu’une fois qu’on a mis un slip par jour par adulte, on n’a plus le droit à grand chose et on a intérêt à veiller à ne pas se faire baver, vomir ou renverser quelque chose dessus sinon on finit à poil (d’où l’acceptation de la saleté dont je parlais plus haut).
Concrètement, une concession, ça donne ça par exemple :  prendre uniquement 2 paires de chaussures pour moi (oui je sais, là je suis réellement une warrior à vos yeux ;)), celles que j’ai aux pieds pour marcher et une autre pour frimer et faire ma belle (encore que dés fois j’arrive à glisser une petite paire de tong en plus dans la valise, truc de fou).
Bref.

En général, nous avons également deux sacs à dos (pas si warrior que ça donc).
L’un pour les 2 téléphones de Paparaignée, sa tablette, son ordinateur, son casque, sa console de jeux vidéos portable et mon ordinateur à moi parfois aussi (famille de geek bonjour, en me relisant j’ai comme l’impression qu’il faudrait que l’on se soigne tout de même).
L’autre que j’appellerai le sac de survie (quoique le premier est déjà un sac de survie mais pour Paparaignée en fait 🙂 ). Ce sac contient tout ce qu’il faut pour le change, la nourriture et l’eau et les jouets/activités bref tout le nécessaire pour prendre soin des enfants et les occuper pendant le voyage histoire de ne pas péter les plombs avant même le début des vacances.

Du coup, je fais même l’impasse sur le sac à main (oui vous avez bien lu, je sais la vie est dure). Bon j’avoue que parfois dans un moment d’égarement ou de désespoir peut-être, je tente de le bourrer dans la valise. Je sais, un sac à main, ça ne paraît pas grand chose à ajouter au reste comme ça mais ça fait un sac de plus à gérer et quand je prends le train seule, avec les deux loustics, dont un qui marche depuis quelques mois et touche à tout et l’autre qui court depuis trop longtemps et touche à tout, le cosy pour faire le trajet gare-maison, la poussette pour fixer le cosy trop lourd à porter maintenant, la valise, le sac de survie et pour peu qu’on soit en hiver, le bonnet, les gants, les écharpes, les manteaux que l’on enlève et qui me restent sur les bras parce que finalement quand on arrive il fait trop chaud, très franchement, on apprend volontiers à se passer de sac à main.

A présent, vous savez tout sur notre organisation bagageresque (oui j’aime inventer des mots) ou presque car depuis peu, un nouveau venu ou devrais-je dire une nouvelle venue a rejoint la Team Araignée ou plutôt à remplacé un autre bagage et si vous voulez en savoir plus, il suffit de cliquer ici.

 

Fermer les yeux pour faire disparaître la guerre

J’ai de la chance. J’en suis pleinement consciente. Je suis une privilégiée. Mais je déteste me le dire, je déteste le penser car ces vérités n’existent que parce que d’autres souffrent quotidiennement, vivent des horreurs, subissent le pire. C’est parce que des personnes n’ont rien que ces phrases peuvent être prononcées, c’est bien pour cela que je les déteste.

Si je dis « j’ai de la chance », j’entends derrière que d’autres n’en ont pas et ça me fend littéralement en deux. Me réjouir d’être en vie, de ne manquer de rien, d’avoir des souffrances que l’on peut réussir à panser, ou avoir de la peine pour les autres, ceux qui attendent que leur tour vienne, pire ceux qui savent que leur tour ne viendra jamais.

Aujourd’hui ceux-là habitent Alep.
Une ville dont j’ignorais le nom et la situation lorsque j’avais moi-même l’âge des enfants qui y meurent actuellement sous les bombardements. Et cette dernière phrase me paraît irréelle, on ne devrait pas pouvoir écrire ça.

