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En saigner

Vous le savez, je suis maîtresse, professeur des écoles on dit, bref, j’enseigne et je fais un million d’autres choses aussi pour lesquelles je ne suis pas habilitée en principe mais ce n’est pas nouveau et on en parlera une autre fois.
J’enseigne avec un plaisir souvent démesuré, parfois déraisonnable mais toujours captivant, ce n’est pas nouveau.

J’aime profondément mon métier.
Mon coeur bat ! C’est comme ça.

Mais aujourd’hui je suis inquiète. Plus que je ne l’ai jamais été.


Je suis pourtant d’un naturel positif. L’espoir est permanent chez moi, j’y crois encore et toujours. Je vis même certainement un peu trop dans l’utopie, j’en suis consciente. Certains diront que je suis naïve, d’autres que je suis sensible, peu importe. Mon monde, si ce n’est celui des Bisounours est sans nul doute celui des enfants, enfants que je côtoie tous les jours. Je n’ai pas choisi ce métier par hasard, il n’y a pas de hasard, il n’y a que des destinées et tout est écrit. C’est ce que je me répète, ce qui me fait avancer, mais aujourd’hui, j’ai bien peur que ce ne soit plus suffisant.

Tout est écrit hein ? Mais ce n’est pas possible que ce qui se passe en ce moment dans l’éducation nationale ait été écrit quelque part. Dans quel but ? Quel est le positif que l’on va retirer de cela ? Qu’est-ce qui arrivera de bien après ça ? J’ai beau chercher, j’ai beau puiser dans mon éternel optimisme, je reste inquiète.

En réalité, je suis plus qu’inquiète.
Mon coeur s’accélère.

Je fais bonne figure, je sauve les apparences mais je suis réellement déchirée entre cette douleur et mon envie de continuer à me battre pour le métier que j’ai choisi depuis ma plus tendre enfance. Ce métier que j’ai atteint avec satisfaction et malgré les obstacles et les difficultés que je connaissais d’avance. Ce métier auquel je m’accroche et que je souhaite continuer à faire malgré toutes les autres difficultés qui se sont ajoutées depuis. Ce métier qui passe avant beaucoup d’autres choses. Ma famille le sait et le comprend, mes enfants savent que ce n’est pas une partie de rigolade mais que j’y prends pourtant un énorme plaisir. J’espère qu’ils continueront à comprendre que c’est important et que faire quelque chose d’important, ça prend du temps. Je ne suis pas face à des machines, je suis face à un public et un public bien particulier, de ceux qu’on ne peut pas tromper, de ceux qui attendent beaucoup, de ceux qui sont en pleine évolution, qui sont en pleine construction, ceux qui ont l’âge de tous les possibles, ceux que l’on se doit d’élever avec soin et attention car ils attendent beaucoup de nous et sont capables d’encore plus.

Je suis préoccupée.
Mon coeur s’emballe.

De nouvelles réformes sont en cours, de nouvelles lois.
Des absurdités, j’en ai vues arriver depuis plus de 10 ans que j’enseigne mais là on atteint des sommets ou plutôt le fond. Je ne sais pas pourquoi mais il semblerait que chaque nouveau gouvernement souhaite toujours laisser son empreinte dans l’éducation nationale. Et comme visiblement, apprendre de ses erreurs est un concept qu’ils semblent ignorer, l’empreinte est en générale plus grosse, plus voyante que la précédente et plus sale aussi histoire qu’on galère à la nettoyer et qu’on ne l’oublie pas. C’est sûr, on n’oublie pas.
Ils balaient tout ce qui a été fait avant pour faire du complètement différent, pour tenter un truc nouveau, pour marquer les esprits, pour faire des économies et avoir des chiffres qui donnent le sentiment d’être supérieurs aux voisins mais visiblement pas pour penser aux premiers concernés, pas pour consolider, pas pour réparer ce qui doit l’être non plus, ni pour nous rencontrer, pour nous connaître, comprendre et avancer.
A chaque fois, je me dis que ça ne pourra pas être pire. Aujourd’hui, j’ai arrêté de dire ça car c’est à chaque fois pire.
La trace qu’ils laissent devient de plus en plus profonde, elle ne creuse pas seulement le système, elle s’enfonce chaque fois plus dans notre coeur d’enseignant et aujourd’hui, les nouvelles décisions achèvent de le transpercer.

Aujourd’hui, c’en est trop.
Mon coeur se fend.

Parce que je fais partie des passionnés mais pour combien de temps encore. Je fais partie de ceux qui sont animés par leur métier, qui y sont même quand ils ne devraient pas y être, qui ne comptent pas leurs heures, qui y songent en permanence, qui cherchent au quotidien, qui ne baissent pas les bras, qui se remettent en question régulièrement, qui essaient, qui changent, qui évoluent, qui échouent, qui font des erreurs et qui rebondissent, qui ne se laissent pas abattre, qui y croient dur comme fer, qui pensent que l’éducation sauve, qu’un regard, un mot, une rencontre peut changer un destin, une estime de soi, une volonté, ceux qui sèment des graines sans cesse car ils sont persuadés qu’elles peuvent engendrer des plantes magnifiques et pousser jusqu’au ciel et nous sommes nombreux dans ce cas.
Je fais partie de ceux qui ne retiennent que le positif malgré des difficultés quotidiennes, les postes qui disparaissent, les classes qui ferment, les élèves violents, les enfants qui vivent dans des conditions difficiles, le manque de moyens, d’aide, de reconnaissance, l’agressivité, l’épuisement,…
Je fais partie de ceux qui versent une larme quand l’année se termine, et qui sont autant excités que leurs élèves à la rentrée.

Aujourd’hui, je fais aussi partie de ceux qui sont en colère, qui souffrent, qui crient intérieurement et qui ont peur. Des questions m’envahissent, des angoisses, je suis agitée, pleine d’incertitudes, je me ronge les ongles, 15 ans que je n’avais pas repris.

Je sais que les réformes en cours sont graves, je n’en fais pas la liste ici, ce serait trop long, trop compliqué, trop déprimant (mais vous les trouverez ainsi que des explications facilement sur le net), je sais que mon métier est au plus mal, que les enfants et les enseignants sont maltraités depuis un certain temps, que ça ne s’arrange pas, que l’avenir est incertain. La maternelle telle qu’il est encore possible de la vivre actuellement est en sursis. Mon univers ! Celui auquel je crois le plus, la base de tout le reste. Il y a quelques semaines, un sénateur a dit que de toute manière payer des enseignants à faire coller des gommettes ne servait à rien. Je ne sais pas quoi dire.

Mon coeur saigne et ma rage de combative se retient de lui répondre avec véhémence.

Quand je sors mes outils pour fabriquer un nouveau matériel, je suis heureuse, quand un projet naît dans mon esprit, je suis heureuse, quand je partage avec des collègues, je suis heureuse, quand je vois mes élèves grandir, apprendre, sourire et m’en demander encore, je suis heureuse, quand j’arrive à respecter leur rythme et leurs besoins, je suis heureuse, quand je lis tout ce qu’on peut dire sur mon métier et tout ce qu’ils sont en train d’en faire, je suis dévastée.

