Fermer les yeux pour faire disparaître la guerre

J’ai de la chance. J’en suis pleinement consciente. Je suis une privilégiée. Mais je déteste me le dire, je déteste le penser car ces vérités n’existent que parce que d’autres souffrent quotidiennement, vivent des horreurs, subissent le pire. C’est parce que des personnes n’ont rien que ces phrases peuvent être prononcées, c’est bien pour cela que je les déteste.

Si je dis « j’ai de la chance », j’entends derrière que d’autres n’en ont pas et ça me fend littéralement en deux. Me réjouir d’être en vie, de ne manquer de rien, d’avoir des souffrances que l’on peut réussir à panser, ou avoir de la peine pour les autres, ceux qui attendent que leur tour vienne, pire ceux qui savent que leur tour ne viendra jamais.

Aujourd’hui ceux-là habitent Alep.
Une ville dont j’ignorais le nom et la situation lorsque j’avais moi-même l’âge des enfants qui y meurent actuellement sous les bombardements. Et cette dernière phrase me paraît irréelle, on ne devrait pas pouvoir écrire ça.

J’ai voulu encore une fois fermer les yeux, me protéger, faire ce que j’ai toujours fait, croire que c’était un film, un très mauvais film, un cauchemar, tout sauf la réalité. J’ai essayé de me mentir pendant des mois comme je le fais souvent, toujours en fait. Je n’ai pas posé de question, je n’ai rien demandé, j’ai mis des œillères et je n’ai pas voulu entendre comme si le simple fait de le faire allait faire disparaître tout ça, comme peuvent le faire si facilement les enfants en se cachant les yeux quand le film est trop sombre. Pour eux la technique semble fonctionner mais comme eux, j’ai aussi écarté un peu mes doigts pour voir à travers quand même. 

Et aujourd’hui, à 30 ans passé, des responsabilités de parent depuis pas si longtemps et un métier qui contribue à former les adultes de demain depuis un peu plus longtemps, je suis obligée de me rendre à l’évidence. Les journaux sont présents et les gros titres affichés partout, les images circulent et même en ne voulant pas les voir, mes activités sur les réseaux sociaux et la vie dans un monde incroyablement connecté m’imposent la réalité. Une réalité qui me paraît si lointaine et qui frappe pourtant à ma porte comme si elle était juste derrière. Et c’est pourtant aujourd’hui, où l’être humain ne peut plus ignorer, ou s’il ignore, le fait volontairement, c’est aujourd’hui que l’être humain me semble aussi le moins concerné. Alors même qu’il est informé avant les journalistes de la situation de cette ville par les civils eux-mêmes via les réseaux sociaux, alors même qu’il est informé à la minute près de la tragédie, alors même qu’il voit ces êtres humains mourir quasiment sous ses yeux, en direct, il semble pourtant ne pas réagir. On dirait bien que les technologies et outils actuels rendent possible la proximité des faits et leur pleine conscience et dans un même temps favorisent l’éloignement et l’individualisme comme si la souffrance était banalisée dès lors qu’elle était visible au quotidien. 


Aujourd’hui, j’avais envie de rire, de faire le sapin, de profiter de mes petits. Aujourd’hui, c’était aussi le spectacle de la chorale de mes élèves, un moment de partage, de joie, d’unité et pourtant aujourd’hui, d’autres enfants du même âge voient leur monde s’écrouler. Et je n’arrive pas à ne pas y penser.


Hier soir, je me suis dit que je n’avais pas le droit de rester dans l’ignorance, de cacher cette partie du monde à mes yeux. Je me suis dit que si je continuais à effacer ces moments et donc ces lieux de ma mémoire, certes j’avancerais plus facilement mais ma carte du monde deviendrait bien vide. J’ai réalisé que me cacher les yeux n’effaçait pas la guerre. Alors j’ai posé des questions à Paparaignée. Je lui ai posé des questions comme une enfant aurait pu le faire, à coup de « mais pourquoi » qui ne s’arrêtent jamais car il y avait forcément une explication, espérant qu’il allait me répondre, que tout allait s’éclaircir et que je pourrais repartir sereinement faire mon chemin de vie après la conversation. Mais dans ces situations, on a beau chercher, lorsque l’on n’est pas conditionné pour cela, il n’y a pas de réponse et je me suis dit que c’était sûrement mieux car donner une explication à la cruauté serait sans doute lui donner un sens, la légitimer, donner raison aux bourreaux. Alors toujours comme une enfant, notre conversation n’a pas eu de fin, mes pourquoi particuliers sont devenus un immense pourquoi général. Pourquoi il y a des guerres ? Comment des êtres humains peuvent en arriver là, à faire autant de mal ? C’est inconcevable. Est-ce que les élèves qui ont été et seront sur mon chemin, ces petits qui naissent innocents et que j’essaie de former tant bien que mal au respect de l’autre, est-ce que certains deviendront comme ça ?

J’ai assommé de questions Paparaignée qui me paraît toujours tellement plus réaliste que moi et qui a les pieds sur terre. Il me semble aussi toujours moins affecté. Je lui en veux de sa non révolte, de son attitude qui donne l’impression qu’il ne se pose jamais de question, il sait mais ne dit rien, il sait mais ne fond pas en larmes, il sait mais reste debout. Si moi je savais vraiment tout, si j’acceptais cette réalité, je m’écroulerais sans doute. Hier soir, encore une fois, je lui en ai un peu voulu et je lui ai dit : « Mais tu me dis ça et ça ne te fait rien, mais tu m’expliques ça et tu trouves ça normal ? ». Puis je me suis ravisée, évidemment non  il ne trouve pas ça normal, évidemment oui, ça le touche mais il a assez de force pour continuer à vivre normalement parce qu’il le faut bien. Et je le sais pertinemment, lorsque je m’énerve contre lui à ce moment, c’est en fait contre moi que j’enrage, parce que je n’arrive toujours pas à comprendre, parce je n’arrive pas à accepter, parce que je suis impuissante et que mes questions ne permettent pas d’arranger les choses. Je lui transfère ma rage pour ne pas me noyer dans ma propre culpabilité. Le message que je lui envoie m’est clairement destiné mais il est trop difficile à entendre. 
Il a ce que je n’ai pas, sa réaction n’est pas d’effacer pour avancer comme moi, mais d’ouvrir grand les yeux, de s’informer, de savoir et d’accepter ou en tout cas d’admettre car l’acceptation suppose le consentement.
Je n’y arrive pas, et quand je finis par me retrouver en face à face avec la réalité, si je ne la fuis pas, je meurs aussi. Alors, je continue à fuir, enfin à essayer, rattrapée régulièrement par les mots/maux et les images, qui m’interrogent, me font avoir une pensée pour ceux qui souffrent, me font culpabiliser aussi, moi la reine de la culpabilité qui pourrait porter tous les malheurs du monde sur les épaules.
Je souffre en silence, mais ma souffrance n’est rien comparée à la leur, les larmes roulent sur mes joues alors qu’eux n’ont sûrement même pas eu le temps de pleurer, j’évacue la colère, la peur, l’incompréhension, eux la subissent, je reviens à ma réalité et j’oublie pour vivre, eux n’ont pas le choix et meurent pour oublier.
Oui j’ai de la chance. Je suis une privilégiée, quand la réalité qui n’est pas la mienne vient me frapper au visage, quand je culpabilise de ne rien pouvoir faire, quand j’ai honte de ce que l’être humain peut faire, j’ai quatre yeux plein de rêves et  quatre bras plein d’envies qui m’agrippent pour me forcer à sortir la tête de l’eau. Leur regard et leurs gestes repoussent tout ce qu’il y a de mauvais dans ce monde et me crient qu’ils sont vivants, qu’ils sont innocents et qu’ils sont plein d’espoir. Et je continue à y croire. Finalement, ma fuite est peut-être ma force. Je fais partie de ces gens qui ont la capacité à effacer le négatif de leur cerveau. Chaque année, je pense à l’année d’avant en me disant que c’était la meilleure de ma vie, comme si par la seule force de le vouloir, les souffrances et les difficultés rencontrées n’avaient pas existé. 

 

En réalité, je n’oublie rien. Un petit coin de ma tête et de mon coeur restera à Alep et passera certainement malheureusement par d’autres villes dans les années à venir mais je garde toute la force dont j’ai besoin pour avancer, je garde l’espoir nécessaire qui me permet de lutter à mon échelle avec mon arme : l’éducation. La carte du monde se complète d’une manière que j’aimerais différente, les endroits en souffrance deviennent plus nombreux mais le monde des bisounours ne s’avoue toujours pas vaincu et est encore bien présent dans la plus grande partie de mon cerveau, il me permet de créer des souvenirs positifs plus puissants que le reste. 

 

Ce soir, j’ai une pensée pour Alep et ce n’est pas fini, des larmes coulent ici, et c’est du sang là-bas. Alors, il ne me reste qu’une chose à faire, aller regarder dormir mes garçons qui ont la chance de passer une nuit sereine. J’espère qu’il n’y en aura que des comme ça dans leur vie. J’espère qu’à mon âge ils seront plus réalistes, plus concernés, plus réveillés que moi, plus révoltés, plus combatifs face à cela. Mais j’espère aussi qu’ils arriveront de temps en temps à fermer les yeux, fermer les yeux pour avancer, fermer les yeux pour se protéger, fermer les yeux pour faire disparaître la guerre juste un peu. En fait j’espère surtout que quand ils auront mon âge, ils n’auront pas besoin d’être tout cela, de faire tout cela, pas besoin de stratégie, où en tout cas par pour ce genre de cause parce que le mot guerre sera désuet, il ne sera plus qu’un lointain souvenir, aussi désuet que le mot désuet lui-même. Et j’aime à penser qu’ils se marreront autour d’un verre en se disant : « ils étaient bien cons quand même nos anciens, il y a tellement de belles choses dans le monde, qu’est-ce qu’ils ont eu besoin d’inventer ça ! »

Pas très loin de Paris, mercredi 14 décembre 2016.

Une matinée d’école en début d’année

Quelques jours après la rentrée, une matinée d’école comme toutes les autres en début d’année.

Aujourd’hui, comme chaque jour, je suis arrivée à huit heures moins dix.
J’ai voulu imprimer mon cahier journal (l’emploi du temps de la journée) et quelques autres documents, j’ai attendu 10 minutes (qui m’ont paru 3 heures) qu’un ordinateur de la salle informatique veuille bien s’allumer et soit prêt pour mes impressions. L’impression n’est pas sortie. J’ai regardé l’écran de l’imprimante, il indiquait « bourrage papier ».
J’ai ouvert le capot avant, je n’ai pas vu de papier, j’ai ouvert le capot arrière, je n’ai pas vu de papier, j’ai ouvert l’imprimante par la partie scanner au-dessus, je n’ai pas vu de papier, j’ai ouvert le tiroir à papier, il y avait du papier placé correctement. J’ai appuyé sur « ok » pour lancer mon impression, « bourrage papier » s’affichait toujours, j’ai checké à nouveau tous les endroits possibles de la machine avec la lampe de mon téléphone portable. Je n’ai rien trouvé.
J’ai débranché la machine, je l’ai rebranchée, il n’y avait plus de bourrage papier, mes impressions se sont lancées. Il ne me restait plus que 10 minutes avant que les enfants n’arrivent. Rien n’était prêt mais j’avais mon emploi du temps sous les yeux.

J’ai allumé la plastifieuse, je suis partie dans ma classe préparer le reste pendant qu’elle chauffait. 
J’ai sorti des feuilles et des crayons de couleurs sur une table. 
J’ai placé le tableau de présence au bon endroit.
J’ai checké les derniers détails de mon environnement de classe pour vérifier que tout était à sa place, ordonné, propre et le rendre le plus accueillant possible. Je me suis dit que j’étais prête.

J’ai relu mon cahier journal. J’ai préparé à toute vitesse la peinture, les feuilles pour la peinture, le matériel pour les activités du matin, j’ai massicoté, dessiné, écrit, organisé. Cette fois tout était prêt. J’avais oublié la plastifieuse. C’était trop tard pour plastifier, je suis allée éteindre la plastifieuse et me suis dit que je ferais tout ça à midi.

J’ai pris ma fiche pour pouvoir cocher qui irait à la cantine, au TAP (activités) et au goûter.
J’étais déjà fatiguée 😉

Il était 8h20
Et les enfants sont arrivés.


F* est arrivé le premier avec sa maman.
J’ai dit « Bonjour F* ».
Il m’a sauté dans les bras avec un grand sourire, ça m’a fait plaisir. Sa maman m’a demandé si ce n’était pas trop difficile comme il ne parlait pas le français. Je lui ai dit qu’il n’y avait pas de problème, que ce n’était pas le seul, qu’on se comprenait quand même et qu’il parlerait très vite, que j’avais l’habitude. Sa maman a eu l’air rassurée, ils sont entrés dans la classe.