J’ai voulu encore une fois fermer les yeux, me protéger, faire ce que j’ai toujours fait, croire que c’était un film, un très mauvais film, un cauchemar, tout sauf la réalité. J’ai essayé de me mentir pendant des mois comme je le fais souvent, toujours en fait. Je n’ai pas posé de question, je n’ai rien demandé, j’ai mis des œillères et je n’ai pas voulu entendre comme si le simple fait de le faire allait faire disparaître tout ça, comme peuvent le faire si facilement les enfants en se cachant les yeux quand le film est trop sombre. Pour eux la technique semble fonctionner mais comme eux, j’ai aussi écarté un peu mes doigts pour voir à travers quand même. 

Et aujourd’hui, à 30 ans passé, des responsabilités de parent depuis pas si longtemps et un métier qui contribue à former les adultes de demain depuis un peu plus longtemps, je suis obligée de me rendre à l’évidence. Les journaux sont présents et les gros titres affichés partout, les images circulent et même en ne voulant pas les voir, mes activités sur les réseaux sociaux et la vie dans un monde incroyablement connecté m’imposent la réalité. Une réalité qui me paraît si lointaine et qui frappe pourtant à ma porte comme si elle était juste derrière. Et c’est pourtant aujourd’hui, où l’être humain ne peut plus ignorer, ou s’il ignore, le fait volontairement, c’est aujourd’hui que l’être humain me semble aussi le moins concerné. Alors même qu’il est informé avant les journalistes de la situation de cette ville par les civils eux-mêmes via les réseaux sociaux, alors même qu’il est informé à la minute près de la tragédie, alors même qu’il voit ces êtres humains mourir quasiment sous ses yeux, en direct, il semble pourtant ne pas réagir. On dirait bien que les technologies et outils actuels rendent possible la proximité des faits et leur pleine conscience et dans un même temps favorisent l’éloignement et l’individualisme comme si la souffrance était banalisée dès lors qu’elle était visible au quotidien. 


Aujourd’hui, j’avais envie de rire, de faire le sapin, de profiter de mes petits. Aujourd’hui, c’était aussi le spectacle de la chorale de mes élèves, un moment de partage, de joie, d’unité et pourtant aujourd’hui, d’autres enfants du même âge voient leur monde s’écrouler. Et je n’arrive pas à ne pas y penser.


Hier soir, je me suis dit que je n’avais pas le droit de rester dans l’ignorance, de cacher cette partie du monde à mes yeux. Je me suis dit que si je continuais à effacer ces moments et donc ces lieux de ma mémoire, certes j’avancerais plus facilement mais ma carte du monde deviendrait bien vide. J’ai réalisé que me cacher les yeux n’effaçait pas la guerre. Alors j’ai posé des questions à Paparaignée. Je lui ai posé des questions comme une enfant aurait pu le faire, à coup de « mais pourquoi » qui ne s’arrêtent jamais car il y avait forcément une explication, espérant qu’il allait me répondre, que tout allait s’éclaircir et que je pourrais repartir sereinement faire mon chemin de vie après la conversation. Mais dans ces situations, on a beau chercher, lorsque l’on n’est pas conditionné pour cela, il n’y a pas de réponse et je me suis dit que c’était sûrement mieux car donner une explication à la cruauté serait sans doute lui donner un sens, la légitimer, donner raison aux bourreaux. Alors toujours comme une enfant, notre conversation n’a pas eu de fin, mes pourquoi particuliers sont devenus un immense pourquoi général. Pourquoi il y a des guerres ? Comment des êtres humains peuvent en arriver là, à faire autant de mal ? C’est inconcevable. Est-ce que les élèves qui ont été et seront sur mon chemin, ces petits qui naissent innocents et que j’essaie de former tant bien que mal au respect de l’autre, est-ce que certains deviendront comme ça ?