Aujourd’hui j’écris par nécessité, parce que mes mots sont autant de larmes que j’ai besoin de verser. J’écris pour évacuer et retrouver cette force qui m’habite depuis toujours, j’écris pour ne pas décevoir cette petite fille qui a choisi ce métier avec détermination, j’écris pour rappeler à ce sénateur et à tous les autres qui pensent comme lui et qui détruisent par leurs mots et leurs actes le métier que j’ai choisi que nous ne nous laisserons pas faire, j’écris pour leur dire qu’ils veulent nous écraser mais que nous continueront à semer des graines dans les petits esprits pour les rendre encore plus combatifs que nous le sommes, et que nous transformerons les bâtons qu’ils mettent dans nos roues en baguette pour faire rouler les cerceaux des enfants encore plus loin qu’avant, j’écris pour dire que ce sera difficile mais que si je dois enfreindre la loi pour le bien-être de mes élèves, je le ferai.

J’écris aussi pour vous alerter. Si en ce moment, des actions sont menées dans vos écoles, si des grèves, des manifestations, des choses se passent, sachez que ce n’est pas pour rien, c’est vraiment important, ça va durer, on a besoin de vous aussi, de votre soutien !

 

Vous le savez, je suis maîtresse, professeur des écoles on dit, bref, j’enseigne et je fais un millions d’autres choses aussi pour lesquelles je ne suis pas habilitée en principe mais ce n’est pas nouveau et on en parlera une autre fois. Ce qui est nouveau aujourd’hui, c’est que lutter chacun dans notre coin, dans notre classe, devient bien difficile, c’est que les difficultés accumulées sont trop lourdes à porter, c’est qu’on n’a plus envie de faire comme si de rien, c’est qu’on a envie que vous sachiez que tout ça n’est pas normal, que vos enfants souffrent et nous aussi, qu’on panse comme on peut, qu’on colmate le système, qu’on est bien gentil à avoir toujours fait au mieux, à avoir comblé les défaillances, mais qu’aujourd’hui c’en est trop, ça ne va plus fonctionner, on arrive à saturation.

Aujourd’hui j’enseigne toujours parce que j’aime profondément ça, c’est riche, c’est utile, c’est important, c’est indispensable, ça n’est pas nouveau non, ce qui est nouveau, c’est qu’aujourd’hui j’en saigne aussi.

 

 

 

 

69 réponses
  1. Delaporte Catherine
    Delaporte Catherine dit :

    Bravo pour votre article. Vos mots sont justes.
    Je vous admire de continuer à avoir la foi dans la mission d’éducation. Je suis à la retraite après qq décennies de bons et loyaux services, et ravie de ne plus supporter la bêtise des ministres de l’éducation successifs. Bon courage!

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    • Marie
      Marie dit :

      Merci. Les mots de compréhension et de soutien contribuent également à me faire encore tenir et continuer à y croire ! On ne lâche rien !

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    • Véronique
      Véronique dit :

      Ton message est tellement vrai!
      L’ecole va mal et les enseignants souffrent. On souffre de ne plus pouvoir faire notre métier : instruire les élèves, leur transmettre un savoir tout en respectant leur rythme!
      Mon cœur saigne, j’aime profondément mon métier, je l’exerce avec passion mais pour combien de temps encore? Après 20 ans de carrière je songe à jeter l’éponge car aujourd’hui je ne fais plus le métier pour lequel j’ai signé. Comment rester en accord avec soi même quand on participe à fragiliser les plus fragiles, à maintenir la tête sous l’eau de certains enfants en les laissant passer dans la classe supérieure alors qu’ils sont en grande difficulté et en grande souffrance.
      Ou est la bienveillance? Le respect du rythme de l’enfant ? Le respect de l’enfant et du corps enseignant?
      L’ecole va mal, les élèves et les enseignants aussi.
      Je suis inquiète pour l’avenir de l’ecole Et par conséquent pour celui de mes enfants!

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  2. Celd
    Celd dit :

    Que dire ça. Penser aux principaux intéressé du système n’a jamais fait partie des priorités du législateurs et ça quelque soit le sujet. La France mourra se ses réformes ou surtout on n’apprend pas de la précédente.

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    • Marie
      Marie dit :

      C’est juste et ça me dépasse, j’ai du mal à imaginer que les priorités soient ailleurs, je pense souvent peut-être naïvement que l’être humain pense forcément au meilleur pour l’être humain,pense à l’humain tout simplement, qu’il est bon à la base, j’y crois toujours malgré tout. Ceci dit, je m’occupe de petits être humains, des Hommes en devenir alors il est bon que je pense ainsi, c’est important.

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  3. Celd
    Celd dit :

    Tu pourrais nous mettre un ou deux liens vers des articles qui présente bien peu toi les problèmes des nouvelles réformes ? Merci

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    • Marie
      Marie dit :

      J’ai regardé rapidement mais c’est un peu compliqué de trouver un article, tout ce que je connais, lis, trouve de bien fait vient surtout du groupe Facebook des Stylos rouges, il existe aussi le groupe Les amis des stylos rouges. Bien sûr le groupe renvoie parfois à des liens d’articles mais on y trouve rarement tout de la maternelle au lycée dans ces articles et c’est parfois complexe ou peu parlant alors que sur la page, il y a plein de créations de dessins, d’affiches, de montage, de vidéos … qui décrivent parfaitement les points importants, les inquiétudes, les liens directs avec la réforme et qui ne sont pas partageables via un lien bien souvent en ce qui concerne tous les tracts et images. Du coup, il y a aussi le site des Stylos rouges à cette adresse : https://stylosrouges-officiel.fr/ On peut y trouver les explications de la réforme mais aussi suivre le mouvement, les actions, ce qui est mis en place.
      Ce que j’aime sur la page Facebook, c’est que l’on y parle de tous les problèmes, pas seulement ceux directement liés à la réforme mais tous les dysfonctionnements de l’école depuis longtemps, et ça va du problème d’amiante et de locaux vétustes dans beaucoup d’écoles au problèmes de l’absence de médecine du travail dans notre métier en passant par les violences subies, les problèmes d’effectifs, le manque de personnel, …. les langues s’y sont déliées au fur et à mesure car je crois que c’en est trop et que ces réformes ont été la goutte d’eau qui nous a décidé à tout dire et à se battre pour que ça change. On s’est rendu compte de toutes les situations problématiques et que ce n’était pas normal de continuer à faire avec et que les enfants en pâtissent, enfin on le savait déjà mais disons qu’avant on comblait, on réparait, on palliait comme on pouvait, ça va devenir compliqué et on commence à être épuisés.