S* est arrivée.
J’ai dit « Bonjour S* ».
S* s’est cachée derrière le pantalon de sa maman comme trois autres enfants par la suite.
J’ai dit « Mais S* n’est pas là aujourd’hui ? » d’un air amusé et probablement idiot pour détendre l’atmosphère et faire comme s’il s’agissait d’un jeu, je ne suis pas sûre que ça ait fonctionné mais S* est entrée dans la classe.

Q* est arrivé.
J’ai dit « Bonjour Q* ».
Il m’a regardé, il a pleuré et il s’est agrippé à sa mère. Je me suis effacée. Ils sont entrés dans la classe.

C* est arrivé.
Il serrait son doudou très fort. J’ai dit avec un air extasié et probablement idiot « Bonjour C*, Ooooooh le beau doudou, il est beau dis donc, comment il s’appelle ?
C* a gardé son pouce dans sa bouche, il a regardé son doudou, il m’a regardé, il a du se demander pourquoi je l’embêtais et il n’a rien dit. Je les ai fait entrer dans la classe.

R* est arrivée.
J’ai dit « Bonjour R* ».
R* n’a rien dit. Sa maman avait l’air gênée. Elle lui a dit « R*, tu dis bonjour ! » J’ai dit que c’était normal et que ce n’était pas grave, qu’on se dirait bonjour après et ils sont entrés dans la classe.

D* est arrivé dans la classe,.
Il pleurait déjà mais je lui ai quand même dit bonjour. Son grand-père m’a demandé en espagnol à quelle heure il fallait venir le chercher, j’ai répondu en espagnol.

Z* est arrivé.
Je lui ai dit bonjour et il m’a répondu.
Sa maman m’a demandé à quelle heure elle devait venir rechercher son fils.
J’ai dit que ça dépendait, que si elle pouvait venir à 11h30 c’était mieux pour qu’il s’adapte doucement. Elle m’a dit qu’elle pouvait. Elle m’a demandé pour les autres jours, j’ai expliqué, assez fort pour que tous les autres parents qui attendaient derrière entendent que ça dépendait de l’enfant, s’il s’adaptait rapidement ou si c’était encore difficile. Que pour ceux pour qui c’est difficile, s’ils ne peuvent faire que la matinée au début c’est bien.
J’ai répété cette information aux 3 parents qui suivaient.

S* est arrivée dans la classe. Sa mère m’a demandé en anglais à quelle heure elle devait revenir la chercher. J’ai répondu en anglais.

A* est arrivée, elle pleurait.
J’ai demandé à A si elle voulait la bouteille magique, elle m’a dit oui, je lui ai donné la bouteille magique, elle a arrêté de pleurer aussitôt. 
W* est arrivé, il pleurait.
Je me suis dit que j’aurais du faire d’autres bouteilles magiques.

S* est arrivée, sa mère m’a demandé en roumain à quelle heure elle devait venir le chercher. Je l’ai regardée, elle m’a regardée, elle m’a montré l’horloge, j’ai compris. J’ai écrit la réponse sur une feuille.

P* est arrivé.

Je l’ai salué. Son papa m’a dit qu’il mangeait à la cantine et m’a demandé à quelle heure il devait venir après. Je lui ai dit que ça dépendait, qu’aujourd’hui c’était mardi et que le mardi et le vendredi, c’était 15h sauf s’il restait aux TAP qu’on appelait l’année dernière les ARE mais que ça avait changé de nom, bref les activités avec les animateurs et qu’après c’était 16h30 sauf s’il restait au goûter, auquel cas, il pouvait venir à partir de 17h15 jusque 18h30. Il m’a regardé, il avait l’air perdu. J’ai compati. J’ai pensé que moi-même je n’étais pas sûre d’avoir tout compris.
J’ai réexpliqué calmement et le plus clairement possible à tous car la question de ce papa en avait alerté d’autres.
Tous sont entrés dans la classe.

Les parents sont repartis progressivement en me souhaitant une bonne journée.
Certains m’ont appelée au secours pour cause d’enfants agrippés à leur jambe, j’ai donné la main et comme je n’en avais plus assez j’ai prêté mes jambes pour qu’ils s’agrippent. J’ai proposé à ces enfants des activités et je les ai aidés à s’installer. Certains sont restés agrippés à ma jambe. Certains pleuraient encore, j’ai tenté de les divertir comme je pouvais et ça a marché, la plupart du temps. J’ai fermé la porte pour éviter que certains ne s’échappent, je me suis rendue compte qu’il restait deux parents dans la classe. J’ai sonné le triangle qui veut normalement dire « c’est l’heure de ranger »et j’ai dit avec un sourire idiot « c’est pour les parents » pour les faire partir poliment. Il a fallu encore 10 minutes pour qu’ils réussissent à partir, entre temps, les enfants qui ne pleuraient plus ont vu qu’il y avait encore des parents et se sont rappelés que les leurs étaient partis. Tout le monde pleurait.  
Tout le monde a arrêté de pleurer à coups de bouteille magique, de câlins, de distraction et parfois de promenade dans l’école avec l’ASEM pour aller voir les poissons de la gardienne.

Il était 8h40.
J’ai laissé les enfants se sentir à l’aise, choisir des activités, j’ai discuté avec certains, j’ai réglé des conflits, j’ai répété aux moyens trop agités de montrer l’exemple aux petits, j’ai donné des responsabilités, j’ai aidé à trouver son étiquette prénom, …
Tout le monde avait une activité ou poursuivait un travail.
F* a mangé la pâte à modeler, j’ai dû lui retirer de la bouche avec les doigts car il n’a pas compris qu’il fallait cracher. F* a ensuite dessiné sur la table, je lui ai donné une feuille puis il a jeté les crayons dans toute la classe et ça avait l’air de lui faire très plaisir, je l’ai invité à ramasser les crayons avec moi.
S* faisait une tour avec les solides géométriques et mettait des grands coups de poing dedans.
P* et L* jetaient les cartes de l’imagier de la classe partout dans le coin bibliothèque.
C* et A* se disputaient pour une activité.
W* faisait le dinosaure dans la classe.
Je me suis dit qu’il était temps de ranger.

Il était 9h20.
J’ai sonné le triangle.

J’ai aidé à ranger, j’ai séparé des enfants qui se disputaient pour ranger, j’ai expliqué qu’on ne rangeait pas l’activité de l’autre sauf s’il voulait bien de l’aide, j’ai rattrapé ceux qui couraient pour vite tenter de faire une autre activité, j’ai rappelé ceux déjà assis qui n’avaient pas rangé, j’ai montré pour la centième fois comment s’asseoir, je suis allée 20 fois récupérer ceux qui étaient repartis faire une activité. On a fini par réussir à tous s’asseoir.
J’ai salué tout le monde. j’ai récité une petite comptine, j’ai parlé un peu de ce qu’on allait faire dans la journée.
D* m’a dit qu’il n’allait pas à la cantine. Je savais qu’il y allait. Je lui ai dit que ce n’était pas l’heure de la cantine, que l’on verrait ça après et que je savais qui y allait et qui n’y ‘allait pas.
R* m’a dit qu’il n’allait pas à la cantine, j’ai répété ce que je venais de dire et je l’ai répété aussi aux 15 autres enfants qui m’ont dit qu’ils n’allaient pas à la cantine.

J’ai voulu reprendre le fil de ce que je disais avant.
M* m’a dit qu’un jour il avait eu un vélo rouge. Du coup L* m’a raconté qu’elle avait un vélo et que sa maman aussi. Tout le monde a voulu me parler de son vélo et d’autres choses qui n’avait rien à voir avec le vélo. J’ai expliqué qu’on pourrait se raconter tout ça en récréation. J’ai pensé que de toute manière, au moment de la récréation, ils auraient oublié.
J’ai voulu reprendre le fil de ce que je disais avant.
Q* s’est remis a pleuré, personne n’entendait plus ce que je disais. Je lui ai demandé s’il voulait la bouteille magique mais il n’en voulait pas. L’Asem de la classe est allée se promener dans l’école avec lui et avec une autre enfant qui pleurait car elle l’avait enlevée de ses genoux pour prendre Q*.
J’ai voulu reprendre le fil de ce que je disais avant.
Mais je ne savais plus de quoi j’étais en train de leur parler.

J’ai dit que j’allais leur lire une histoire.
W* s’est mis à répéter tout ce que je disais.
C* a dit : W* il répète maîtresse.
W* a dit que oui mais que C* n’était pas bien assise.
C* a dit que G* non plus n’était pas bien assis.
G* m’a dit que T* touchait aux puzzles.
J’ai expliqué que je ne voulais pas que les enfants rapportent sauf en cas de grand danger.
J’ai expliqué ce que c’était que « rapporter » et ce que c’était « qu’un grand danger ». On a donné des exemples.
J’ai voulu commencer l’histoire.
W* m’a dit que F* n’était pas assis correctement alors que lui même était debout.
J’ai dit a W* qu’il fallait avant tout qu’il s’occupe de lui même et pas des autres, que c’était déjà beaucoup de s’occuper de soi et que, moi, je m’occuperais du reste.
W* m’a dit que B* avait pris un jeton dans sa main.
J’ai hésité entre partir de la classe et me fâcher.
J’ai respiré, j’ai demandé de se taire pendant l’histoire.
L* a hurlé « chut tout le monde » avec une grosse voix.
J’ai dit a L* que c’était gentil de sa part de vouloir aider mais que c’était moi la maîtresse. J’ai demandé de se taire.
L* a froncé les sourcils et a crié, je lui ai dit qu’il semblait fâché et je lui ai donné la bouteille magique.

W* m’a dit que lui aussi il était fâché. J’ai dit à W* qu’on ferait plein de bouteilles magiques pour que chacun ait la sienne à la maison mais qu’en classe je savais reconnaître qui en avait le plus besoin et qu’il l’aurait quand il serait vraiment fâché ou triste.
J’ai respiré, j’ai commencé l’histoire.

Il était 10h.
J’ai dit qu’on allait aller en récréation jouer dans la cour.
J’ai demande à B* d’aller ranger les jetons qu’il avait mis dans sa poche car si tout le monde prenait le matériel de la classe, on ne pourrait plus faire les activités.
B* est allé ranger les jetons.
C* m’a apporté la pâte à modeler qu’elle avait mise dans sa poche.
N* m’a rendu les petites clés des cadenas d’une activité de la classe.
S* m’a rendu un objet qu’il avait pris dans la boîte de tri de couleurs.
D* s’est mis a pleuré, il m’a dit « La maîtresse, tu viens avec nous ? ». J’ai dit oui. Comme il n’était pas très sûr, il est resté accroché à ma jambe.

S* s’est mise à pleurer en hurlant qu’elle ne voulait pas aller à la cantine, je lui ai expliqué que ce n’était pas la cantine mais la récréation.
R* s’est mise à pleurer car elle avant entendu le mot « cantine ». Je lui ai dit qu’on allait en récréation et que de toute façon, elle ne mangeait pas à la cantine.
W*, D* et L* sont venus me dire qu’eux aussi ils ne mangeaient pas à la cantine, j’ai dit qu’on verrait ça après.
Il faisait très beau. J’ai dit que ce n’était pas la peine de prendre son gilet ou sa veste.
S* m’a dit qu’il n’arrivait pas à mettre son gilet.
J’ai dit que ça tombait bien car on n’en avait pas besoin.
C* m’a demandé si on mettait son gilet.
Je lui ai dit que j’avais déjà dit que c’était inutile.
P* m’a dit qu’il n’avait pas de gilet.
J’ai dit : « on se range et on y va »

Je me suis assise sur le banc de la cour.
A* a retrouvé son frère qui est dans l’autre classe, pendant la récréation, il pleurait. Du coup, elle s’est mise a pleurer aussi. Ils ont pleuré tous les deux sur mes genoux.
R* s’est mise contre moi et D* est resté agrippé à ma jambe.
On a tous fait un gros câlin et ça tombe bien, j’en avais besoin aussi.
Z* m’a demandé sa maman, j’ai dit que c’était bientôt l’heure.
F* m’a demandé sa maman, j’ai dit que c’était bientôt l’heure des mamans et des papas.
S* m’a demandé sa maman. Je n’ai pas osé lui dire qu’elle mangeait à la cantine, je lui ai dit que c’était bientôt l’heure.

I* m’a dit que L* l’avait tapé. J’ai demandé à I* comment il se sentait, il m’a dit qu’il se sentait triste, je lui dit qu’il devait le dire à L* et je l’ai accompagné.
A* a mordu un autre enfant, je suis allée lui parler.
D* a tapé un enfant, j’ai parlé à D.
S* m’a dit que le garçon vert lui avait marché dessus. Personne n’était habillé en vert. Je lui ai demandé de me le montrer car je ne trouvais pas le garçon vert, elle ne l’a pas trouvé non plus.  J’ai dit à S* que je le chercherais et que je lui dirais de faire attention.
J’ai réglé une quinzaine de disputes, appris à 10 enfants à exprimer leur ressenti, à 3 autres à courir en regardant devant soi, à ces 3 mêmes à aider s’ils avaient bousculé et j’ai fait au moins 12 bisous magiques.