J’ai assommé de questions Paparaignée qui me paraît toujours tellement plus réaliste que moi et qui a les pieds sur terre. Il me semble aussi toujours moins affecté. Je lui en veux de sa non révolte, de son attitude qui donne l’impression qu’il ne se pose jamais de question, il sait mais ne dit rien, il sait mais ne fond pas en larmes, il sait mais reste debout. Si moi je savais vraiment tout, si j’acceptais cette réalité, je m’écroulerais sans doute. Hier soir, encore une fois, je lui en ai un peu voulu et je lui ai dit : « Mais tu me dis ça et ça ne te fait rien, mais tu m’expliques ça et tu trouves ça normal ? ». Puis je me suis ravisée, évidemment non  il ne trouve pas ça normal, évidemment oui, ça le touche mais il a assez de force pour continuer à vivre normalement parce qu’il le faut bien. Et je le sais pertinemment, lorsque je m’énerve contre lui à ce moment, c’est en fait contre moi que j’enrage, parce que je n’arrive toujours pas à comprendre, parce je n’arrive pas à accepter, parce que je suis impuissante et que mes questions ne permettent pas d’arranger les choses. Je lui transfère ma rage pour ne pas me noyer dans ma propre culpabilité. Le message que je lui envoie m’est clairement destiné mais il est trop difficile à entendre. 
Il a ce que je n’ai pas, sa réaction n’est pas d’effacer pour avancer comme moi, mais d’ouvrir grand les yeux, de s’informer, de savoir et d’accepter ou en tout cas d’admettre car l’acceptation suppose le consentement.
Je n’y arrive pas, et quand je finis par me retrouver en face à face avec la réalité, si je ne la fuis pas, je meurs aussi. Alors, je continue à fuir, enfin à essayer, rattrapée régulièrement par les mots/maux et les images, qui m’interrogent, me font avoir une pensée pour ceux qui souffrent, me font culpabiliser aussi, moi la reine de la culpabilité qui pourrait porter tous les malheurs du monde sur les épaules.
Je souffre en silence, mais ma souffrance n’est rien comparée à la leur, les larmes roulent sur mes joues alors qu’eux n’ont sûrement même pas eu le temps de pleurer, j’évacue la colère, la peur, l’incompréhension, eux la subissent, je reviens à ma réalité et j’oublie pour vivre, eux n’ont pas le choix et meurent pour oublier.
Oui j’ai de la chance. Je suis une privilégiée, quand la réalité qui n’est pas la mienne vient me frapper au visage, quand je culpabilise de ne rien pouvoir faire, quand j’ai honte de ce que l’être humain peut faire, j’ai quatre yeux plein de rêves et  quatre bras plein d’envies qui m’agrippent pour me forcer à sortir la tête de l’eau. Leur regard et leurs gestes repoussent tout ce qu’il y a de mauvais dans ce monde et me crient qu’ils sont vivants, qu’ils sont innocents et qu’ils sont plein d’espoir. Et je continue à y croire. Finalement, ma fuite est peut-être ma force. Je fais partie de ces gens qui ont la capacité à effacer le négatif de leur cerveau. Chaque année, je pense à l’année d’avant en me disant que c’était la meilleure de ma vie, comme si par la seule force de le vouloir, les souffrances et les difficultés rencontrées n’avaient pas existé. 

 

En réalité, je n’oublie rien. Un petit coin de ma tête et de mon coeur restera à Alep et passera certainement malheureusement par d’autres villes dans les années à venir mais je garde toute la force dont j’ai besoin pour avancer, je garde l’espoir nécessaire qui me permet de lutter à mon échelle avec mon arme : l’éducation. La carte du monde se complète d’une manière que j’aimerais différente, les endroits en souffrance deviennent plus nombreux mais le monde des bisounours ne s’avoue toujours pas vaincu et est encore bien présent dans la plus grande partie de mon cerveau, il me permet de créer des souvenirs positifs plus puissants que le reste. 