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      • Olivier
        Olivier dit :

        Il est quand même très surprenanr de se victimiser sans citer un seul exemple, un seul élément de cette réforme qui justifie cette complainte.
        Ce témoignage conforte mon impresside parent d’élève, le corps enseignant ressemble en tout point au parlement britannique… être contre tout sans exprimer ce qu’il veut sauf le beurre et l’argent du beurre.
        Pensez aussi aux enfants, ils ne peuvent pas être les otages de votre corporatisme et conservatisme.
        Regardez le monde extérieur, ouvrez vous aux attentes des parents.
        Le repli sur soi n’a jamais rendu les gens heureux, c’est même tout le contraire. Vivez !
        Bonne découverte du monde

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        • Marie
          Marie dit :

          Allez, je vais me répéter pour la trentième fois, on a déjà exprimé mille fois depuis plusieurs mois ce que nous voulions et ici ce n’est pas le lieu pour ça. Il faut juste ouvrir un peu ses yeux. Je ne me suis jamais repliée sur moi, ce n’est pas mon genre. Et on ne fait que ça de penser aux enfants, vous croyez que je veux respecter leur rythme et leurs besoins pour moi, il me serait bien plus facile d’enseigner comme si j’étais face à des machines et sans me préoccuper de leur personne. C’est ce que vous souhaitez vous pour vos enfants ? Moi non. Et tous les parents qui me confient leurs enfants non plus.

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    • Convercey
      Convercey dit :

      Faire bientôt appel à des contractuels ( étudiants non formés ) pour enseigner En Cp ce sera génial !
      Ne plus pouvoir prendre de temps partiel sur autorisation car problème pour assurer la présence de maîtres devant les classes ( beaucoup de démissions chez les jeunes professeurs des écoles)
      Il y a plein d’autres exemples

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      • Olivier
        Olivier dit :

        le Débat n’est pas d’etre Contractuel ou titulaire mais de posséder des qualités pédagogiques et ce point ne relève pas du statut mais de la personne et tous les enseignants n’en sont pas dotés. Il faudrait à mon humble avis revoir les critères de recrutement où à minima faire passer un entretien pour juger de cette capacité.
        Pour l’autre argument, je vous renvoie à la nécessaire organisation que demande une structure comme l’educ nat. Les enfants ne peuvent pas être la variable d’ajustement du système comme cela se présente trop souvent

        Répondre
  4. Anne-Lise
    Anne-Lise dit :

    Je suis maman d’une fille de 4 ans. « payer des enseignants à faire coller des gommettes ne sert à rien » : quelle violence et quelle ignorance !!!!
    J’en reste sans voix

    Répondre
  5. Pascal SOLAL
    Pascal SOLAL dit :

    Bonjour,
    Nier le hasard, c’est comme nier la pluie, le soleil, le vent… Le hasard existe, mais les prédispositions existent tout autant. Lorsque celles-ci se combinent à des choix libres (car on n’est pas tenu d’obéir à ses prédispositions) et à des évènements imprévisibles (ce fameux hasard), cela donne une destinée. Rien n’est écrit d’avance. Et heureusement, sinon à quoi bon vivre? Pardon pour cette digression philosophique, mais j’entends trop souvent cette phrase toute faite (« Le hasard n’existe pas »), qui empêche de penser la complexité de la vie, et qui apporte une pseudo-réponse faussement rassurante.
    Cordialement

    Répondre
    • Marie
      Marie dit :

      Pas de problème, les digressions philosophiques sont les bienvenues et je suis d’accord avec ce que vous dites, je ne nie pas le hasard, j’aime y donner du sens, mon propos est plutôt de me dire que quand il m’arrive quelque chose même de désagréable au premier abord, ce n’est pas pour rien et j’en retire du positif à un moment donné et je vis des choses que je n’aurais pas vécues ou différemment sans ça 🙂

      Répondre
  6. Jean
    Jean dit :

    Bonjour,
    Je respecte votre position et votre combat mais je trouve votre texte vide de fond.
    Pour être constructive et rallier un large public à votre cause vous devriez préciser les réformes qui vous dérangent et les raisons de votre désaccord. En l’état le lecteur reste sur sa faim : en ce qui me concerne jusqu’au bout du texte j’espérais apprendre quelque chose, au delà du coup de gueule.
    Excellente continuation à vous, en espérant que vous ne prendrez pas mal ma franchise.
    Jean

    Répondre
    • Marie
      Marie dit :

      Bonjour, je ne le prends pas mal du tout et vous remercie pour votre franchise, je préfère une franchise intéressante et polie comme la vôtre avec des questionnements et des interrogations légitimes puisque vous ne me connaissez pas plutôt que de l’agressivité improductive et gratuite à laquelle je m’attends en ayant été relayée à plus grande échelle même si je sais que ça va être difficile à encaisser pour l’humain que je suis. Pour essayer de vous répondre au mieux, je dirais qu’il existe des dizaines d’articles sur le fond et qu’il ne me semblait donc pas utile d’en rajouter d’autant que les réformes englobent aussi le collège et le lycée pour lesquels je suis moins habilitée à parler. Par ailleurs, pour être honnête, je ne sens pas douée pour vulgariser et mettre à la portée de tout à chacun la totalité ce qui se trame actuellement, et qui s’ajoute à d’autres problématiques antérieures et à des non dits qui existent depuis longtemps dans ce métier, il y aurait tellement à dire, d’autres le font bien mieux que moi et je ne suis pas douée non plus pour convaincre. Mais ça tombe bien ce n’était pas mon but, j’ai l’habitude d’utiliser l’écriture comme exutoire, et je suis quelqu’un pour qui les émotions, le ressenti,… ont beaucoup d’importance. Mes lecteurs habituels me connaissent plutôt bien, ils connaissent mon attachement et mon investissement dans ce métier, ils savent que si je ressens le besoin de dire ce que je dis aujourd’hui, ce n’est pas pour rien et ils me font confiance. Finalement la sincérité des émotions est le meilleur des arguments s’il en faut un. S’ils doivent être convaincus, ils le seront. Certains n’ont pas besoin d’en savoir plus et les autres discutent avec moi, me retrouvent sur les réseaux sociaux pour avoir les informations plus factuelles nécessaires. Pas besoin de faire du copier coller ici de ce qui existe déjà ailleurs finalement. Je ne suis pas pédagogue émérite, je ne suis pas femme politique, je ne suis pas porte-parole de l’éducation, ici ce n’est pas la spécialiste en pédagogie qui parle, c’est l’être humain, l’enseignante qui souhaite le meilleur pour ses élèves et qui se sent triste en ce moment de ce qu’elle voit et entrevoit pour le futur. Je ne suis pas là pour convaincre, pour rallier un large public à ma cause, je le fais ailleurs, dans mon école, dans les mouvements actuels de défense de l’éducation nationale où je suis très active, sur les réseaux sociaux,… ici c’est autre chose. Je vous remercie et bonne continuation à vous également 🙂

      Répondre
    • Isabelle
      Isabelle dit :

      Je comprends Jean. Quand on n’est pas du « milieu », difficile de s’imaginer ce qui se passe en ce moment dans l’éducation nationale. Mais quand on est maîtresse, il prend tout son sens.

      Répondre
      • Marie
        Marie dit :

        C’est tout à fait vrai, pour ceux qui sont dedans ça coule de source, et comme dans tout métier j’imagine, on a le sentiment que les choses sont claires pour tout le monde car on le pratique au quotidien mais ce n’est pas le cas en effet.