Il était 10h30
On s’est rangé.
F* s’est caché sous le toboggan.
Le frère d’A* s’est enfui du rang de sa classe pour se mettre dans la mienne.
A* a pleuré encore plus fort.
S* est venue me dire qu’elle ne voulait pas aller à la cantine, j’ai expliqué qu’on n’allait pas à la cantine mais dans la salle de motricité.
J’ai essayé de faire une séance de relaxation.
Nous avons commencé par la détente du corps.
J’ai osé dire le mot « fesses ».
J’ai dû mettre fin à la séance de relaxation.
Je me suis consolée en me disant que le rire détendait aussi. 

Il était 11h.
Nous sommes remontés en classe.
Nous avons chanté.
F* a fait du bruit avec sa bouche et il a battu des mains, j’ai pensé qu’on partait de loin mais il avait l’air ravi et c’était déjà une victoire.

La dame de la cantine est arrivé.
R* a pleuré. Je lui ai expliqué qu’elle n’allait pas à la cantine. Elle a pleuré plus fort en me disant qu’elle n’allait pas à la cantine, je lui ai dit que je le savais, elle a pleuré quand même.

J’ai appelé les enfants qui allaient à la cantine.
D* s’est caché dans la classe.
R* a pleuré de nouveau, je lui ai dit que je ne l’avais pas appelée.
S* a hurlé et s’est débattue pour ne pas y aller. Je lui ai donné la bouteille magique, son doudou, un câlin, les genoux de notre asem mais elle pleurait encore. 

Je suis passée à la cantine leur faire un petit coucou, tout le monde mangeait de bon coeur. Personne ne pleurait.

J’étais lessivée.
Bref, c’était une matinée de classe comme toutes les autres en ce début d’année et ce n’était que la matinée.

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Le dernier jour d’école

5 juillet 2016
Ce jour sonne comme la fin de quelque chose.
Non ? Ça ne vous dit rien ?
C’était le dernier jour d’école. Pour l’année 2015-2016 hein pas pour toute la vie, ne rêvez pas, vous, parents stressés derrière votre écran, il y aura bien une prochaine rentrée (et ça m’arrange, il faut bien que je bosse).

Je sais, vous vous demandez bien pourquoi j’ai soudainement envie d’écrire sur ce dernier jour d’école, moi, dont les enfants ne sont pas encore scolarisés, moi, la maîtresse en congé parental jusqu’à la rentrée prochaine.
Justement, cette année, je ne vis pas ce jour de manière intensive, comme d’habitude. Ce jour où l’enseignant se demande s’il sera encore vivant à la fin de la journée. Où il se demande s’il arrivera à ranger sa classe sans devoir revenir pendant plusieurs jours pour réorganiser le tout (et la réponse est souvent plus proche du non que du oui). Où il se demande s’il s’effondrera sur son canapé et s’endormira avant 18h32, record de l’année précédente. Où il se demande quelle est cette sensation indéfinissable, cette odeur différente qui règne dans l’école, une sorte de mélange contradictoire entre un grand soulagement et une infinie mélancolie.

Non, cette année, je ne le vis pas comme ça alors j’ai le temps d’en parler. Ou du moins de partager brièvement (ou pas, comment ça je m’étends facilement, si vous saviez comme je me limite en réalité 😉 ) mon ressenti habituel de fin d’année.

En presque 9 ans d’enseignement, c’est la première fois que je ne connais pas la fin d’une année scolaire.

Cette année, je n’aurai pas vécu le stress : celui de savoir si j’aurai réussi à donner ce qu’il fallait à ces enfants, celui de savoir si j’aurai réussi à tout rendre, tout boucler à temps, celui de savoir si ce petit garçon gardera une once de cette confiance en lui qu’il a réussi non sans mal à acquérir, celui de savoir si cette petite fille qui est venue chaque matin en pleurant pendant des mois avant de se sentir enfin à sa place reviendra sereine l’année prochaine, celui de savoir si j’ai vraiment fait du mieux que j’ai pu.

Cette année, je ne me serai pas trituré le cerveau pour savoir comment j’aurais pu faire plus pour untel ou untel, réfléchissant déjà à un nouveau fonctionnement pour la rentrée suivante. Je fais partie de ces personnes qui ont le perpétuel sentiment qu’ils auraient peut-être pu mieux faire, qu’ils auraient peut-être dû faire autrement. Exigeante, perfectionniste diront certains, le cerveau en ébullition en tout cas comme beaucoup je pense.

Cette année, je n’aurai pas connu la nostalgie en feuilletant une dernière fois les cahiers, je n’aurai pas eu un dernier regard pour les compositions plastiques avant de les ranger dans les pochettes, me repassant ainsi le film d’une année scolaire en une journée.

Cette année, je n’aurai pas eu dans le regard cette pointe de fierté et cette once de satisfaction en les regardant jouer, dessiner, discuter une dernière fois, prenant conscience du chemin qu’ils auront parcouru et quel chemin !

Cette année, je n’aurai pas connu non plus ce violent coup de fatigue indescriptible où, après 10 mois de cerveau en ébullition, de yeux perpétuellement aux aguets, de nerfs en tension, tout se relâche d’un coup apportant bien souvent des maladies hivernales à peine en vacances, en plein été, comme si nous ne tenions les dernières semaines on ne sait trop par quelle magie, juste parce qu’on n’a pas le choix.

Cette année, je n’aurai pas pleuré en leur disant bonnes vacances. Ben, oui, perfectionniste peut-être mais sensible assurément et j’assume (bon en fait j’assume moyen 😉 ). J’entends d’ailleurs chaque année des collègues, le sourire en coin me disant « oui moi aussi c’était comme ça mais tu verras dans quelques années, ça ne te fera plus ça ». Et bien après 9 ans, oui les choses ont changé, j’arrive mieux à retenir mes larmes face aux enfants pour les faire finalement sortir peu de temps après, une fois la porte de la classe claquée.
Non, je n’aurai pas connu tout ça, ces montagnes russes que sont les derniers jours d’école. On monte et on redescend en un instant, la valse des sensations en quelques heures, la confusion des sentiments. La joie de la perspective des vacances et du repos, la nostalgie tout à coup sélective qui fait que seuls les bons moments semblent rester, le soulagement, la tristesse de les voir partir, le stress d’avoir fait des erreurs, la satisfaction du travail accompli, la fierté de se dire qu’on a un peu compté, l’inquiétude de savoir comment vont nous revenir certains, l’excitation de tout effacer et de se dire que l’on va tout recommencer et que ce sera encore différent, la fin de quelque chose mais finalement aussi le début d’autre chose.

 

 

Et pourtant, ce 5 juillet dernier, je n’ai pas pu m’en empêcher, je suis passée respirer cet air ambiant très étrange et goûter à ce grand gloubiboulga avec mes anciens/nouveaux collègues. Je suis allée observer tout ça pour tenter d’en prendre un tout petit bout, telle une droguée en manque 😉 Plusieurs semaines que je venais régulièrement comme pour retrouver déjà un peu ma place, pour me rassurer un peu sur ma capacité à revenir, pour savoir si je saurais encore faire (ça ne fait qu’un an d’absence mais ça m’a paru bien plus long), pour mettre un peu d’ordre dans mes affaires, pour avoir déjà un pied dedans, pour me motiver encore plus et commencer à m’engager dans mon nouveau projet d’enseignement et pour voir comme mes petits étaient devenus grands, leur montrer que je ne les oubliais pas, c’était important.

Alors, c’est vrai, je n’ai pas connu ce dernier jour comme une véritable enseignante en poste mais j’ai vécu autre chose d’aussi important. J’ai vu mes anciens élèves. Ils se souvenaient de moi évidemment mais ils se souvenaient surtout de moments de classe, d’apprentissages, … qu’ils n’ont pas manqué de me rappeler. Il paraît qu’un bon prof, on ne se souvient pas forcément de son nom mais on se souvient de ce qu’on a appris avec lui. J’espère que mes élèves ne se souviendront plus de mon nom dans quelques années 🙂

J’espère que ce dont j’ai été et je serai le témoin et l’appui que j’ai pu ou que je vais leur donner lorsqu’ils sont/seront passés par ma classe n’est que le début. A eux, si un jour ils lisent ce texte (pas trop vite, j’aurai pris un bon coup de vieux), je voudrais qu’ils ne retiennent qu’une chose : ils sont quelqu’un d’important.

Ils ont été mes élèves ou ils le seront et ils ne le savent pas encore mais moi oui, chacun d’eux dans sa singularité a contribué et contribuera à m’élever un peu plus.

Alors merci

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Les stigmates de la grossesse

La semaine dernière, j’avais rendez-vous chez le dermatologue.
Oui je sais ce que vous vous dites : « Mais bien sûr et demain elle nous fait le compte-rendu de son rendez-vous gynéco 😉 Fuyons tant qu’il est encore temps !  »
Bon d’accord, commencer mon article comme ça, on ne voit pas trop bien le rapport avec la choucroute hein et puis on hésite un peu à poursuivre la lecture peut-être, mais dites-vous qu’il y a de bons plats pourtant très moche (oui je ne suis pas la reine de la métaphore non plus). Une fois la première impression passée, on est souvent pas si déçu que ça. Alors ne partez pas tout de suite, on ne sait jamais 😉

Sans rire, si je vous parle de ce rendez-vous chez le dermatologue, c’est parce qu’il est étroitement lié au sujet de mon article, il en est le déclencheur même. Pourtant, un rendez-vous de routine tout ce qu’il n’y a plus de normal, le contrôle annuel de mes grains de beauté. Parce que voilà, j’ai une vraie peau de blonde (ne me dites pas que vous êtes blonde avec un beau teint hâlé, je vous déteste déjà 😉 ), certains diraient même une peau de rousse (ne me dites pas que vous êtes rousse avec un beau teint hâlé, je vous déteste encore plus 😉 ), bien blanche, qui rougit plus qu’elle ne bronze et couverte de tâches en tout genre. Chaque année, il y en a des nouvelles, je ne les compte plus depuis longtemps, je ne les connais pas par coeur et je suis incapable de percevoir un changement quelconque alors je les fais surveiller les bougresses.
Mais alors que mon rendez-vous devait être des plus banals – observation, comparaison avec les mesures de l’année précédente, tout va bien, blabla de recommandations habituelles (crème, lunettes, t-shirt, je m’en fiche, je ne m’expose jamais au soleil, j’ai une peau de rousse je viens de vous dire), merci, au revoir – le destin en a décidé autrement (et le destin et moi, on n’est pas toujours potes apparemment).  Ce jour là, c’était visiblement la fête des mères en avance et je ne devais pas être assez méritante, la sentence est donc tombée 😉

« Vous avez toujours eu cette pigmentation au niveau du visage ?
-Euh…
-Vous voyez de quoi je parle ?
-Euh, pas vraiment, enfin, euh, je ne crois pas
Il me tend un miroir grossissant. Alors déjà chez toi, le miroir grossissant de base, il ne grossit pas tant que ça mais tu l’évites quand même car il a le don de te rendre moche alors même que tu as fait des efforts surhumains pour t’apprêter, mais alors là c’est puissance 10 000. Je constate donc tous les magnifiques détails de ma peau, mes tâches de rousseur, mes grains de beauté et effectivement, peut-être, plus ou moins, comme des tâches légèrement brunâtres, comme si j’avais un voile très légèrement plus foncé que ma carnation habituelle. Enfin bon, faut le voir hein parce que, comme ça, à l’oeil nu, je ne vois rien de particulier et je n’ai pas l’impression que mon visage soit différent.
– C’était déjà comme ça avant la grossesse ? Je veux dire, vous n’avez pas l’impression que ça a changé pendant la grossesse ?
– Euh ben non , enfin ça a peut-être un peu foncé mais je ne me rends pas vraiment compte.
– Non parce que c’est peut-être lié au masque de grossesse, vous connaissez ?
– Euh oui (et je pensais y avoir échappé grrrrrr)
– Non mais si ça ne vous gêne pas, on ne fait rien. »
Comment ça si ça ne me gêne pas, ben je ne sais pas moi, pourquoi, il faudrait faire quelque chose ? Non parce qu’avant de venir, j’avais le teint frais et reposé (bon ok, reposé peut-être pas), enfin j’étais satisfaite quoi. En plus je m’étais maquillée un peu, après plusieurs semaines de laisser-aller, me disant ça y est, je renoue avec la civilisation (enfin avec mes pinceaux tout du moins) !

Voilà, voilà, donc je suis couverte de grains de beauté et autres joyeusetés (ah oui parce que je vous ai passé le chapitre où je lui ai montré certains grains de beauté m’inquiétant un peu et où la réponse était à chaque fois, « ah non ça c’est un naevus-dermatus-trucmuch ou d’autres noms qui donnent envie), et j’ai une pigmentation chelou sur le visage.