 

Ce soir, j’ai une pensée pour Alep et ce n’est pas fini, des larmes coulent ici, et c’est du sang là-bas. Alors, il ne me reste qu’une chose à faire, aller regarder dormir mes garçons qui ont la chance de passer une nuit sereine. J’espère qu’il n’y en aura que des comme ça dans leur vie. J’espère qu’à mon âge ils seront plus réalistes, plus concernés, plus réveillés que moi, plus révoltés, plus combatifs face à cela. Mais j’espère aussi qu’ils arriveront de temps en temps à fermer les yeux, fermer les yeux pour avancer, fermer les yeux pour se protéger, fermer les yeux pour faire disparaître la guerre juste un peu. En fait j’espère surtout que quand ils auront mon âge, ils n’auront pas besoin d’être tout cela, de faire tout cela, pas besoin de stratégie, où en tout cas par pour ce genre de cause parce que le mot guerre sera désuet, il ne sera plus qu’un lointain souvenir, aussi désuet que le mot désuet lui-même. Et j’aime à penser qu’ils se marreront autour d’un verre en se disant : « ils étaient bien cons quand même nos anciens, il y a tellement de belles choses dans le monde, qu’est-ce qu’ils ont eu besoin d’inventer ça ! »

Pas très loin de Paris, mercredi 14 décembre 2016.

Une matinée d’école en début d’année

Quelques jours après la rentrée, une matinée d’école comme toutes les autres en début d’année.

Aujourd’hui, comme chaque jour, je suis arrivée à huit heures moins dix.
J’ai voulu imprimer mon cahier journal (l’emploi du temps de la journée) et quelques autres documents, j’ai attendu 10 minutes (qui m’ont paru 3 heures) qu’un ordinateur de la salle informatique veuille bien s’allumer et soit prêt pour mes impressions. L’impression n’est pas sortie. J’ai regardé l’écran de l’imprimante, il indiquait « bourrage papier ».
J’ai ouvert le capot avant, je n’ai pas vu de papier, j’ai ouvert le capot arrière, je n’ai pas vu de papier, j’ai ouvert l’imprimante par la partie scanner au-dessus, je n’ai pas vu de papier, j’ai ouvert le tiroir à papier, il y avait du papier placé correctement. J’ai appuyé sur « ok » pour lancer mon impression, « bourrage papier » s’affichait toujours, j’ai checké à nouveau tous les endroits possibles de la machine avec la lampe de mon téléphone portable. Je n’ai rien trouvé.
J’ai débranché la machine, je l’ai rebranchée, il n’y avait plus de bourrage papier, mes impressions se sont lancées. Il ne me restait plus que 10 minutes avant que les enfants n’arrivent. Rien n’était prêt mais j’avais mon emploi du temps sous les yeux.

J’ai allumé la plastifieuse, je suis partie dans ma classe préparer le reste pendant qu’elle chauffait. 
J’ai sorti des feuilles et des crayons de couleurs sur une table. 
J’ai placé le tableau de présence au bon endroit.
J’ai checké les derniers détails de mon environnement de classe pour vérifier que tout était à sa place, ordonné, propre et le rendre le plus accueillant possible. Je me suis dit que j’étais prête.

J’ai relu mon cahier journal. J’ai préparé à toute vitesse la peinture, les feuilles pour la peinture, le matériel pour les activités du matin, j’ai massicoté, dessiné, écrit, organisé. Cette fois tout était prêt. J’avais oublié la plastifieuse. C’était trop tard pour plastifier, je suis allée éteindre la plastifieuse et me suis dit que je ferais tout ça à midi.

J’ai pris ma fiche pour pouvoir cocher qui irait à la cantine, au TAP (activités) et au goûter.
J’étais déjà fatiguée 😉

Il était 8h20
Et les enfants sont arrivés.