        Répondre
  7. Marcel
    Marcel dit :

    Un article pour rien : rien n’est factuel, aucun exemple, approche statistique…
    And so what?
    Des choses se passent ? Oui des fermetures de classes surtout en milieu rural.
    Les rythmes scolaires et l’inégalité que ça a engendré entre les territoires ?
    Des faits, des sujets!
    Des craintes et des peurs, tout le monde en a…quand on arrive pas à les surmonter, il y a les collègues, la famille, les amis, le psy ou les médocs

    Répondre
    • Marie
      Marie dit :

      Vous êtes tellement loin du compte…. les problèmes dont vous parlez ne sont rien à côté de la réalité. Je ne suis pas là pour faire du factuel ou des statistiques, il y a des dizaines d’articles sur le sujet, il suffit d’ouvrir un peu les yeux. Je ne vais pas le faire à votre place. Je parle de mon ressenti et je surmonte très bien mes émotions, la preuve, je vous remercie sinon il y a longtemps que j’aurais démissionné. Je travail dans l’humain et un humain particulier, le tout petit enfant, désolée de m’en préoccuper.

      Répondre
    • Ambel
      Ambel dit :

      Votre commentaire est dénué de toute compassion, ce qui est bien dommage quand il répond à un article qui justement en parle.
      Croire que des classes ne ferment qu’en milieu rural, c’est véritablement fermer les yeux au monde qui nous entoure. Je vis dans une ville de 200000 habitants et j’ai deux écoles qui sont concernées autour de moi, pourtant en plein centre ville. Et 3 autres dans des petites villes aux alentours, dans lesquels je me rends pour mon travail.
      J’espère de tout cœur que lorsque quelqu’un de votre entourage vous confie son mal-être, vous ne lui répondez pas en lui demandant de prendre des médicaments.

      Répondre
  8. Gabriel
    Gabriel dit :

    J’ai lu votre billet avec beaucoup d’attention et avec le regard bienveillant d’un collègue ayant plus de trente ans de métier.
    Mon expérience me fait dire que nous nous sommes toujours émus de réformes qui nous semblaient aller dans le mauvais sens mais, qu’au final, la pratique dans les classes n’en était jamais fondamentalement chamboulée car c’est bien là ce qu’il faut retenir lorsque l’on est une enseignante motivée comme vous l’êtes.
    Gardez votre belle énergie pour votre classe et ne vous préoccupez pas du raz de marée annoncé qui ne fera finalement que de faibles vaguelettes.
    Pour ma part, je suis plus inquiet par la déshumanisation de notre fonction, de la façon dont nous sommes perçus par le public ainsi que par notre hiérarchie, chacun votant en nous qu’un produit de consommation jetable.
    Gardez courage et foi en votre travail car les enseignant(e)s motivé(e)s vont devenir aussi rares qu’indispensables.
    Courage…

    Répondre
  9. Alex
    Alex dit :

    Hum, intéressant… . N’est-il pas nécessaire quand même de revoir notre système scolaire ainsi que les compétences de certains de nos « professeurs des écoles » ? Quand on apprend à ma fille de CM1 que l’océan qui borde la côte ouest de la France s’appelle l’océan Pacifique et que nous avons un climat tropical, je me pose de sérieuses questions !? En revanche quand la réponse en toutes lettres à un exercice se trouve être criblée de fautes d’orthographes, la correction n’est pas faite … ! Vous avez eu la chance de fêter le 100 ème jour d’école il y a une semaine quand nous, en entreprise, sur la même durée, nous en sommes approximativement au 140 ème voir 150 ème à 8h/j minimum… .Je comprends que vous aimiez votre métier ! Je me pose encore la question de savoir comment je vais faire garder mes 2 enfants pendant ces 15 prochains jours. Vous posez-vous la même ? Je ne dis pas que les réformes voulues par notre gouvernement actuel sont bonnes vu leur inefficacité en revanche une refonte est nécessaire pour que nos enfants aient des bases solides. Bien à vous.

    Répondre
    • Marie
      Marie dit :

      Bien sûr que le système est à revoir et c’est ce dont je parle aussi dans les nombreux problèmes de l’école. A votre avis pourquoi les enseignants de votre fille ont des soucis d’orthographe ou de connaissances ? Certainement parce que c’est un métier formidable et que tout le monde se bat pour le faire ? Ah ben non mince ils n’arrivent plus à recruter et prennent les gens même avec de faibles résultats et sans aucune compétence. Mais comme vous avez l’air de trouver notre métier absolument génial, pourquoi ne pas vous présentez ? Sachez qu’effectivement je ne me pose pas la question de comment je vais faire garder mes enfants, ils seront inscrits au centre de loisirs la première semaine ! Et moi je serai dans ma classe de 8h30 à 18h comme chaque jour. Et la deuxième semaine je les garderai et je m’offrirai alors le luxe de bosser à domicile en particulier le soir quand ils seront couchés comme tous les jours ! Et oui ce n’est pas parce que vos enfants sont en vacances que leurs enseignants oui, mais comme beaucoup vous aimez penser que nous sommes de grosses feignasses, je vous laisse continuer à entretenir le mythe si ça vous fait plaisir.

      Répondre
  10. Arnold
    Arnold dit :

    Loin de moi de nier votre souffrance, vous la ressentez donc elle existe. Néanmoins, il n’y a aucun fond dans votre article, on ne sait pas quels sont vos craintes et vos reproches par rapport à cette nouvelle réforme. De plus, vous dites en avoir marre des reformes successives et en même temps que rien ne va….cela me semble contradictoire. En effet, si rien ne va, il faut bien des réformes pour changer les choses non ? De ma fenêtre un peu éloignée de l’enseignement, il me semblait justement que la réforme actuelle avait pour ambition de redonner de l’autonomie aux établissements plutôt que d’être soumis aux rectorats, ai-je tort ?
    Enfin, je me répète, je ne veux pas nier votre désarroi, mais il me semble que beaucoup d’enseignants ne sont pas vent debout devant cette réforme. Il y a plusieurs façons de voir l’école et chacun y projette son idéal. Bien malin celui qui peut dire qui a tort ou raison dans ces points de vue divergents.
    Sur ce bon courage à vous.

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    • Marie
      Marie dit :

      Merci, tous les enseignants ou presque sont vent debout devant cette réforme, vous pouvez vous renseigner sur le groupe des stylos rouges. Malheureusement les médias étouffent un peu cela. Encore une fois, je crois que je vais devoir faire un commentaire général, mon article n’est pas une commande et n’est pas destiné à être un article de fond, des articles sur la réforme en détails, il y en a des tas, je ne vais pas faire de la redite. On est tous conscients qu’il faut des réformes, et on a des tas d’idées mais on se fiche bien de notre avis et on continue à faire passer tout ça en douce sans même prendre la peine de nous informer la plupart du temps. De votre fenêtre un peu éloignée, vous plongez dans les beaux discours de nos politiques qui essaient de se faire aimer, rapprochez vous. Je ne projette pas mon idéal, enfin si peut-être mais je n’en ai qu’un respecter le rythme et les besoins des jeunes enfants et on n’y est pas.