Mais ça ne s’arrête pas là, non non, la personne qui m’en veut (parce que forcément quelqu’un m’en veut ce n’est pas possible autrement) s’est dit que un peu plus un peu moins (moi j’aurais préféré un peu moins mais bon), après tout, tant qu’à me donner des bonnes nouvelles, autant toutes les donner le même jour hein.

« Bon sinon, il faudrait que vous portiez des bas de contention parce que vous avez quelques petites varices.
– ???
A la bonne heure, voilà autre chose (bon je le savais hein mais elles sont minuscules, personne ou presque ne les voit, enfin c’est ce que je croyais), d’autres réjouissances pour aujourd’hui où on s’arrête là ?
– C’est parce que vous faites un métier où on piétine beaucoup, ça favorise les varices.
– Ah d’accord (enfin là je suis en congé parental mais bon)
– Et vous mettez de la crème pour les pieds secs, comme je vous l’avais conseillé ?
– (Cest vraiment ma fête ou quoi ?) Ben j’avoue que je ne prends pas trop le temps de le faire donc rarement… ça doit être assez catastrophique
– Oohhhh ben non ça va vos pieds, en fait, c’est pas si mal ! »
Super, la plante de mes pieds est encore le seul élément intact de mon corps ! Le seul qu’on ne voit pas aussi 😉

 

Bref, les 20 minutes de rendez-vous classique se sont transformées en 40 minutes de constat déprimant sur le fait que j’avais le corps d’une vielle dame (malgré tout le respect que j’ai pour les vieilles dames) avec des pieds de jeune (tout n’est pas perdu) : des tâches brunes et des varices à l’aube de mes 31 ans. Merci docteur, sur ce, je vais aller me pendre.
AH ben non, je ne peux pas, Caillou me ramène à la réalité, il veut téter (tu es sûr ? non parce que maman n’a pas montré ses seins au docteur encore et elle aimerait éviter qu’il ne lui dise qu’ils sont trop mous ou en gant de toilette qui sait 😉 )

 

Un peu plus tard dans la soirée, alors que j’essaie d’oublier un peu cet épisode médical de ma vie et qu’il me semble que j’y arrive, je fais défiler les photos de mon téléphone, pleine d’admiration pour mes deux petits qui, eux, ont bien la bonne bouille qu’il faut et une peau de bébé comme on dit ! Profitez les jeunes 😉
Et là, je tombe sur des photos de mon corps. Non je ne m’exhibe pas devant l’objectif (je sens votre déception, pas de sujet croustillant à l’horizon). Mon charmant dermatologue a juste pris soin de prendre des photos des parties de mon anatomie les plus touchées par les grains de beauté, avec mon téléphone, pour que je puisse vérifier moi-même si un grain de beauté se modifie.
« Et surtout, vous les garder bien sur le téléphone, comme ça on pourra aussi bien contrôler au prochain rendez-vous ou si vous avez un doute. »
Voilà et puis comme ça je pourrai déprimer un peu plus quand je tomberai dessus aussi. Car en effet, nouvelle claque dans ma face, je constate que j’ai, entre autre, des vergetures, un petit ventre et de jolies petites masses de peau qui débordent légèrement de part et d’autres du bas de mon dos (des bourrelets quoi). Dieu merci, je n’ai pas de grain de beauté sur les fesses, cette photo m’a donc été épargnée.

 

Mais qu’est-ce qui s’est passé ?

Bon ok , je ne fais pas partie des canons de beauté à la base m’enfin quand même.
Alors, je suis allée me confrontée à la réalité et je me suis regardée, vraiment regardée, dans le miroir, intégralement.
Et j’ai constaté les dégats.
Et puis j’ai entendu le rire de Marmouset qui répondait aux « areuh areuh » de Caillou.
Et je me suis regardée à nouveau.
Et j’ai constaté autre chose.

Non ma ride du lion n’est pas plus prononcée, j’ai juste plus de raisons d’être inquiète qu’avant.
D’ailleurs on se demande pourquoi elle s’appelle ride du Lion celle là, elle devrait s’appeler ride des parents non ? Si vous ne la situez pas, c’est simple, quand votre enfant est dans une autre pièce que celle où vous êtes, c’est celle qui fronce parce que vous entendez un bruit habituel et que vous savez que ça n’annonce rien de bon, parce que vous entendez un bruit inhabituel et que vous savez que ça n’annonce rien de bon, parce que vous n’entendez aucun bruit et que ça, ça n’annonce jamais rien de bon.

Non, je n’ai pas de vergetures, j’ai un petit soleil autour du nombril qui se voit surtout dans l’ombre pour me rappeler chaque fois que je suis en colère; triste ou fatiguée qu’il y a bien plus de moments où tout est lumineux et que je ne suis pas toute seule. Ce soleil, c’est Marmouset qui me l’a dessiné à la toute fin de la grossesse, Caillou l’a un peu agrandi et si un jour il y a un troisième enfant, il l’agrandira encore un peu.

Je n’ai pas de bourrelets non plus, je suis multiprises pour que les jours de pluie, l’aire de jeux que je deviens soit agrippée facilement et à volonté par les enfants.

Je n’ai pas 2/3 kg en trop, j’ai des réserves pour que l’allaitement auquel je prends tant de plaisir perdure encore tant que Caillou en aura besoin.

Je n’ai pas de masque de grossesse, j’ai un visage décoré par une multitude de petites tâches entremêlées qui éveillent les sens et permettent à Marmouset de s’entraîner à compter.

Je n’ai pas plus de varices, j’ai des jambes de compétition marquées par les heures à marcher dans 5 m2 pour bercer un Caillou trop énervé pour dormir, les minutes à danser et faire le cheval au galop pour faire rire un Marmouset avide de moments de joie.

Je n’ai pas plus de cernes mais des yeux surentraînés à lire et relire des histoires dans la pénombre, à les admirer dormir dans la nuit, à voir les dangers à leur place continuellement.

Mon ventre n’est pas plus mou, il est suffisamment confortable pour permettre à deux petites têtes blondes de finir leur nuit quand elle a été un peu agitée.

Non, je n’ai pas changé, j’ai juste ajouté une plus-value à ce que je suis, cent cordes à mon arc, mille détails qui racontent mon histoire et la leur.
Je n’ai pas de stigmates de la grossesse, j’ai des souvenirs.

Ah si, il y a quand même des choses qui ont changé, j’ai un cœur plus grand et un cerveau plus performant. C’est qu’à présent, il faut penser et panser pour trois !

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Il y aura toujours un mais… lettre ouverte à mes enfants

A S**** et à L***,

Ce 22 mars 2016, il s’est encore passé quelque chose. Et malheureusement, ici, le mot « encore » ne sonne pas comme une surenchère victorieuse.

Vous savez, des événements tragiques comme celui-ci, il y en a eu un certain nombre ces derniers temps. D’autres peuples ont été touchés par de tels actes barbares.

Un peu plus de 4 mois avant ce drame, deux semaines seulement avant ta naissance, L***, le 13 novembre exactement, c’est arrivé beaucoup plus près qu’à l’habitude, trop près, on aurait pu y être. Il m’avait alors fallu combattre la noirceur qui avait envahi mon esprit à l’époque, il m’avait fallu redoubler de force pour que ton arrivée reprenne le dessus et pour que ces 15 derniers jours se transforment en victoire.
Aujourd’hui, ça arrive à nouveau, ailleurs, un peu plus loin mais pas si loin que ça et d’avoir été touchée de près une première fois, me fait revivre ces sensations.

Avant, quand c’était loin, je n’avais pas peur, je n’étais pas inquiète, je continuais à vivre comme si de rien n’était.
Je sais, ça peut paraître égoïste. Pourtant, je ne suis pas inhumaine ou insensible, ce n’est pas ça. Evidemment, ça me touche. Evidemment, je suis au courant. Je ne ferme pas les yeux mais je ne les ouvre pas beaucoup, j’évite de trop m’informer sur ces événements, j’essaie de ne pas lire, de ne pas entendre. Je me protège, je nous protège parce que, si à chaque fois que ce genre d’horreur arrive, j’y pensais trop, je ne tiendrais sûrement pas le coup. Alors, même si je sais que ça existe, je me dis que c’est loin, que ce n’est pas chez nous, que ça ne peut pas être chez nous, que c’est irréel, que c’est un cauchemar, que c’est un film. Je n’occulte pas, je transfère ça dans un autre monde, celui qui ne sera jamais le mien. Mon esprit n’est pas conçu pour m’aider à réaliser que c’est la vraie vie. En y réfléchissant, je me dis que je ne suis peut-être pas assez forte pour ça et en y réfléchissant encore, je me dis qu’au contraire, je suis peut-être suffisamment forte parce que mon inconscient le transforme. Ne pas en parler, ce n’est pas fermer les yeux, c’est garder le coeur ouvert et le cerveau intact, c’est surtout garder espoir.

C’est vrai, maintenant que ça s’est rapproché, je ne peux plus me dire c’est un film ou juste une erreur, un épisode raté. Je sais bien que ça arrivera encore, et on sera amené à traverser ces lieux de passages, ces lieux prisés de la capitale où le drame est prêt à revenir, c’est notre vie. Je ne suis jamais allée sur les lieux des événements du 13 novembre 2015 et je ne sais pas si je pourrai un jour m’arrêter à nouveau à la station République ou aller au bout de la rue où se trouve pourtant ma pâtisserie préférée parce que malgré tout, je voudrais que ça n’ait pas existé et le seul moyen c’est de ne pas voir même si je le sais.

Et même si mon inconscient continue à me protéger quand ça arrive, aujourd’hui, rien n’est plus pareil.
Je continue a essayer de ne pas trop voir mais je sais.
Je continue à essayer de ne pas trop savoir mais j’entends.
Je continue à essayer de ne pas entendre mais je ressens.
Je continue à essayer de ne pas trop ressentir mais je me souviens.
Et j’ai peur.
J’ai peur, oui, mais…

J’ai peur parce que notre vie est toute proche des endroits les plus susceptibles d’être touchés. Mais aussi de tellement de belles choses !
J’ai peur parce que je ne peux pas vous protéger indéfiniment et de tout mais je peux en avoir un peu le sentiment.
J’ai peur parce que je ne sais pas ce que je vais pouvoir vous dire quand vous serez en âge de comprendre et que ça arrivera à nouveau mais je serai là.
J’ai peur parce que je ne saurai pas répondre à vos pourquoi mais on réfléchira ensemble.
J’ai peur car je ne serai jamais en mesure de vous expliquer ce que moi-même je ne comprends pas mais je serai heureuse de ne pas pouvoir le faire car la haine ne sera pas banalisée.
J’ai peur parce que ça sonnera sûrement faux si je vous dit : « n’ayez pas peur, c’est fini, vous ne risquez rien, je vous protège » mais je vous préserverai du mieux que je peux en vous aidant à voir au-delà.
J’ai peur car je n’arriverai pas à vous donner les armes pour affronter ça, pour le contrer, pour l’éviter mais je sais que ce ne seront jamais celles de nos agresseurs.
J’ai peur car je ne pourrai jamais vous apprendre à surmonter les jours où ça arrivera mais je pourrai vous apprendre comment profiter de tous les autres jours, ceux où ça n’arrivera pas car ils sont bien plus nombreux !
J’ai peur parce que j’ai gardé cette innocence enfantine, celle où l’on se cache les yeux quand le film fait trop peur et quand on enlève les mains, tout est fini, on n’a rien vu, on a gardé que le meilleur. Sauf que dans la vraie vie ça ne marche pas mais je vous apprendrez à le faire quand même un peu.
J’ai peur parce que vous comprendrez que notre monde n’est pas celui des bisounours mais on fera qu’il le soit quand même un peu suffisamment souvent
J’ai peur que vous ayez peur mais je vous apprendrai aussi à garder confiance et espoir, toujours et malgré tout.
J’ai peur que vous ayez de la peine mais vous ne serez pas seuls et je vous apprendrai que pleurer est quelque chose de normal.
J’ai peur parce que c’est moi qui vous ai amené dans ce monde mais je vous en montrerai aussi toutes les richesses.

Et si à un moment, la peur l’emporte et que je flanche un peu, je me rappellerai qu’avant toutes vos découvertes, tous vos exploits, toutes vos réussites, vous avez fait et refait, recommencé encore, persévéré sans jamais penser une seule fois que vous n’y arriveriez pas.

Ne vous arrêtez pas malgré vos peurs, il y aura toujours un mais !

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Une séance photo professionnelle pour la naissance

Dans mon précédent article sur les faire-part de naissance, je vous révélais que pour celui de Caillou, nous avions utilisé de très jolies photos réalisées lors d’une séance photo professionnelle. Et c’est l’objet de cet article.