F* est arrivé le premier avec sa maman.
J’ai dit « Bonjour F* ».
Il m’a sauté dans les bras avec un grand sourire, ça m’a fait plaisir. Sa maman m’a demandé si ce n’était pas trop difficile comme il ne parlait pas le français. Je lui ai dit qu’il n’y avait pas de problème, que ce n’était pas le seul, qu’on se comprenait quand même et qu’il parlerait très vite, que j’avais l’habitude. Sa maman a eu l’air rassurée, ils sont entrés dans la classe.

S* est arrivée.
J’ai dit « Bonjour S* ».
S* s’est cachée derrière le pantalon de sa maman comme trois autres enfants par la suite.
J’ai dit « Mais S* n’est pas là aujourd’hui ? » d’un air amusé et probablement idiot pour détendre l’atmosphère et faire comme s’il s’agissait d’un jeu, je ne suis pas sûre que ça ait fonctionné mais S* est entrée dans la classe.

Q* est arrivé.
J’ai dit « Bonjour Q* ».
Il m’a regardé, il a pleuré et il s’est agrippé à sa mère. Je me suis effacée. Ils sont entrés dans la classe.

C* est arrivé.
Il serrait son doudou très fort. J’ai dit avec un air extasié et probablement idiot « Bonjour C*, Ooooooh le beau doudou, il est beau dis donc, comment il s’appelle ?
C* a gardé son pouce dans sa bouche, il a regardé son doudou, il m’a regardé, il a du se demander pourquoi je l’embêtais et il n’a rien dit. Je les ai fait entrer dans la classe.

R* est arrivée.
J’ai dit « Bonjour R* ».
R* n’a rien dit. Sa maman avait l’air gênée. Elle lui a dit « R*, tu dis bonjour ! » J’ai dit que c’était normal et que ce n’était pas grave, qu’on se dirait bonjour après et ils sont entrés dans la classe.

D* est arrivé dans la classe,.
Il pleurait déjà mais je lui ai quand même dit bonjour. Son grand-père m’a demandé en espagnol à quelle heure il fallait venir le chercher, j’ai répondu en espagnol.

Z* est arrivé.
Je lui ai dit bonjour et il m’a répondu.
Sa maman m’a demandé à quelle heure elle devait venir rechercher son fils.
J’ai dit que ça dépendait, que si elle pouvait venir à 11h30 c’était mieux pour qu’il s’adapte doucement. Elle m’a dit qu’elle pouvait. Elle m’a demandé pour les autres jours, j’ai expliqué, assez fort pour que tous les autres parents qui attendaient derrière entendent que ça dépendait de l’enfant, s’il s’adaptait rapidement ou si c’était encore difficile. Que pour ceux pour qui c’est difficile, s’ils ne peuvent faire que la matinée au début c’est bien.
J’ai répété cette information aux 3 parents qui suivaient.

S* est arrivée dans la classe. Sa mère m’a demandé en anglais à quelle heure elle devait revenir la chercher. J’ai répondu en anglais.

A* est arrivée, elle pleurait.
J’ai demandé à A si elle voulait la bouteille magique, elle m’a dit oui, je lui ai donné la bouteille magique, elle a arrêté de pleurer aussitôt. 
W* est arrivé, il pleurait.
Je me suis dit que j’aurais du faire d’autres bouteilles magiques.

S* est arrivée, sa mère m’a demandé en roumain à quelle heure elle devait venir le chercher. Je l’ai regardée, elle m’a regardée, elle m’a montré l’horloge, j’ai compris. J’ai écrit la réponse sur une feuille.

P* est arrivé.

Je l’ai salué. Son papa m’a dit qu’il mangeait à la cantine et m’a demandé à quelle heure il devait venir après. Je lui ai dit que ça dépendait, qu’aujourd’hui c’était mardi et que le mardi et le vendredi, c’était 15h sauf s’il restait aux TAP qu’on appelait l’année dernière les ARE mais que ça avait changé de nom, bref les activités avec les animateurs et qu’après c’était 16h30 sauf s’il restait au goûter, auquel cas, il pouvait venir à partir de 17h15 jusque 18h30. Il m’a regardé, il avait l’air perdu. J’ai compati. J’ai pensé que moi-même je n’étais pas sûre d’avoir tout compris.
J’ai réexpliqué calmement et le plus clairement possible à tous car la question de ce papa en avait alerté d’autres.
Tous sont entrés dans la classe.