      Répondre
  11. David
    David dit :

    Je crains que vous n’exposiez que le problème essentiel de nos sociétés : l’égocentrisme ! Comme vous le dites « chacun dans son coin… », chaque homme politique, chaque gouvernement, chaque parent qui ne voit pas l’impact sur l’avenir de notre génération, sur les générations à venir de ces comportements inutiles, hypocrites, tous ces gens sont responsables des dégradations multiples de la société mais tous se disent que c’est la faute du voisin.
    Et ils sont nombreux !
    Alors que ceux, comme vous, qui avez conscience du problème, qu’il faut vraiment, et de toute urgence, cesser de se regarder le nombril, relever les manches et se mettre sérieusement au boulot… ne peuvent que constater qu’ils ne sont que trop peu nombreux, qu’ils luttent en permanence contre le jemenfoutisme, le « oui, MAIS… », le « c’est pas moi, c’est l’autre… » et j’en passe, comment rester motivé après ?
    L’espoir, même s’il est vain, reste une arme puissante. Il reste, surtout, encore beaucoup de gens qui apprécient le travail des enseignants, ceux qui veulent faire grandir les enfants, leur faire comprendre le monde, les amener à être adultes et non pas rester de grands enfants toute leur vie.
    Merci pour votre témoignage, un article poignant, émouvant.

    Répondre
    • Marie
      Marie dit :

      Merci beaucoup pour ce commentaire qui est effectivement très juste. C’est un gros soucis dans notre société à tous les points de vue. L’espoir est un mot dont je mesure tout le sens depuis un moment et effectivement il ne faut jamais l’oublier !

      Répondre
  12. Yla
    Yla dit :

    Vous dites que détailler les lois posant problème serait trop long, cependant votre billet décrit vos états d’ames en large en long et en travers (le cœur est au cœur du sujet), mais rien de factuel, que de l’émotionnel et c’est bien le problème de notre société : le superficiel, et dès qu’on gratte alors ça deviens trop compliqué de réfléchir alors on préfère se réfugier dans le sentimentalisme. Soyez factuelle, et enseigner à vos élèves à l’etre : c’est essentiel. Tout cela ne retire rien à votre passion qui est admirable. Cependant détaillez votre poly de vue avec de VRAIS arguments SVP. Rebranchons nos cerveaux et arrêtons de regarder Netflix! Bonne continuation.

    Répondre
    • Marie
      Marie dit :

      Je ne vois pas bien le rapport avec Netflix, peut-être parce que je n’ai pas le temps de regarder mais passons. Mon article ne décrit pas mes états d’âme, mais mon ressenti et encore une fois, le factuel ne m’intéresse pas ici, il est déjà relayé ailleurs, je ne vais pas faire du copier coller, mon blog ne sert pas à ça. Il faut arrêter d’en déduire que je ne réfléchis pas, que je ne me bats pas ! C’est fou cette propension à vouloir penser à la place de l’autre. Vous savez émotions et réflexions sont compatibles heureusement. Le problème de notre société c’est justement la négation des émotions et de l’humain sans cesse. J’enseigne à mes élèves les émotions, comment les apprivoiser et les dépasser, c’est même une de mes priorités et forcée de constater que c’est extrêmement utile et que ça fait ses preuves et qu’il est bien plus facile pour eux d’apprendre avec ce bagage. Je constate aujourd’hui ici que beaucoup n’ont pas eu cette chance et que la colère et d’autres émotions mal contrôlées les envahissent au point de les rendre agressifs dès que l’on exprime ses propres émotions.

      Répondre
  13. Weillaert
    Weillaert dit :

    Bonjour,
    Je comprends que le métier est difficile, je suis assistante maternelle , je sais que s’occuper d’enfants réclame une multitude de « casquettes «  et de grandes responsabilités!! Ma fille est professeur des écoles en Ulis; elle est aussi, en plus, assistante de direction, et jamais elle ne se plaint de son travail , elle est motivée à 100%.
    C’est une école privée, peut être que cela change des choses…
    bien sûr , que les ministres de l’education, comme pour les autres ministères d’ailleurs, veulent laisser un peu leur empreinte…mais je ne pense pas que mr Blanquer soit de ceux là …
    Vs avez un très très beau métier, très bien valorisé aux yeux de la société et aux miens, en connaissance de cause .
    Dialoguer ensemble me semble bien plus important que de faire grève!!

    Mon époux travaille ds une usine, en poste , il vieillit et croyez moi, vs seriez très très étonnée de ses conditions de travail ..

    Je vous envoie tous mes encouragements pour la suite,
    Cordialement

    Répondre
    • Marie
      Marie dit :

      Bonjour, je sais ce que c’est que travailler en usine et je ne suis pas là pour dire qu’un métier est pire qu’un autre, je ne vois pas pourquoi à chaque fois que l’on évoque les difficultés d’un métier, il faut mettre les difficultés d’un autre métier en avant, ça n’apportera pas de solution et ce n’est pas parce qu’il y a pire ailleurs qu’on n’a pas le droit de dénoncer quelque chose. Je ne me plains pas de mon travail et je suis toujours à 100 % également, je me plains de ce que l’on fait subir aux enfants et quand bien même je me plaindrais de mon travail et il y aurait de quoi dire, j’en aurais le droit. Ce n’est pas parce que votre fille ne se plaint pas des problèmes de l’école, que tout va bien. Un métier valorisé aux yeux de la société ? C’est plutôt le contraire en réalité. Vous pensez que nous n’avons pas essayé de dialoguer ? c’est la première chose que l’on a essayé de faire évidemment et on continue mais pour dialoguer, il faut un émetteur et un récepteur… nous n’avons pas le second. Vous pensez que M. Blanquer n’est pas de ceux là alors que votre fille est en Ulis, et que les Ulis font partie de ceux qui seront lourdement impacté par ce qui se passe dans l’éducation. Très étonnant. Néanmoins je vous remercie pour vos encouragements. Cordialement

      Répondre
  14. gouyec
    gouyec dit :

    Mais la formule « c’était mieux avant » qui découle de votre article n’est elle pas vieillotte avec des générations qui ne se ressemblent pas ou plus? La France n’est elle pas déclassée dans le concours PISA? Votre rêve de maitresse d’il y a 20 ans (ou moins ou plus) n’est plus applicable aujourd’hui, et s’il l’est ça voudrait dire qu’un problème de fond se pose.
    Nous entendons trop souvent de maitre/esse dénigrer la réforme (avec un grand R), alors qu’elle semble nécessaire. Nous n’entendons pas suffisamment de maitre/esse proposer de solution.