Pour Marmouset, nous avions déjà succombé à la tentation de la séance photo professionnelle mais avant la naissance, pour avoir un beau souvenir visuel de ce tout premier ventre rond et pour prolonger un peu les derniers instants de la grossesse (et transformer le mode baleine échouée des derniers mois en star des océans 😉 ).
Avec Caillou, ce sont les premiers instants de bébé seul et en famille que nous souhaitions mettre en valeur cette fois.

Une séance photo de naissance, comment ça se passe ?

Fixer une date
Jusque là c’est très simple, on contacte un photographe professionnel qui propose ce type de service, quelques mois avant l’accouchement. On fixe une date de séance entre le 5ème et le 10ème jour après la naissance présumée, histoire de valider la séance et pour que le photographe puisse savoir aux alentours de quand elle aura lieu. Le jour de la naissance, s’il ne coïncide pas avec la DPA, on prévient le photographe pour planifier une nouvelle séance, définitive cette fois.

Pourquoi entre 5 et 10 jours après l’accouchement ?
Tout simplement parce que le bébé bouge encore très peu et que le photographe pourra donc facilement le placer comme il le souhaite pour les photos sans que cela ne le gêne. Bien sûr, on peut tout à fait organiser une séance plus tard si on préfère avoir des photos moins « posées », prises dans l’instant, avec un enfant plus éveillé et sans mise en scène, des photos volées du quotidien en quelque sorte. Attention, cela ne veut pas dire que l’on ne peut pas avoir également des photos prises sur le vif lors d’une séance nouveau-né, au contraire.

Le déroulement de la séance
Une séance avec un nouveau-né ne se fait pas à la va-vite mais doit suivre le rythme du bébé pour ne pas le fatiguer, pour qu’il n’ait pas la désagréable sensation d’être manipulé dans tous les sens, pour qu’il puisse téter quand il le souhaite, … Le photographe apporte différentes couvertures de différentes teintes pour que les parents puissent choisir les coloris dans lesquels ils souhaitent voir bébé. Il apporte également un petit chauffage pour que bébé ne prenne pas froid car pour un certain nombre de photos, il sera nu. Le photographe maîtrise en principe parfaitement la gestuelle à adopter avec bébé et vous n’aurez rien à faire qu’à observer. Il peut également faire des photos du bébé avec vous et/ou avec ses frères et soeurs, des photos posées ou des captures de moments du quotidien selon vos envies (tétée, câlin, jeu,…). Il n’y a pas de déroulé obligatoire de la séance mais le moment où le bébé est pris seul interviendra souvent après une tétée pour qu’il soit bien reposé et repus, dans un moment de plénitude totale 🙂

Le coût
La séance a bien entendu un coût mais ce n’est pas tous les jours non plus (bon j’avoue si vous faites une douzaine d’enfants, ça risque de finir par chiffrer hein 😉 ) et puis il est tout à fait possible de mettre cette séance sur une liste de naissance si vous choisissez d’en faire une, ou d’utiliser l’argent que certains vous donneront à cet effet.

Notre expérience
Pour photographier Caillou, nous avons fait appel à une photographe dont nous apprécions le travail puisqu’il s’agissait de la même que lors de notre première séance : Carole J. Photographie. Nous avions déjà été ravis de notre première rencontre, du moment passé avec elle et du résultat. Elle avait très vite cerné notre univers et avait su le mettre en valeur, nous n’avons donc pas hésité à la contacter.
Nous l’avions aimé pour sa douceur et sa capacité à capturer des instants de vie qui nous sont précieux mais que nous ne remarquons parfois plus car ils sont notre quotidien. Avec elle, même les photos posées finissent pas ne plus l’être car elle sait nous donner les bons conseils et nous mettre à l’aise mais surtout elle sait rester en retrait quand elle le juge nécessaire pour mieux photographier les vrais instants de la vie au meilleur moment.

Lors de la séance avec Caillou, Carole a pris tout le temps nécessaire pour ne pas le brusquer. J’ai été impressionnée par le calme et la douceur quasi maternelle avec lesquels elle a manipulé Caillou, laissant ses mains en contact avec lui aussi longtemps que nécessaire, l’invitant à se placer plutôt que lui imposant une position, allant progressivement à sa rencontre et lui laissant le temps de s’imprégner de sa présence. C’est en tout cas comme ça que je l’ai ressenti, l’observant discrètement de temps à autre mais pas trop parce qu’en voyant cela, on n’a pas trop envie de s’immiscer dans la jolie dualité que forme le photographe et son tout petit modèle, un moment qui semble un véritable partage.

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Nous souhaitions également des photos de famille, pas forcément « organisées », des photos du moment présent, de ce qui se mettrait en place à l’instant T.
Et Marmouset nous a bien aidé à rendre la séance très naturelle car faire poser un enfant entre 18 mois et 2 ans s’avère un vrai défi ! Il bouge sans cesse, sourit une demi seconde sans réaliser qu’on n’a pas eu le temps de prendre la photo, finit par accepter de prendre la pose puis remarque quelque chose qui va capter son attention et c’est reparti pour la course poursuite à la recherche d’un moment à immortaliser. Qui plus est, il était en pleine adaptation à l’arrivée de son petit frère, encore dans des classiques moments de jalousie à son égard, encore petit pour le porter et de toute manière, ne souhaitant pas tellement lui prêter une immense attention pour le moment. Carole a été très patiente sur ce coup là !

Depuis, Marmouset s’est bien amélioré et sur les deux plans. En ce qui concerne la photo, criant ouistiti dès qu’on dégaine l’objectif, il s’essaie même parfois à de vraies poses de mannequin 😉 Et pour la jalousie envers son petit frère, de l’histoire ancienne puisqu’il est maintenant aux petits soins, lui apporte jouets, tétine, couverture, veut le porter, lui faire des bisous, lui adresser quelques caresses chaque fois qu’il le retrouve, et lui accorde même de petits moments de jeu avec quelques areuh , des comptines et des histoires. (Bon rassurez-vous il réclame aussi d’être encore un petit bébé, de faire des choses sans son frère et d’avoir de temps en temps maman ou papa pour lui tout seul, un enfant tout ce qu’il y a de plus normal en somme).

Loup-8jours-23-web Loup-8jours-25-webLoup-8jours-18-webPour la séance, je n’avais rien prévu de particulier, je n’avais pas prévu d’objets « fétiches » avec lesquels faire une photo, un doudou, un jouet particulier, un meuble, rien. Je souhaitais tout de même au moins une photo de Caillou dans son petit berceau mais je n’avais pas réfléchi à autre chose. Qu’importe, tout s’est fait naturellement et puis Carole a repéré la couverture Bai jia bei confectionnée pour Caillou à la fin de la grossesse et a proposé de l’utiliser ce qui m’a enchantée au vue de la symbolique qu’elle dégage et de mon attachement à cet objet.

La seule chose que j’avais prévue, c’était les vêtements que les garçons porteraient pour les photos en famille. Je voulais que Caillou et Marmouset soient un peu assortis, qu’ils aient un élément commun et c’est chez Lucien Zazou que j’ai trouvé mon bonheur. Une marque française que j’affectionne beaucoup pour la qualité de ses vêtements, ses tenues à la fois simples et modernes, ses pièces originales. Une marque à laquelle j’avais déjà succombé avec l’achat d’un petit ensemble estival sarouel et gilet qu’il me tarde de remettre à Caillou et une jolie chemise bleue que Marmouset avait élégamment portée pour les fêtes de fin d’année il y a plus d’un an.
Cette fois c’est pour la collection « nuage » que j’ai craqué, depuis le temps que ça me démangeait, on peut dire que j’ai trouvé l’excuse parfaite (s’il en fallait une) ! Une collection de vêtements confortables en molleton, chauds et légers à la fois qui apportent une touche de poésie et de douceur grâce à un très joli motif nuage.
Evidemment, ç’aurait été trop bête de ne les mettre que pour cette occasion mais j’avais un peu d’appréhension concernant l’état dans lequel j’allais retrouver le pantalon de Marmouset s’il le portait régulièrement (il est en pleine période je cours comme un fou, je saute n’importe où, je me roule partout et je joue à la terre, chouette). Et puis, je me suis rappelée l’adage de la marque « Plus qu’un vêtement, un objet d’affection qui s’empreint de souvenirs, se garde, se répare, se transmet… De génération en génération… », une invitation à en user et en abuser en quelque sorte. Après tout, les vrais vêtements d’enfants sont faits pour être portés et donc affronter toutes sortes de conditions difficiles non ? Défi relevé, la salopette a fait la rencontre du caca de bébé allaité et de bavouilles en tout genre et le pantalon a connu l’herbe, la pluie, la nourriture et même les tâches de doliprane rose fluo (recraché par notre petit malade). Lavés, relavés, ils sont toujours comme neuf !

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Et vous ? Avez-vous fait passer vos petits devant un objectif professionnel pour leur naissance ? N’hésitez-pas à y aller de votre petite anecdote en commentaire.

 

Caillou porte la salopette nuage Lucien Zazou en 3 mois (histoire qu’elle dure quand même un peu) et Marmouset porte le sarouel nuage en 3 ans.
Merci encore à Carole J. Photographie.
Site : http://www.carolejphotographie.com/
Facebook : https://www.facebook.com/Carolejphotographie/?fref=ts

 

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L’annonce de la naissance : le faire-part

Aujourd’hui je vous parle faire-part de naissance.

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Lancée au XVIIIème siècle par l’Aristocratie française, la tradition du faire-part s’est largement démocratisée et aujourd’hui, elle est toujours d’actualité.

De nos jours, ce n’est plus uniquement pour prévenir de la naissance puisque le téléphone, les mails, les réseaux sociaux et le bouche à oreille font qu’en quelques heures seulement, l’intégralité de la famille, les amis, les amis de la famille, les collègues, les connaissances et même des gens qu’on ne sait pas toujours qui c’est 😉 sont au courant et vous adressent des félicitations. Et tant mieux car après la naissance, le temps semble bizarrement considérablement réduit et de fait, les faire-part n’arrivent pas tout de suite mais souvent vers les 2 mois du bébé ou même après.

En plus d’officialiser l’annonce, le faire-part est donc en général toute une création minutieusement pensée, un souvenir que l’on souhaite unique et original, un prolongement de la grossesse pour créer encore et donner naissance une deuxième fois.
Depuis les débuts de cette tradition, les choses ont beaucoup changé. Le simple carton d’annonce s’est transformé en carton illustré avec de plus en plus d’informations et souvent une ou plusieurs photos, on arrive même aujourd’hui à une tendance informatisée même si beaucoup préfère la bonne vieille version papier.
Et c’est mon cas, je sais que je suis ultra connectée et très accro au net et au virtuel mais le faire part, pour moi, c’est comme la carte postale, j’aime bien recevoir un souvenir tactile, concret, que je peux ranger précieusement dans une petite boîte, qui va attirer l’oeil ou même surprendre tant par le contenu et les motifs/couleurs, que par la forme ou le type de papier.

Alors quand c’est à mon tour de faire cette annonce importante, j’aime également choisir avec soin chaque détail, jusqu’à la couleur de l’enveloppe et le timbre.

Le contenant

La forme
Le faire-part laisse une grande liberté de contenu (texte, photo, illustrations, …) mais aussi de forme. Il existe un grand choix de dimensions qui correspondent à chaque fois à une taille d’enveloppe existante bien sûr (ou en tout cas, il faut bien penser à cela si vous le créez vous-même). Outre le format, le nombre de pages et la manière dont elles sont agencées peuvent également varier tout comme le type de papier et son épaisseur.
Une simple carte recto verso ou qui s’ouvre en deux ou même en trois, en accordéon, en portefeuille, de manière asymétrique, … un papier mat, satiné, irisé, … tout ou presque est possible.
Attention cependant à ne pas choisir un papier trop épais si votre faire part comprend plusieurs pages afin de ne pas dépasser 20 grammes, sans quoi vous seriez contraints de payer des frais supplémentaires en matière de timbre.

Pour Caillou, nous avons choisi un faire part format carte postale 21 cm x 15 cm, à l’horizontale, qui s’ouvre par le dessous et un papier mat. Pour l’épaisseur, ni trop fin, ni trop épais, nous avons opté pour un grammage de 250, soit ce qui se fait « classiquement ». Le faire-part comporte donc 4 pages, la première avec une illustration, la deuxième avec deux petites photos et le texte de présentation, la troisième avec une grande photo des deux frères et la quatrième avec notre adresse en bas de page et rien d’autre ce qui nous a permis d’adresser des remerciements à la main aux personnes ayant déjà gâté notre petit.