Les parents sont repartis progressivement en me souhaitant une bonne journée.
Certains m’ont appelée au secours pour cause d’enfants agrippés à leur jambe, j’ai donné la main et comme je n’en avais plus assez j’ai prêté mes jambes pour qu’ils s’agrippent. J’ai proposé à ces enfants des activités et je les ai aidés à s’installer. Certains sont restés agrippés à ma jambe. Certains pleuraient encore, j’ai tenté de les divertir comme je pouvais et ça a marché, la plupart du temps. J’ai fermé la porte pour éviter que certains ne s’échappent, je me suis rendue compte qu’il restait deux parents dans la classe. J’ai sonné le triangle qui veut normalement dire « c’est l’heure de ranger »et j’ai dit avec un sourire idiot « c’est pour les parents » pour les faire partir poliment. Il a fallu encore 10 minutes pour qu’ils réussissent à partir, entre temps, les enfants qui ne pleuraient plus ont vu qu’il y avait encore des parents et se sont rappelés que les leurs étaient partis. Tout le monde pleurait.  
Tout le monde a arrêté de pleurer à coups de bouteille magique, de câlins, de distraction et parfois de promenade dans l’école avec l’ASEM pour aller voir les poissons de la gardienne.

Il était 8h40.
J’ai laissé les enfants se sentir à l’aise, choisir des activités, j’ai discuté avec certains, j’ai réglé des conflits, j’ai répété aux moyens trop agités de montrer l’exemple aux petits, j’ai donné des responsabilités, j’ai aidé à trouver son étiquette prénom, …
Tout le monde avait une activité ou poursuivait un travail.
F* a mangé la pâte à modeler, j’ai dû lui retirer de la bouche avec les doigts car il n’a pas compris qu’il fallait cracher. F* a ensuite dessiné sur la table, je lui ai donné une feuille puis il a jeté les crayons dans toute la classe et ça avait l’air de lui faire très plaisir, je l’ai invité à ramasser les crayons avec moi.
S* faisait une tour avec les solides géométriques et mettait des grands coups de poing dedans.
P* et L* jetaient les cartes de l’imagier de la classe partout dans le coin bibliothèque.
C* et A* se disputaient pour une activité.
W* faisait le dinosaure dans la classe.
Je me suis dit qu’il était temps de ranger.

Il était 9h20.
J’ai sonné le triangle.

J’ai aidé à ranger, j’ai séparé des enfants qui se disputaient pour ranger, j’ai expliqué qu’on ne rangeait pas l’activité de l’autre sauf s’il voulait bien de l’aide, j’ai rattrapé ceux qui couraient pour vite tenter de faire une autre activité, j’ai rappelé ceux déjà assis qui n’avaient pas rangé, j’ai montré pour la centième fois comment s’asseoir, je suis allée 20 fois récupérer ceux qui étaient repartis faire une activité. On a fini par réussir à tous s’asseoir.
J’ai salué tout le monde. j’ai récité une petite comptine, j’ai parlé un peu de ce qu’on allait faire dans la journée.
D* m’a dit qu’il n’allait pas à la cantine. Je savais qu’il y allait. Je lui ai dit que ce n’était pas l’heure de la cantine, que l’on verrait ça après et que je savais qui y allait et qui n’y ‘allait pas.
R* m’a dit qu’il n’allait pas à la cantine, j’ai répété ce que je venais de dire et je l’ai répété aussi aux 15 autres enfants qui m’ont dit qu’ils n’allaient pas à la cantine.