    Répondre
    • Marie
      Marie dit :

      Ai-je dis que c’était mieux avant ? Sûrement pas. Où voyez-vous que j’ai un rêve de maîtresse d’il y a 20 ans, je fais partie d’un groupe de pédagogies innovantes et alternatives et mon rêve c’est que l’enfant soit respecté et puisse bien apprendre. Nous sommes tous d’accord pour dire qu’il faut des réformes mais nous sommes contre les absurdités et nous en avons à la pelle des idées et des solutions mais vous croyez peut-être que l’état nous demande notre avis quand ils se permettent de changer les programmes en douce en plein milieu des vacances d’été comme l’année dernière et quand on apprend à chaque fois par la presse ces changements ? Nous avons proposé de discuter un certain nombre de fois, nous n’attendons que ça, nous n’avons jamais de réponse malgré nos courriers, nos demandes, nos propositions, …

      Répondre
      • gouyec
        gouyec dit :

        Bon courage vous tient de prendre le temps de répondre à chaque commentaire.
        Est il possible de lire quelque part les propositions susmentionnées formulées par vos collègues? Je dis cela sans sarcasme aucun et peut être l’avez vous déjà communiqué plus haut ou bas mais je n’ai pas vu trace.

        Répondre
        • Marie
          Marie dit :

          J’avoue que ça commence à être difficile, je ne suis pas vraiment armée pour la critique destructrice et le déversement de sentiments négatifs sans fondement, sans réflexion, sans humanité, juste pour le plaisir. La critique est plaisante quand elle est objective et constructive. Mais bon. En ce qui concerne les propositions, à grande échelle et pour ce qui est du plus récent, vous pouvez vous rendre sur le site des stylos rouges où le manifeste doit être publié ainsi que d’autres documents. Ils ont aussi une page Facebook où naisse un certain nombre d’idées et de discussions intéressantes. Sinon il y a de nombreux groupes qui existent depuis très longtemps pour certains, dans les circonscriptions, dans les académies, qui planchent sans cesse pour améliorer le système scolaire mais vous ne trouverez rien de publié dessus pour beaucoup car on travaille entre nous et avec des intervenants spécialisés (chercheurs en neurosciences, spécialistes divers, pédagogues émérites, psychologues,…) , on met en place des tas de choses, on fait des essais, on analyse,…. et les restitutions écrites sont en général sur des espaces de travail collaboratif accessibles aux membres du groupe, ça n’est pas rendu public, ça n’aurait pas d’intérêt en revanche c’est en général porté devant ceux qui tiennent les rênes de l’éducation nationale. Parmi ces groupes il y en a de très connus et accessibles au grand public comme le gfen : groupe français d’éducation nouvelle, un grand mouvement de recherche très intéressant et vous pouvez aller sur leur site.

          Répondre
    • Garcia
      Garcia dit :

      Petite précision quant à pisa car ça m’agace un tantinet. Si vous vous connectez au site de l’OCDE, Vous constaterez que les pays avec lesquels la France est comparée, prenons par exemple la Finlande et l’Allemagne passent ces fameuses enquêtes à l’âge de 12 ans lorsqu’on en France nous les passons à l’âge de 10 ans…

      Répondre
      • gouyec
        gouyec dit :

        Je reviens du site de l’OCDE et mon anglais n’est peut être plus ce qu’il était, mais je ne trouve nulle trace de ce que vous me dites. Il s’agit d(‘une information importante, qui m’intéresse mais que je souhaite vérifier.

        Répondre
  15. Ambel
    Ambel dit :

    Bonjour Marie,
    Merci pour ce témoignage très éloquent.
    Je suis un jeune papa dont les filles seront bientôt en âge de rencontrer vos collègues en maternelle, et votre article me parle fortement.
    Cela fait peur pour leur avenir, bien sûr, mais aussi pour le vôtre. A l’heure où ce métier si critiqué aujourd’hui n’attire plus les jeunes, il semblerait si nécessaire de vous écouter et de faire évoluer l’éducation dans le bon sens.
    Les rares enseignants que j’ai autour de moi décrivent en général un quotidien où on leur demande de respecter à la lettre certaines prérogatives de gens très éloignés des salles de classe, au lieu de les laisser innover, leur permettre de faire rêver leurs élèves et de développer leurs esprits. Je n’en suis pas moi-même convaincu de l’utilité des évaluations, de la compétition, la peur de l’échec et l’habitude de l’examen que l’on souhaite donner aux élèves. Faire rentrer ceux-ci dans des cases, mais dans quel but au final? Chaque enfant est si différent, si seulement on pouvait les laisser s’épanouir à leur rythme, en développant leurs points forts, s’aidant de leurs camarades pour surmonter les difficultés…
    Les professeurs dont j’ai le plus de souvenirs restent ceux qui sortaient des sentiers battus pour nous emmener avec eux, nous apprendre tellement.

    Je vous souhaite le meilleur dans votre futur parcours, quel qu’il soit. De garder profondément votre foi, malgré les difficultés. Sachez que malgré les commentaires négatifs, certains autres vous soutiennent totalement. J’en fais partie.

    Répondre
    • Marie
      Marie dit :

      Merci beaucoup, j’essaie comme d’habitude de ne retenir que le positif même si certains ne réalisent pas qu’ils parlent à un être humain douée d’une sensibilité, mais je sais aussi que c’est le jeu en quelque sorte quand on rend ses écrits publics. Je vous rejoins totalement sur ce que vous dites, l’enfant au cœur des apprentissages, on en est encore loin mais heureusement plein d’enseignants sortent des clous 😉 encore merci !

      Répondre
  16. Pascal SOLAL
    Pascal SOLAL dit :

    Il me semble que le problème de l’école n’est que le reflet d’un problème plus global: la désaffection de notre société (de notre civilisation?) envers le savoir, envers la culture, la connaissance, dans tout ce que ces notions impliquent de complexité, d’efforts intellectuels. Notre époque veut des réponses simples, univoques. C’est un des effets, selon moi, du capitalisme, du productivisme, qui nous rend stupides, fainéants, peu exigeants envers nous-mêmes. Comment exiger de la rigueur de la part des enfants, quand les enseignants eux-mêmes font des erreurs énormes (« Louis XIV au moyen-âge », exemple vécu), ou des fautes d’orthographe à chaque phrase?

    Répondre
  17. Pascal SOLAL
    Pascal SOLAL dit :

    « Si l’école rendait les hommes libres et égaux,
    Le gouvernement déciderait qu’c’est pas bon pour les marmots » (Renaud)

    Tout est dit en deux phrases. L’école républicaine a joué un rôle très important sous la 3e république, un rôle d’intégration sociale, de brassage, en un temps où cette république avait besoin de construire un peuple, une élite, et une nation. Mais ça, c’était avant le drame. Aujourd’hui, la société française est dans une phase de recul vis-à-vis de cette intégration. On en parle à propos des immigrés, mais c’est toute la société qui vit ce phénomène. Combien sont encore fiers d’être français, y compris parmi ceux de souche ancienne? Combien admirent la culture, le savoir? Les classes dirigeantes et possédantes, une fois constituées, n’ont plus aucun intérêt à poursuivre ce brassage, cet ascenseur social, bien au contraire. A mon sens, il ne faut pas chercher ailleurs l’explication principale de la décadence actuelle. Elle est voulue (traitez-moi de complotiste; je vous répondrai que parfois, les choses fonctionnent comme un complot, même si elles n’en sont pas fondamentalement un au sens strict).