L’enveloppe
Tout comme pour le faire-part, il existe des enveloppes de formats différents pour que cela puisse concorder avec la taille du faire-part. Pour certains formats, il existe également deux types de fermeture : croisée ou droite, selon votre préférence. Personnellement, mon choix se porte toujours sur la fermeture droite car elle a une bande à décoller pour cacheter l’enveloppe, alors que les fermetures croisées, je ne sais pas si c’est systématiquement le cas mais j’en ai souvent vu qu’il fallait lécher, et la léchouille d’une enveloppe, ça va, mais la léchouille de 100 enveloppes, bonjour les dégats 😉 ou le dégoût, je ne sais plus trop.  Bref, je préfère sauvegarder ma langue pour d’autres occasions (grande amatrice de glaces que je suis 😉 )
Pour la couleur, on choisi souvent des enveloppes assorties aux couleurs dominantes du faire-part (couleur de la police, d’un motif utilisé, de l’illustration, …)

Pour le faire-part de naissance de Caillou comme pour chaque événement qui a nécessité l’achat de belles enveloppes en grande quantité, je suis fidèle aux Pollen de chez Clairefontaine. D’excellente qualité, elles offrent un large choix de couleurs vraiment très jolies. On les trouve un peu partout, sur internet, chez Cultura, Amazon, dans les papeteries et même certains supermarchés.

IMG_1210L’astuce est de les avoir préparées à l’avance car après l’accouchement, il faut parfois, souvent, du temps pour se remettre, s’organiser, … il faut jongler entre les multiples paperasses de déclaration de naissance et autres, les visites et consultations médicales diverses et variées, la fatigue, et le principal bien sûr, toutes les attentions quotidiennes que l’on doit donner à bébé.
Pour cette deuxième naissance, j’avais donc, au préalable, constitué ma liste de personnes à qui envoyer le précieux. C’est très simple, depuis notre mariage, j’ai gardé le tableau excel avec tous les invités (nom, prénom et adresse), il a été quelque peu modifié pour la naissance de Marmouset et je l’ai donc encore une fois repris pour la naissance de Caillou. J’ai juste réactualisé certaines adresses. J’y note également les cadeaux reçus pour pouvoir effectuer les remerciements en conséquence et n’oublier personne. Je continue à garder bien précieusement cette liste qui peut me servir en toute grande occasion.

Cela dit depuis le mariage, nous avons fait des progrès dans la logistique pour une meilleure performance et donc un gain de temps.
Pour le mariage, j’ai écrit toutes les adresses à la main, en traçant des lignes au crayon à papier parce que, évidemment, je n’écris pas droit, ce serait trop simple ! Et bien sûr il m’a fallu écrire autant de fois notre propre adresse au dos (heureusement qu’on connaît ce genre de trucs par coeur 😉 ) puis gommer toutes les lignes (moi qui utilise rarement une gomme, là, j’avais mon quota de gommage pour l’année).

Pour la naissance de Marmouset, nous avons investi dans un tampon avec notre adresse (trouvé chez Easytampon) ce qui m’a évité de l’écrire 100 fois au dos des enveloppes. Première avancée technologique.

Pour la naissance de Caillou, nous avons carrément copié toutes les adresses dans un document avec des cases et nous avons imprimé le tout sur feuilles autocollantes. Cela dit je ne sais pas ce qui aurait pris le plus de temps, tout écrire à la main ou retaper toutes les adresses, les mettre au bon format, choisir la bonne police, faire des essais pour la bonne taille puis découper chaque étiquette et les coller. Si quand même, j’ai gagné du temps car Paparaignée a largement pu participer avec ce système. Habituellement, pour l’écriture, je suis seule à m’y coller, son écriture étant illisible même par lui-même. 😉

Bon, pour le prochain, on achètera carrément des planches d’étiquettes autocollantes déjà séparées ce qui m’évitera en plus le découpage. Et qui sait, au bout du douzième enfant, on aura peut-être un robot qui fera tout à notre place (ah ben non suis-je bête, j’aurai des enfants à exploiter pour cela du coup mwahahahaha, mère indigne).

Le timbre
Les timbres naissance ont malheureusement disparu aujourd’hui, le traditionnel timbre « c’est une fille » ou « c’est un garçon » que l’on a pu connaître n’existe plus et trouver des beaux timbres n’est pas toujours chose facile. Selon la période de l’année, on a parfois le choix qu’entre la collection spéciale Tour de France, le bicentenaire de je ne sais trop quel événement dont personne ne se rappelle ou les vaches de nos régions. Alors je n’ai rien contre les vaches hein, au contraire mais après quelques mois en mode baleine, on a un peu envie d’oublier les métaphores animalières.
Heureusement, la poste propose le service « Mon timbre à moi » qui permet de créer ses propres timbres. On peut donc annoncer tout de suite la couleur avec un petit portrait du bébé ou jouer le suspense avec juste une partie de son corps, une petite main ou un petit pied par exemple.
Le seul reproche que je puisse faire à ce service est que l’on ne peut commander que des planches de 30 timbres, donc si vous avez besoin de 70 timbres par exemple, il vous faudra sacrifier des personnes (j’entends par là leur trouver un autre timbre hein, pas les rayer de la liste des envois) ou envoyer la photo de votre enfant à toute l’administration française lors de vos innombrables courriers de déclarations et paiements divers car il faudra bien écouler le surplus. Et comme en plus ces planches coûtent un peu plus cher que la normale, ça fait mal de timbrer sa prochaine lettre aux impôts avec un visage aussi angélique ou une jolie paire de petits petons trop mignons 😉

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Le contenu 

Les éléments de décor
C’est particulièrement à ce moment que vous allez pouvoir laisser place à votre imagination et vous faire plaisir sur les motifs, les couleurs, les illustrations, les symboles, …
Certains choisissent un texte et des photos sans aucune autre illustration et d’autres souhaitent n’avoir qu’une illustration et pas de photos. D’autres, encore, veulent les deux.
L‘illustration est à prendre au sens large, un dessin sur toute une page, juste quelques petits symboles placés ici et là ou encore un fond ou un cadre aux couleurs ou motifs de votre choix. Les possibilités sont infinies.
Il existe de nombreux sites spécialisés qui vous proposent des modèles, des trames, des faire-part déjà créés où vous n’aurez plus qu’à placer texte et photos. Vous pouvez aussi dessiner vous même si vous vous sentez une âme d’artiste pour l’occasion ou demander une création unique à quelqu’un qui aurait ce talent.
Evidemment, avec une soeur graphiste, j’aurais tort de ne pas en profiter, elle trouve toujours la bonne idée et j’ai toujours beaucoup apprécié ses créations simples et natures. Le prénom de notre petit l’a de suite inspirée, une phrase est née et avec elle une image. Et si vous ne connaissez pas encore le prénom de Caillou, vous allez bien vite comprendre. Ce prénom est fort par sa symbolique et doux par sa sonorité. Le contraste avec lequel ma soeur a joué nous a donc complètement séduits. Et il se trouve qu’en plus, le caractère de notre bête est tout à fait en accord avec cette illustration ! (pour le moment en tout cas car c’est bien connu, en chaque agneau sommeille un loup héhé).

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Le texte
Là encore, il existe un nombre infini de manières d’annoncer la naissance. Le prénom et la date de naissance sont en principe inévitables. Ensuite, on peut ajouter d’autres informations poids, taille, …. Sur le net, on trouve de multiples modèles au besoin, l’annonce faite par les parents à la première personne, l’annonce faite par les parents à la troisième personne, l’annonce faite par l’enfant lui même, l’annonce faite par les frères et soeurs, l’annonce poétique, l’annonce ultra poétique voire gnangan (mais on fait bien ce qui nous plaît et s’il y a un moment où on peut user de ce côté gnangnan c’est bien là), l’annonce sans détours, l’annonce humoristique, … On peut colorer le texte pour l’assortir au reste du faire-part, jouer sur la police, la taille, …
En ce qui nous concerne, comme pour le reste, nous avons fait dans la simplicité : Paparaignée, Mamaraignée et Marmouset sont heureux de vous annoncer la naissance de Caillou le 30 novembre 2015. On ne pouvait pas faire beaucoup plus simple.

Les photos
La photo n’est pas obligatoire mais est très souvent présente.
En général, la famille en particulier apprécie d’avoir la petite photo qui va bien ! C’est l’occasion d’avoir une photo imprimée de la petite merveille (parce qu’à l’ère du numérique, on a de moins en moins d’albums réels, tout est informatisé), ça fait plaisir aux mamies et aux papis qui vont pouvoir l’exposer fièrement sur le buffet du salon, ça fait plaisir aux autres membres de la famille qui attendaient la première photo officielle (telle l’annonce royale 😉 ), ça permet aux amis de distinguer et comparer d’un coup d’oeil les différents bébés de l’année affichés sur le frigo ou rangés dans une boîte (ben oui on aime bien s’émerveiller, comparer, gagater, et peut-être parfois critiquer gentiment, ouh les vilains 😉 ), … Bref la photo, on aime bien !

Pour les parents, c’est l’occasion de jouer les photographes ou carrément les metteurs en scène en préparant la plus belle des poses ou en repérant la plus belle des frimousses. Il est souvent assez facile de trouver une jolie photo car à notre époque, les « clics » des appareils photos et des téléphones portables pleuvent sur le bébé dès la naissance, il y a forcément un cliché qui sera le bon. C’est même parfois difficile de se décider finalement tellement on a le choix.
Mais ça peut être aussi l’occasion de se faire plaisir avec une séance photo professionnelle. C’est ce que nous avons fait pour Caillou et nous en sommes ravis. Nous avons donc pu piocher sans difficulté dans les magnifiques photos de cette séance dont je vous parle plus en détails ici.

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Merci à Carole J. Photographie

Quand enfin, le faire-part est terminé, quand on a enfin reçu les tirages commandés, quand toutes les enveloppes sont cachetées, libellées oblitérées, il n’y a plus qu’une chose à faire.

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Et c’est là que le stress monte d’un cran, on espère n’avoir oublié personne, ne pas avoir fait de fautes d’orthographe dans les textes de remerciements, ne pas s’être trompé dans une adresse, on espère que tout le monde appréciera car on a mis tout son coeur à l’ouvrage et on se dit qu’une page se tourne car un, deux ou trois mois se sont déjà écoulés, …

 

Et chez vous, faire-part ou pas ? Véritable casse-tête ou comme une évidence ? N’hésitez pas à venir raconter votre expérience et vos astuces ou recommandations éventuelles en commentaire de l’article.

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L’accouchement rêvé (ou presque) – partie 2

Voici enfin la suite de l’article concernant l’arrivée de Caillou.
Ici, on quitte le ton humoristique d’une première partie parfois quelque peu effrayante pour entrer dans un article plus « sérieux » ou plus « utile » je l’espère 🙂 .

Mettre toutes les chances de son côté ou l’accouchement numéro 2

Loin de moi l’idée de vous donner les clés d’un accouchement idyllique. Parce que vous pensez bien que s’il y avait une recette infaillible, ben ça se saurait et si je l’avais trouvée, j’aurais vendu le concept et je me serais fait des c* en or un utérus en diamant. Enfin tout ça pour dire que je ne vais peut être pas vous révéler le scoop du siècle mais, je l’espère, vous donner, au mieux, quelques astuces pour vous rendre un accouchement plus facile et agréable, au pire, une tranche de vie qui ne pourra que vous rendre moins anxieuse pour le jour J et ça c’est déjà le début de la réussite.

Car non, malgré la lecture du précédent chapitre, accoucher n’est pas obligatoirement synonyme de « faire le Vietnam », enfin pas toujours 😉

A l’heure où j’écris, je ne crois pas que des photos appuieront mon récit, oui parce que je suis ultra connectée et un tantinet geek mais quand même, je n’ai pas twitté mon accouchement en direct ni pris des photos de l’instant T, j’avais autre chose à faire n’est-ce pas, encore que ça s’est tellement bien passé que j’aurais eu le temps de prendre 10 000 poses devant l’objectif sans problème et j’aurais peut-être pu faire le buzz ! Mais pas sûre que ce soit dans un sens positif.
Donc préparez-vous juste à lire (beaucoup, encore).

Allez peut-être une petite photo de Caillou à la fin si vous êtes sages.

Un accouchement serein, pourquoi c’est important ?

Tout simplement parce que quand tout se passe plutôt bien au moment de « l’expulsion », tout ce qui suivra se passera plutôt bien aussi. La sérénité amène la sérénité. Un accouchement serein, ça conduit à un après accouchement serein, un séjour à la maternité serein, un bébé serein et donc des parents sereins. Une maman moins fatiguée et plus à l’aise dans son rôle, un papa moins anxieux et plus à l’aise dans son rôle, un bébé plus confiant et plus calme (Quoi qu’ici on ne sait faire que des agités, c’est comme ça, on n’a pas encore trouvé le moule pour l’enfant ultra calme dont certains ont peut-être un exemplaire chez eux, quelle chance ! Contactez-moi en MP 😉 ).
Bref, un accouchement qui se passe bien, c’est forcément du positif pour après.
Alors oui, vous allez me dire, on ne choisit pas, il peut y avoir des aléas, des complications, … certes, mais vous verrez que beaucoup de ces complications pourraient être évitées et que pour celles qui ne le seraient pas, si tout a été fait avant et pendant l’accouchement pour qu’on soit le mieux possible, alors on s’en relèvera bien plus facilement et on sera psychologiquement d’attaque pour notre nouvelle vie de maman et ça, ça change tout !