J’ai voulu reprendre le fil de ce que je disais avant.
M* m’a dit qu’un jour il avait eu un vélo rouge. Du coup L* m’a raconté qu’elle avait un vélo et que sa maman aussi. Tout le monde a voulu me parler de son vélo et d’autres choses qui n’avait rien à voir avec le vélo. J’ai expliqué qu’on pourrait se raconter tout ça en récréation. J’ai pensé que de toute manière, au moment de la récréation, ils auraient oublié.
J’ai voulu reprendre le fil de ce que je disais avant.
Q* s’est remis a pleuré, personne n’entendait plus ce que je disais. Je lui ai demandé s’il voulait la bouteille magique mais il n’en voulait pas. L’Asem de la classe est allée se promener dans l’école avec lui et avec une autre enfant qui pleurait car elle l’avait enlevée de ses genoux pour prendre Q*.
J’ai voulu reprendre le fil de ce que je disais avant.
Mais je ne savais plus de quoi j’étais en train de leur parler.

J’ai dit que j’allais leur lire une histoire.
W* s’est mis à répéter tout ce que je disais.
C* a dit : W* il répète maîtresse.
W* a dit que oui mais que C* n’était pas bien assise.
C* a dit que G* non plus n’était pas bien assis.
G* m’a dit que T* touchait aux puzzles.
J’ai expliqué que je ne voulais pas que les enfants rapportent sauf en cas de grand danger.
J’ai expliqué ce que c’était que « rapporter » et ce que c’était « qu’un grand danger ». On a donné des exemples.
J’ai voulu commencer l’histoire.
W* m’a dit que F* n’était pas assis correctement alors que lui même était debout.
J’ai dit a W* qu’il fallait avant tout qu’il s’occupe de lui même et pas des autres, que c’était déjà beaucoup de s’occuper de soi et que, moi, je m’occuperais du reste.
W* m’a dit que B* avait pris un jeton dans sa main.
J’ai hésité entre partir de la classe et me fâcher.
J’ai respiré, j’ai demandé de se taire pendant l’histoire.
L* a hurlé « chut tout le monde » avec une grosse voix.
J’ai dit a L* que c’était gentil de sa part de vouloir aider mais que c’était moi la maîtresse. J’ai demandé de se taire.
L* a froncé les sourcils et a crié, je lui ai dit qu’il semblait fâché et je lui ai donné la bouteille magique.

W* m’a dit que lui aussi il était fâché. J’ai dit à W* qu’on ferait plein de bouteilles magiques pour que chacun ait la sienne à la maison mais qu’en classe je savais reconnaître qui en avait le plus besoin et qu’il l’aurait quand il serait vraiment fâché ou triste.
J’ai respiré, j’ai commencé l’histoire.

Il était 10h.
J’ai dit qu’on allait aller en récréation jouer dans la cour.
J’ai demande à B* d’aller ranger les jetons qu’il avait mis dans sa poche car si tout le monde prenait le matériel de la classe, on ne pourrait plus faire les activités.
B* est allé ranger les jetons.
C* m’a apporté la pâte à modeler qu’elle avait mise dans sa poche.
N* m’a rendu les petites clés des cadenas d’une activité de la classe.
S* m’a rendu un objet qu’il avait pris dans la boîte de tri de couleurs.
D* s’est mis a pleuré, il m’a dit « La maîtresse, tu viens avec nous ? ». J’ai dit oui. Comme il n’était pas très sûr, il est resté accroché à ma jambe.