    Répondre
  18. Marie
    Marie dit :

    Bon, on va mettre les choses au point maintenant comme ça ce sera clair. Me répéter 30 fois commence à me fatiguer, je le fais déjà avec mes élèves toute la journée mais avec eux c’est normal. Ici l’agressivité, la moquerie, la méchanceté, l’impolitesse et le jugement hâtif et gratuit pour pourrir l’espace ne sont pas les bienvenus. Je supprimerai donc ce genre de commentaires malveillants parce que je n’ai pas que ça faire d’y répondre et que j’ai du boulot que j’ai du coup laissé de côté. Par ailleurs, ici c’est mon espace et celui des gens que ça intéresse, je ne contrains personne, vous pouvez passer votre chemin, ici ce n’est pas un lieu de débat politique, de revendications, … ici c’est un blog parental pour partager, faire peut-être des découvertes, une possibilité de se retrouver avec des personnes qui ont une vision similaire de la parentalité et de l’education ou simplement un lieu de passage pour des gens qui ont un besoin particulier à un moment donné et qui trouvent la réponse ou une idée ici. Ici j’ai fait de belles rencontres, j’ai appris beaucoup et je réponds aux sollicitations avec autant de bienveillance que possible car j’en reçois aussi beaucoup. Et enfin ici c’est aussi un exutoire, des textes que je dépose parfois quand j’ai besoin d’extérioriser et que je partage de temps en temps parce que je sais que ça parlera ou que ça fera écho à certains ou juste parce que j’en ai besoin. Donc non ce n’est pas forcément factuel, non ce n’est pas toujours là pour donner les réponses ou pour convaincre, oui c’est empreint d’emotions et de ressenti mais c’est moi et c’est comme ça. Merci

    Répondre
  19. Mathilde
    Mathilde dit :

    Merci pour ce témoignage de votre ressenti, beaucoup d’enseignants aujourd’hui doutent, se battent et souhaitent le meilleur pour leurs élèves, pour vos enfants !

    La difficulté de mener à bien la mission d’enseignement est présente chaque jour : manque de moyens financiers, humains, de temps, de reconnaissance, faire des tâches toujours plus complexes sans y être formés, répondre à des demandes de parents égocentriques, gérer des urgences (parfois médicales).

    Enseignante depuis 10 ans et directrice d’école, je suis outrée par certains commentaires lus plus haut qui dénigrent la profession ! Comment certains peuvent-ils oser s’adresser de la sorte, en niant les difficultés de ce métier? Que savent-ils du quotidien d’un enseignant d’ailleurs? Du temps de travail annuel informel des enseignants ? Du salaire horaire ? Une enseignante n’a-t-elle pas le droit de dire sa colère, ses craintes, ses attentes ? Est-ce aux enseignants d’expliquer aux français les raisons de leur colère, ou est-ce le devoir de chaque citoyen de se renseigner sur les projets de lois qui sont débattus ? Que ceux qui méconnaissent l’école fassent le pas vers elle, pour comprendre les enjeux des nouvelles réformes, celles qui formeront nos enfants, citoyens acteurs du monde de demain. Si 10 minutes s’offrent devant vous, ne dilapidez pas ce temps à cracher votre haine sur une enseignante qui ose exprimer son ressenti, mais plutôt passez votre chemin, ou prenez la peine de vous renseigner sur ces projets de lois qui font débat, participez au débat. Réfléchissons dans l’intérêt de notre société, ne nous déchirons pas, comprenons et agissons. Effectivement, l’école de la république n’est pas morte, mais chaque nouvelle réforme nous tire une balle dans le pied. Aujourd’hui les dysfonctionnements sont là, nous ne pouvons les nier. Contrairement à ce que beaucoup pensent, la plupart des enseignants ne sont pas contre les réformes, bien conscients que seuls des changements profonds pourront améliorer les conditions d’apprentissage des élèves. Les enseignants -en tant que professionnels de l’éducation sur le terrain- souhaitent simplement être consultés, accompagnés puis formés lors de ces réformes. Actuellement, c’est ce qui fait défaut, et cela-même qui crée de la défiance. C’est pour cela qu’ils sont dans la rue, écrivent des courriers, sollicitent des rendez-vous avec la hiérarchie.

    Les enfants sont au cœur de la société. Les enseignants sont animés par cette envie de les former, de les accompagner, de leur faire comprendre le monde qui les entoure, de les rendre heureux. Les réformes ne pourront pas se réaliser sans leur soutien. Enseignants, gardez cette belle énergie, au combien utile dans le quotidien d’une classe !

    Répondre
    • Marie
      Marie dit :

      Merci pour ce commentaire, vous avez dit l’essentiel et vous l’avez très bien dit qui plus est ! Concis, clair et essentiel et ça fait du bien de vous lire. Je ne sais pas si je suis triste ou en colère ce certains commentaires que j’ai lu. D’autant que je ne comprends pas l’intérêt d’être à ce point dans la défiance, l’agressivité, l’attaque, ce besoin d’avoir le dessus, de rabaisser l’autre, de dresser son portrait sans le connaître, de tirer des conclusions hâtives et de faire des généralités absurdes, vraiment je ne vois pas alors que l’échange pourrait être constructif et intéressant et il l’a été au moment où j’ai publié cet article sur mon blog. Mes lecteurs, ceux qui me suivent habituellement, l’ont très bien reçu (ou en tout cas les autres n’ont rien dit et ont peut-être passé leur chemin et ça ne me pose pas de problème, ils en ont le droit), personne n’a émis de jugement hâtif, personne n’a eu besoin de me dénigrer et tout le monde s’est parlé avec bienveillance. C’est bien dommage que les émotions et le ressenti fassent si peur et soient forcément associés à quelque chose de négatif, des plaintes, des lamentations, pour moi les émotions sont importantes, bénéfiques et sont une force mais je sais que dans notre société, c’est plutôt vu comme quelque chose à repousser, à nier, une faiblesse. Moi quand ça n’est pas la joie, j’écris et je me dis que si ça me fait du bien, je ne vais pas me priver et puis avec mon ressenti, j’ai pu ouvrir plus facilement la conversation avec mes lecteurs, répondre aux questions et relayer des articles d’autres personnes pour le factuel, les détails. Je ne fais pas de politique sur mon blog et faire un article sur le détails de la réforme ne m’intéressait pas, certains l’ont fait tellement mieux que je n’aurais pu. Il n’est pourtant pas bien difficile de se renseigner désormais pour savoir ce qu’il en est si on veut des faits. Mais vous avez parfaitement résumé la situation je trouve. Merci pour votre soutien et pour cette belle énergie que vous transmettez !