Un accouchement serein en 10 points
Voici donc en 10 points, comment j’ai pu avoir, à mon sens, un deuxième accouchement de rêve ou presque.

1-Une confiance en soi et en son bébé
C’est peut-être le maître mot pour un premier pas vers un accouchement réussi : la confiance.

La confiance en soi. Se dire que l’on n’est pas plus bête qu’une autre, qu’aucune maman dans le monde n’a un jour gardé son bébé dans son ventre plus que le temps imparti 😉 (cela dit, je serais peut-être pas contre l’idée si ça lui permet de sortir propre, faisant ses nuits, et sachant parler 😉 ) et que tout le monde y arrive. Se dire qu’un accouchement, ce n’est pas anodin mais qu’à priori c’est naturel. On peut avoir besoin d’un petit coup de pouce mais celle qui accouche, c’est vous, ce n’est pas la sage-femme, alors faites vous confiance, s’il y a un truc qui ne va pas, si vous voulez faire ou ne pas faire telle ou telle chose le jour J, vous le saurez.

La confiance en son bébé. Il a su entrer, il saura sortir comme dirait l’autre. Il va vous aider, les bébés déjà in utéro sont extrêmement intelligents, ils ressentent les choses et comprennent plus qu’on ne le croit. Parlez-lui, rassurez-le, aidez-le, il vous aidera.

Pour gagner en confiance, vos croyances, quelles qu’elles soient peuvent vous aider, un dieu, plusieurs, la nature, l’Homme ou le monde des bisounours, tout fonctionne du moment que cela vous aide à avoir confiance. Pour ma part j’ai entrepris la confection d’une Bai jia bei, une croyance qui ne fait pas partie de mes origines à la base mais qui m’a tout de suite touchée et qui m’a énormément aidée à avoir confiance, à m’entourer d’ondes positives, à m’occuper l’esprit et à me concentrer sur l’instant T d’un point de vue affectif plus que d’un point de vue technique. Si ça vous intéresse, j’en dis plus dans une série d’articles dont le premier est celui-ci.

2-Un bon suivi
Pour avoir confiance, il faut aussi que l’on nous aide un peu à avoir confiance et ça passe par un bon encadrement tout au long des 9 mois de grossesse. Chaque mois, vous avez en principe un rendez-vous consultation et trois fois durant la grossesse, des échographies. Alors peu importe avec qui vous faites vos consultations, votre médecin, un gynécologue, une sage-femme, le Père-Noël … faites-le avec une personne en qui vous avez confiance (oui donc pas le Père-Noël, en vrai il apporte même pas les cadeaux 😉 ). Sauf grossesse pathologique nécessitant un suivi hospitalier, vous n’êtes pas obligée d’être suivie  à la maternité, surtout si celle-ci est gigantesque, intercommunale et que donc c’est un peu l’usine, que l’on va attendre parfois des heures pour un rendez-vous de quelques secondes pas toujours avec la même personne. Souvent d’ailleurs, ce type de maternité préfèrera que le suivi soit fait à l’extérieur et le dira elle-même car elles sont submergées de demandes. Vous devrez tout de même en principe vous y rendre pour l’inscription, le rendez-vous avec l’anesthésiste au préalable, et un éventuel rendez-vous bilan en fin de grossesse.

Pour Caillou comme pour Marmouset, j’ai été suivie dans un cabinet privé de sages-femmes. Le suivi est personnalisé avec toujours la même personne, qui nous connaît parfois d’avant la grossesse, à qui l’on va pouvoir tout dire, tout demander, poser toutes nos questions même si elles nous semblent bêtes, que l’on pourra appeler en cas d’inquiétude, qui va nous aiguiller pour le jour J et nous rassurer au fil des mois.

3-Une bonne préparation à l’accouchement mais aussi à la parentalité
Un accouchement, même si c’est « la nature », si des milliards de femmes sont passées et passeront par là, ça n’est pas anodin et il n’y a aucune raison d’être obligée d’enfanter dans la douleur, ni physique, ni psychologique. Alors il est bon de se préparer.

Peu importe la préparation : classique, piscine, sophrologie, haptonomie, chant prénatal, …, c’est un point à ne pas négliger. Pour moi, il n’y a pas une préparation meilleure qu’une autre, celle qui sera la bonne est celle qui vous conviendra, celle que vous aurez choisie. La préparation est importante d’un point de vue technique, pour savoir comment agir à l’instant T, comprendre ce qui se passe, ne pas se retrouver en dehors de son accouchement, parce que l’information que l’on reçoit durant les séances de préparation reste le meilleur moyen de vivre un accouchement serein. Mais je pense qu’elle l’est aussi d’un point de vue plus psychologique, plus émotionnel. La préparation permet de se détendre, de passer un bon moment, de rencontrer d’autres parents et d’échanger avec eux, d’évacuer les tensions éventuelles, les peurs, les doutes, de se rassurer, d’avoir un temps pour soi, soi et son conjoint, ou soi et son bébé.

La préparation psychologique
A mon sens, on ne met pas assez l’accent dans notre société sur les bouleversements engendrés par la grossesse et l’arrivée d’un enfant dans un foyer. Physiquement, on peut se remettre rapidement d’un accouchement même difficile car on est accompagné de ce point de vue là mais psychologiquement, ce n’est pas le cas. Et ça mène parfois à des comportements qui peuvent être dangereux pour la maman comme pour le bébé, à de la dépression, à un mal-être, …

Il n’y a pas lieu de culpabiliser de ne pas se sentir bien après l’accouchement, c’est complètement normal et il y a une explication scientifique toute simple (tout de suite dévoilé dans la minute Michel Cymes de l’article 😉 ). Après un accouchement, il y a une grosse retombée d’hormones qui amène l’inconscient à faire ressurgir des possibles plaies non soignées que l’on n’imaginerait pas parce que bien souvent, on les a enfouies, parce qu’elles peuvent dater de l’enfance et qu’on les a oubliées, parce qu’elles peuvent dater d’avant même notre naissance et que nous n’en avons même pas conscience. C’est ce qui est appelé le baby blues et ça ne dure pas bien longtemps, quelques jours. Sauf que lorsque les plaies sont trop importantes, cela va s’éterniser, on va se sentir triste, on va ressentir des choses désagréables, se sentir dépassée, se sentir malheureuse, absolument pas épanouie, on ne va pas prendre de réel plaisir avec notre enfant,… Le baby blues va se transformer en dépression du post partum. Si on tente de refouler cet état, même si on y arrive et qu’on pense le dépasser par moment, ça finira par ressurgir, parfois en pire, parfois très longtemps après. C’est d’ailleurs pour cela que l’on voit beaucoup de dépressions du post partum arriver de nombreux mois après l’accouchement devant l’incompréhension de l’entourage qui pensait que tout allait bien puisque bébé est installé depuis un moment.
Alors, oui, il ne faut pas hésiter à se faire aider très vite avant que cela ne tourne au drame. Au mieux, on vous dira que ce n’est rien, un baby blues qui s’est un tout petit petit peu éternisé et on va vous aider à l’affronter très rapidement. Au pire, on décèlera des blessures plus profondes mais vous ne serez plus seule et on vous apprendra à les comprendre, à les traduire pour qu’elles ne soient pas/plus un obstacle à votre parentalité.

Ce qui peut être bien aussi si vous en ressentez le besoin, c’est de consulter en amont. C’est ce que j’avais fait pour Marmouset. A la suite de plusieurs fausses couches, j’ai trouvé une psychologue formidable qui s’occupe beaucoup des femmes enceintes et des mamans et le travail que j’ai pu faire avec elle m’amène aujourd’hui à penser qu’au fond, mes fausses couches sont peut-être arrivées pour me faire prendre conscience qu’il y avait des choses à régler avant d’être mère et que je n’aurais sûrement pas pu l’être sans ça. Par ailleurs, le fait de l’avoir rencontrée m’a permis également, après la naissance d’avoir cet accompagnement à la parentalité qui me semble aujourd’hui plus que nécessaire et qui devrait, j’en suis de plus en plus convaincue, être proposé à toutes et tous (oui pour les conjoints aussi car il leur est parfois difficile de comprendre ce que vit la maman et même si le bouleversement n’est pas hormonal à leur niveau, il peut être bel et bien là quand même). Certains cabinets de sage-femme commencent à le proposer, des semblants de structures d’aide tentent de voir le jour mais encore trop peu ou de manière trop floue. Et c’est pourtant primordial d’avoir quelqu’un avec qui parler des difficultés rencontrées, de la culpabilité qu’on peut ressentir de ne pas se sentir pleinement épanouie tout de suite, … toutes ces choses malheureusement encore tabou qui ne devraient pas l’être !

Malgré ce suivi anticipé, le baby blues s’est fortement installé après l’arrivée de Marmouset. Des petits détails (accouchement difficile, fatigue, coliques, isolement, …) que l’on croit pouvoir surmonter sans souci car « on voulait tellement cet enfant que l’on pense ne pas être en droit de nous plaindre » mais qui lorsqu’ils s’accumulent deviennent pesants et douloureux.  Mais ce baby blues n’a pas été jusqu’à une véritable dépression du post partum, il a pu être contré et j’ai tenu bon, en grande partie je le pense grâce à ce suivi.
Pour Caillou, un accouchement « facile », moins de fatigue et de fait même pas l’ombre d’un baby blues !

La préparation physique
Revenons à la préparation physique après ce point qui me semblait extrêmement important au vue du nombre de fait divers mettant en avant des femmes commettant parfois l’irréparable.
Pour mon premier accouchement, en plus de la préparation classique qui te raconte tout ce qui se passe quand le bébé sort genre « cours d’accouchement au collège » en un peu plus détaillé quand même, j’ai testé la sophrologie. La sophrologie enseigne des techniques de respiration et de détente musculaire. Je n’ai malheureusement pas pu vraiment les mettre en pratique au vue de la rapidité des faits.

Pour Caillou, j’ai voulu tester une méthode permettant d’agir en profondeur avant même l’accouchement : l’haptonomie.
L’haptonomie amène à se centrer sur son bébé, à rentrer en communication avec lui très tôt, et permet d’agir déjà en amont du jour J par le toucher. Cette préparation me semblait intéressante pour 3 raisons :
– Elle implique davantage le conjoint puisqu’il doit assister à toute les séances. Lui qui ne peut pas ressentir les choses comme nous puisqu’il ne porte pas le bébé, peut néanmoins déjà créer un lien très fort avec son enfant.
– Elle permet d’entretenir une relation particulière avec son bébé avant même la naissance et donc de faciliter la communication après la naissance.
– Le suivi continue après la naissance et cela constitue donc une aide à la parentalité.

Pour tout avouer, au début, la première séance, peut-être même les suivantes, j’ai trouvé cela « étrange », j’avais du mal à ressentir et à agir comme me le disait l’haptonome, peut-être aussi du fait d’avoir déjà une expérience de grossesse. J’avais senti Caillou bouger très tôt comme Marmouset mais pour moi « sentir bouger » voulait dire que le bébé donnait des coups suffisamment importants pour que je les ressente. En haptonomie, on apprend à sentir les déplacements doux, pas besoin de titiller fortement son enfant ou de l’enquiquiner pour le ressentir, et s’il met des coups de pied, on apprend justement à lui répondre et à lui montrer qu’on peut jouer avec lui en douceur. Paparaignée y arrivait mieux, puisqu’il n’avait pas d’autre ressenti antérieur (moi un coup de pied me rassurait toujours plus), du coup c’est lui qui agissait le mieux sur le bébé. Par exemple, pour moi qui porte les bébés très bas et très en avant, il pouvait ainsi replacer Caillou plus dans le fond pour me soulager, l’emmener là où je voulais s’il me faisait mal et jouer avec lui ou le bercer en l’emmenant d’un côté ou de l’autre du ventre 🙂 Magique !
J’ai pu moi aussi progressivement y arriver mais j’ai surtout senti les bienfaits directs le jour de l’accouchement où le fait de pouvoir faire déplacer Caillou comme je voulais m’a permis de gérer les contractions sans problème et sans douleur en amenant Caillou dans le fond, vers le dos pour me soulager puis progressivement le faire descendre vers la sortie.

De manière indirecte, ces séances ont été bénéfiques parce que j’ai été massée, manipulée, on s’est occupé de moi, c’est un temps agréable où l’on ne pense à rien, un moment avec le papa et le bébé, rien que pour nous trois.