S* s’est mise à pleurer en hurlant qu’elle ne voulait pas aller à la cantine, je lui ai expliqué que ce n’était pas la cantine mais la récréation.
R* s’est mise à pleurer car elle avant entendu le mot « cantine ». Je lui ai dit qu’on allait en récréation et que de toute façon, elle ne mangeait pas à la cantine.
W*, D* et L* sont venus me dire qu’eux aussi ils ne mangeaient pas à la cantine, j’ai dit qu’on verrait ça après.
Il faisait très beau. J’ai dit que ce n’était pas la peine de prendre son gilet ou sa veste.
S* m’a dit qu’il n’arrivait pas à mettre son gilet.
J’ai dit que ça tombait bien car on n’en avait pas besoin.
C* m’a demandé si on mettait son gilet.
Je lui ai dit que j’avais déjà dit que c’était inutile.
P* m’a dit qu’il n’avait pas de gilet.
J’ai dit : « on se range et on y va »

Je me suis assise sur le banc de la cour.
A* a retrouvé son frère qui est dans l’autre classe, pendant la récréation, il pleurait. Du coup, elle s’est mise a pleurer aussi. Ils ont pleuré tous les deux sur mes genoux.
R* s’est mise contre moi et D* est resté agrippé à ma jambe.
On a tous fait un gros câlin et ça tombe bien, j’en avais besoin aussi.
Z* m’a demandé sa maman, j’ai dit que c’était bientôt l’heure.
F* m’a demandé sa maman, j’ai dit que c’était bientôt l’heure des mamans et des papas.
S* m’a demandé sa maman. Je n’ai pas osé lui dire qu’elle mangeait à la cantine, je lui ai dit que c’était bientôt l’heure.

I* m’a dit que L* l’avait tapé. J’ai demandé à I* comment il se sentait, il m’a dit qu’il se sentait triste, je lui dit qu’il devait le dire à L* et je l’ai accompagné.
A* a mordu un autre enfant, je suis allée lui parler.
D* a tapé un enfant, j’ai parlé à D.
S* m’a dit que le garçon vert lui avait marché dessus. Personne n’était habillé en vert. Je lui ai demandé de me le montrer car je ne trouvais pas le garçon vert, elle ne l’a pas trouvé non plus.  J’ai dit à S* que je le chercherais et que je lui dirais de faire attention.
J’ai réglé une quinzaine de disputes, appris à 10 enfants à exprimer leur ressenti, à 3 autres à courir en regardant devant soi, à ces 3 mêmes à aider s’ils avaient bousculé et j’ai fait au moins 12 bisous magiques.

Il était 10h30
On s’est rangé.
F* s’est caché sous le toboggan.
Le frère d’A* s’est enfui du rang de sa classe pour se mettre dans la mienne.
A* a pleuré encore plus fort.
S* est venue me dire qu’elle ne voulait pas aller à la cantine, j’ai expliqué qu’on n’allait pas à la cantine mais dans la salle de motricité.
J’ai essayé de faire une séance de relaxation.
Nous avons commencé par la détente du corps.
J’ai osé dire le mot « fesses ».
J’ai dû mettre fin à la séance de relaxation.
Je me suis consolée en me disant que le rire détendait aussi. 

Il était 11h.
Nous sommes remontés en classe.
Nous avons chanté.
F* a fait du bruit avec sa bouche et il a battu des mains, j’ai pensé qu’on partait de loin mais il avait l’air ravi et c’était déjà une victoire.

La dame de la cantine est arrivé.
R* a pleuré. Je lui ai expliqué qu’elle n’allait pas à la cantine. Elle a pleuré plus fort en me disant qu’elle n’allait pas à la cantine, je lui ai dit que je le savais, elle a pleuré quand même.

J’ai appelé les enfants qui allaient à la cantine.
D* s’est caché dans la classe.
R* a pleuré de nouveau, je lui ai dit que je ne l’avais pas appelée.
S* a hurlé et s’est débattue pour ne pas y aller. Je lui ai donné la bouteille magique, son doudou, un câlin, les genoux de notre asem mais elle pleurait encore. 

Je suis passée à la cantine leur faire un petit coucou, tout le monde mangeait de bon coeur. Personne ne pleurait.

J’étais lessivée.
Bref, c’était une matinée de classe comme toutes les autres en ce début d’année et ce n’était que la matinée.

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