      Répondre
  20. ĹEVY
    ĹEVY dit :

    Enseignante/ retraitée depuis peu, je me permets de partager mon analyse….
    Nous assistons à un glissement inexorable : l’Education Nationale coûte trop cher et il faut s’en débarrasser…L’ordre nouveau (et progressiste, sans doute?!!!)est En Marche! Notre dette est un bon prétexte pour « dégraisser le mammouth « .Or, si l’élite ou pseudo élite, est scolarisée dans des écoles privées, il ne restera plus que la plèbe pour occuper l’école publique.J’ai aussi entendu dans les années 2000,un sociologue dire qu’en privatisant tous les services publiques, il y aurait 2 billions (oui oui!)de francs à gagner pour des entreprises privées! Alors, les PE :soyez de bons citoyens. Laissez l’enseignement devenir une richesse pour le pays!
    Laissez vos effectifs monter à 30 et pourquoi pas 40 élèves….De quoi vous plaignez-vous,diront certains!En plus avec toutes les vacances que vous avez….
    Mais comme a dit l’autre » l’Education coûte trop chère? Essayez l’ignorance »!
    Voilà les changements dont nous ne voulons pas!
    Et sûrement pas, parce que nous sommes contre les réformes par principe, comme cela a été dit à maintes reprises.
    Il y a la vision froidement technocratique,économique et l’autre, la nôtre qui est (encore!) humaine: bêtement,sans doute?
    Effaçons tout ce qui peut élever au nom des chiffres , de la bureaucratie ..Et vive Kafka. ».Brazil » : on y est!
    Une Gauloise contre ccertains changements…et qui a l’esprit critique!

    Répondre
    • Olivier
      Olivier dit :

      Un autre esprit critique vous invite à sortir de votre vision politique et de vous interroger sur l’efficacité du système avant de poser la question des moyens à la hausse ou à la baisse. La France ne brille pas dans les classements internationaux malgré des moyens qui sont à minima égaux à ceux des pays équivalents au notre.
      Est ce que le privé dispose de plus de moyens que le public ? … vous seriez surpris par la réponse. Est ce que le privé dispose de plus d’enseignants pour un nombre d’eleves donnés que le privé ?
      Pour autant vous sous entendez que les parents de « l’elite » mais en fait de tous les milieux sont de plus en attirés par ces écoles.
      Pour quelles raisons selon vous ?
      Je vous invite à réfléchir à tous ces points avant de conclure arbitrairement et dogmatiquement à « l’appauvrissement » de l’ecole, est ce que la posture du corps enseignant et le mode de recrutement n’y contribuent pas plus que les aspects budgétaires ?
      Bonnes réflexions
      Olivier

      Répondre
  21. Renard
    Renard dit :

    Bonjour,

    Comme je vous comprends… Mais oui, cessons cette naïveté et prenons de la hauteur.

    Pourquoi cet abandon par la classe dirigeante de ce qui est le premier fondamental d’une société, l’instruction apportant le vivre ensemble…

    La haine de l’autre, les fondamentalistes n’existent que par l’abandon de l’éducation du plus jeune âge. Les états préfèrent lutter ensuite contre ados et adultes à coup de matraques ou de fusils.

    Éduquer à la base est fondamentale mais ne donne des rsultats sur vingt, quarante ans? Constante de temps trop longues pou les politiciens bien trop égocentriques.

    Et puis, cela ne apporte pas… Cela n’engage que moi mais l’éducation va se privatiser… Sous traiter, gagner des milliards sur le dos de la société. Rien de bien réjouissant.

    La politique était « par le peuple, pour le peuple ». Qui y croit encore?

    Courage, vous faites partie de ces belles personnes qui me font encore croire (un peu…) à l’avenir.

    Merci

    Emmanuel

    Répondre
    • Marie
      Marie dit :

      Bonjour Emmanuel,

      Je vous remercie pour ce commentaire intéressant et votre dernière phrase me touche beaucoup, ce sont des interactions comme celle-ci qui me confortent dans mon envie de continuer à garder mes convictions et de me battre pour enseigner au mieux aux enfants qui croiseront ma route. Il existe des adultes qui ne jugent pas hâtivement, écoutent avec bienveillance et accueille avec compassion le ressenti des autres et ça aussi ça contribue à croire en l’avenir !

      Répondre
      • Renard
        Renard dit :

        Sourire.

        Continuez en gardant vos convictions… Seules celle-ci sont belles et justes. Beaucoup ne savent pas…

        Garder la foi, tout un combat intérieur qui mérite d’être livré.

        Bonne route, sous la pluie, avec un p’tit coin de paradis

        Emmanuel

        Répondre
  22. Jl
    Jl dit :

    Je suis aussi maître d école
    Et je suis revolté. Tu fais ce qu on demande aux élèves de ne pas faire. Tu affirmes des choses sans donner un argument,un exemple, un texte. Tu cries très fort … Comme les enfants en récréation qui hurlent a l’injustice mais tu n’argumente pas.
    Que l on soit d accord ou pas avec les lois en préparation (je suis contre les grandes lignes mais beaucoup de points sont à étudier… Il ne fait pas être systématiquement contre le changement), ton billet est nul… Dans le vrai sens du terme… Il n apporte rien.

    Répondre
    • Marie
      Marie dit :

      Mais bordel ! Là je vais arrêter d’être sympa parce que j’en ai franchement marre de ce harcèlement gratuit ! Je n’ai pas à donner d’arguments en fait !!!! Ce n’est pas le but de ce billet !!! Vous me connaissez ? Je ne crois pas non alors arrêtez d’affirmer des choses sans me connaître. Je ne suis pas contre le changement, c’est bien mal me connaître ! Et j’ai le droit d’extérioriser comme je le souhaite, ça ne vous plait pas, ça m’est égal mais passez votre chemin à moins que vous n’ayez que ça à faire de cracher vos jugements hâtifs et votre condescendance ! « Nul » ? C’est un argument ça peut-être ! J’espère que vos élèves continueront à crier très fort à la récréation, c’est sain, ça s’appelle les émotions et si vous les niez, vous les rendrez aussi imperméables que vous aux sentiments des autres, en revanche, ils seront tout à fait prêts pour la critique destructrice, gratuite et infondée !

      Répondre
    • Marie
      Marie dit :

      Par ailleurs, vous êtes révolté ? Il ne vous en faut pas beaucoup, que quelqu’un pose ses émotions du moment sur le papier vous révolte ? Que quelqu’un ait envie d’écrire parce que ça lui fait du bien vous révolte ? Bon sang, pour que ça vous mette dans cet état, le problème doit être ailleurs !

      Répondre
  23. Renard
    Renard dit :

    J’ai du mal à suivre… Que de haine dans cette conversion épistolaire!

    Je préfère partir, me promener ailleurs.

    Soyez compatissants, et apprenez à lire…

    Bonne suite à vous.

    Emmanuel

    Répondre
  24. Renard
    Renard dit :

    Sourire.

    Continuez en gardant vos convictions… Seules celle-ci sont belles et justes. Beaucoup ne savent pas…

    Garder la foi, tout un combat intérieur qui mérite d’être livré.

    Bonne route, sous la pluie, avec un p’tit coin de paradis

    Emmanuel

    Répondre

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