L’haptonomie permettrait également de mieux répondre aux besoins du bébé après la naissance et d’être mieux à même de le comprendre ou du moins de le soulager juste par le contact avec nous (j’écris au conditionnel, car pour Caillou, ça semble vrai mais c’est à mon sens aussi le fait d’avoir eu une première expérience). Et apparemment les bébés ayant vécu cette préparation auraient 2 mois d’avance d’un point de vue moteur du fait d’avoir été en interaction physique avec leurs parents avant même la naissance. J’avoue que sur ce plan là, Caillou est extrêmement tonique, trop peut-être, il arrive déjà presque à se retourner, tenait sa tête de longues minutes très tôt, … le kiné m’a dit lui-même sans que je ne demande rien qu’il était bien en avance de ce point de vue. Nous verrons, ce n’était pas du tout le but ultime pour ma part, je n’en avais même pas connaissance.

Pour terminer sur ce point, il faut savoir qu’il y a aussi des séances après l’accouchement, très intéressantes où l’on apprend des petits jeux avec bébé, des positions, à ne pas tenir sa tête (car non contrairement à ce que beaucoup pensent, on ne tient pas la tête d’un bébé, il sait le faire si on le porte correctement, d’ailleurs du temps de nos parents, personne ne leur parlait de tenir la tête je crois, je ne sais pas d’où ça vient)  et où l’on peut parler d’éventuels soucis, …

4-Une bonne équipe médicale le jour J.
Une bonne équipe médicale ça ne veut pas dire une équipe qui fait tout et vous qui ne faites rien que vous laisser faire, surtout pas !  Ce serait même plutôt presque l’inverse. Une équipe qui vous laisse faire et qui vous suit, qui vous soutient, qui respecte vos choix et qui n’est là que pour vous rassurer et vous accompagner car vous pourriez presque accoucher seule finalement.
Bref une sage-femme qui s’efface pour vous laisser actrice de votre accouchement !

Alors me direz-vous, on ne choisit pas. Certes, on ne choisit pas, mais on peut pousser un peu le destin de deux manières :

– Préparer ce qu’on appelle un projet de naissance.
Un projet de naissance, c’est le fait de mettre par écrit la manière dont vous voyez votre accouchement, vos souhaits pour mettre au monde votre bébé. Cela va vous permettre pour vous même dans un premier temps de poser les choses, de vous sentir suffisamment informée pour comprendre tout ce qui va se passer le jour de l’accouchement, notamment les termes médicaux que vous allez peut-être entendre mais surtout ça permettra à l’équipe médicale qui vous accueillera de tout de suite connaître vos conditions pour un accouchement qui soit en accord avec vos désirs et vos besoins dans la mesure du possible.
Dans le projet de naissance, on peut aborder aussi bien des points concernant le travail, que l’allaitement, que le séjour à la maternité, … Voici un lien qui vous permettra si ce n’est de le rédiger, de faire un état des lieux de vos désirs, peut-être même de découvrir des choses auxquelles vous n’auriez peut-être pas pensé (vous y trouverez aussi des exemples de projets de naissance déjà rédigés) : Le projet de naissance
Pour ma part, je ne l’ai pas fait pour Marmouset et je l’ai regretté, je pensais que tout était bien clair dans ma tête sauf que quand l’accouchement se fait dans l’urgence ou est difficile, on n’a plus le temps de dire quoi que ce soit à la sage-femme, la fatigue prend le dessus sur les besoins et les désirs et on risque d’oublier un tas de choses auxquelles on tenait. Par ailleurs le fait d’avoir un écrit permet de se sentir suffisamment légitime et forte pour faire des demandes à l’équipe médicale, par exemple qu’on vous prenne votre enfant la nuit parce que vous n’en pouvez plus et que vous avez besoin de repos.

– Proposer à l’instant T, vos méthodes sans les imposer.
Certaines sages-femmes sont ancrées dans leurs habitudes et ne vont pas penser à vous demander si vous voulez faire autrement : une autre position, un coussin de grossesse, un ballon, une méthode de poussée autre que « à l’ancienne ». On peut réussir à obtenir ce que l’on veut ou même à faire changer d’avis l’équipe médicale sur l’image parfois unique qu’ils ont de l’accouchement en demandant les choses avec précaution. « Est-ce que je peux faire ainsi car c’est comme ça que j’ai appris et si ça ne marche pas je ferai comme vous dites ? » Et ça passe en général beaucoup mieux.
C’est ce que j’ai fait pour Caillou. Il faut dire que j’ai eu la chance d’avoir une sage-femme qui m’a laissé au maximum le champ libre, qui a pris soin de m’expliquer tous ses faits et gestes, une sage-femme tournée vers ses patientes, il a donc été plus facile pour moi d’oser exprimer mes attentes et mes désirs.

Alors c’est vrai il peut y avoir des tas de raisons qui font que ça ne se passe pas aussi bien qu’on le souhaiterait : je suis bien placée pour le savoir. Une détresse respiratoire du nourrisson, un césarienne en urgence, une épisiotomie alors qu’on ne l’aurait pas souhaité, une complication quelconque, on n’est pas maître de tout mais on peut être maître d’une grande partie des choses et il faut le savoir et se le permettre. Je le dis et je le redis, c’est VOTRE accouchement.

5-Une position physiologique et une technique de poussée efficace

– La position
Une position physiologique, c’est quoi ça ?

Et bien c’est une position qui fait que le bébé va pouvoir descendre sans effort et sortir sans encombre, sans nécessité l’intervention d’outils ou d’une césarienne, sans même que vous poussiez. Si, si c’est possible, c’est même comme ça qu’on devrait accoucher en principe.
La France est encore un des rares pays où l’on accouche en position gynécologique sous prétexte qu’on a toujours fait comme ça et que bon, les bébés ont toujours finit par sortir hein ? Et bien peut-être mais ce n’est pas sans conséquence ! Le pire est que l’on apprend aujourd’hui aux sages-femmes à faire accoucher autrement, dans les positions dites physiologiques, en théorie, et pourtant dans la pratique, les mauvaises postures perdurent. Parce que lorsque les nouvelles sages-femmes arrivent, les anciennes leur enseignent comme elles ont toujours fait, les nouvelles prennent le pli et ainsi de suite.
Pour mieux vous expliquer, je vais essayer de me remémorer ce que j’ai appris pendant la préparation (d’où son importance). La position gynécologique a été mise en place il y a longtemps car on pensait que le bassin n’était pas mobile donc que de toute manière on ne pouvait pas trouver une position permettant de l’ouvrir au mieux. Avec l’avancée de la médecine, on a découvert (et c’est finalement assez récent) que le bassin était mobile et qu’on pouvait donc favoriser le passage du bébé.
Voilà pourquoi la position gynécologique est aujourd’hui une aberration. Lorsque l’on est allongée sur le dos, jambes surélevées, genoux vers l’extérieur, le bassin se ferme.
Si on est à quatre pattes, accroupie ou sur le côté, le bassin s’ouvre.
Ces positions permettent d’ouvrir le chemin et d’éviter au maximum un recours aux instruments, une césarienne en urgence et même un cordon autour du cou (ou du moins un cordon qui amène une baisse du rythme cardiaque et une intervention en urgence car le cordon autour du cou est somme toute assez banal).
Vous pouvez préciser dans votre projet de naissance que vous souhaitez accoucher ainsi ou en parler à l’arrivée à la maternité. Ma sage-femme m’a proposé elle-même de me mettre sur le côté pour favoriser la descente. Elle ne m’a replacée sur le dos que lorsqu’elle voyait la tête de bébé et qu’il n’y avait plus grand chose à faire. J’ai beaucoup apprécié ce moment parce que la position physiologique, en plus de permettre un meilleur passage et de diminuer les interventions, permet également de diminuer la douleur, le temps de travail, de mieux ressentir les choses et donc de se sentir beaucoup plus actrice de son accouchement.
La sage-femme peut refuser de vous faire accoucher autrement que sur le dos, c’est d’ailleurs parfois mieux car si elle n’a jamais pratiquée la position physiologique, elle peut ne pas être à l’aise par exemple en cas d’épisiotomie à réaliser car l’angle de vue est différent. Mais dans ce cas, rien ne vous empêche de vous placer en position physiologique jusqu’au moment de l’expulsion. Et sur le dos, il y a tout de même une manière d’ouvrir au mieux le passage, être légèrement surélevée au niveau du bassin avec un petit coussin et placer ses jambes de manière à ce que les genoux soient tournés vers l’intérieur (un peu rentrés en fait).

– La poussée
Une poussée efficace, c’est une poussée qui ne crée pas de dommages physiques. Pousser en bloquant sa respiration et en plaquant son menton contre sa poitrine comme on le voit à la télévision et comme on nous le dit à la maternité n’est pas une technique efficace. Lorsque l’on fait ça, on ne pousse pas juste son bébé mais aussi tout l’utérus et les autres organes en pâtissent. Et si on a plusieurs enfants, on va donc malmener nos organes plusieurs fois. C’est la raison principale pour laquelle de nombreuses femmes, arrivées un certain âge ont des soucis de fuite urinaire et de descente d’organes !
Pour faire sortir bébé, il n’y a nullement besoin de pousser en fin de compte. La position physiologique active la descente et aide à la sortie. Il suffit ensuite de prendre une grande inspiration puis d’expirer en soufflant lentement, en gardant la tête dans l’axe de la colonne vertébrale (pas de menton poitrine), en rentrant le ventre le plus possible et dans un même temps en tirant sur les  jambes et les bras (c’est là que le conjoint est utile, pour étirer les bras, si on est sur le dos ou le côté, on peut utiliser son bras à lui comme appui). Là encore, proposer votre technique à la sage-femme sans imposer et il n’y a pas de raison qu’elle refuse.

Lorsque la sage-femme m’a demandé si on m’avait appris la technique de poussée, j’ai expliqué que je la connaissais mais qu’au cabinet où j’étais suivie, on m’avait enseigné autrement. Elle m’a demandé de lui expliquer, elle ne semblait pas très convaincue mais je lui ai dit que si ça ne fonctionnerait pas je suivrais la méthode classique. Elle a accepté, le fait que je paraisse sereine et sûre de ma décision a sans doute aussi joué. J’ai essayé ma méthode, elle m’a dit que c’était bien mais qu’on allait essayer la sienne pour voir, quelques secondes plus tard elle me disait de reprendre comme avant car elle ne pouvait que constater que ce qu’on m’avait appris fonctionnait nettement mieux 🙂

6-Une péridurale qui fonctionne
Ben oui quand même, ça peut être utile hein.
Bien sûr, on peut se dire qu’on ne la souhaite pas mais entre ce que l’on pensait faire et ce que l’on va faire en réalité, il y a parfois une différence (Rappelez-vous : Moi la tétine jamais ! … Troisième jour à la maternité : va m’acheter une p***** de tétinnnnnne ! 😉 ).
Bref, on ne sait jamais comment ça va se passer, car il y a la force de conviction mais il y a aussi la force de la douleur. Certaines la veulent et ne le prendront pas, certaines ne la veulent pas et la prendront, certaines la veulent sans attendre, d’autres veulent garder le contrôle dessus, d’autres encore la veulent au dernier moment, …
Personnellement, je conseillerais la prudence. Si on doute, il vaut mieux dire qu’on souhaite la péridurale pour avoir le rendez-vous anesthésiste en amont et que tout soit prêt au cas où.

D’ailleurs, on ne nous le dit pas (enfin moi on ne me l’a pas dit en tout cas) mais Paparaignée m’a suggéré cette magnifique idée le jour J : demander la pose de la péridurale mais sans injection de produit.

Plusieurs avantages.

D’abord, si vous attendez de ne plus pouvoir gérer la douleur pour demander la péridurale, vous risquez de « douiller » pendant quelques temps encore car la pose peut prendre 15 bonnes minutes (et 15 minutes de douleur, c’est long) et le produit met en principe 15 à 30 minutes à agir, c’est donc souffrir pour rien. Elle sera aussi plus difficile à poser et peut-être plus douloureuse car vous serez tendue et il faut attendre d’être entre deux contractions et ne pas bouger pendant la pose. (Et non en principe, une péridurale, ça ne doit pas faire mal, personnellement, je n’ai quasiment rien senti)

Ensuite si vous attendez le dernier moment et qu’il y a un imprévu nécessitant de sortir le bébé en urgence ou que l’anesthésiste est pris car trois femmes enceintes ont eu la bonne idée d’arriver au même moment, vous risquez là encore de souffrir plus longtemps ou pire, de ne pas avoir le temps de la recevoir avant « l’expulsion ».

Enfin, c’est aussi un bon compromis si vous n’êtes pas certaine de vouloir la péridurale. On n’est pas forcée d’être décidée à l’avance après tout. Car accoucher sans péridurale quand tout se passe bien, pourquoi pas, si vraiment ça nous tient à coeur mais si on doit en urgence avoir une épisiotomie et des forceps (au hasard hein 😉 ), là, la péridurale même si on s’était dit que peut-être on accoucherait sans, en un quart de seconde on risque de regretter d’avoir voulu jouer les warriors (on aura plein d’autres occasions après, quand il faudra nettoyer du vomi toute une nuit en période de gastro, là c’est bon, on l’aura notre diplôme de Wonder Woman, il ne faut pas s’inquiéter pour ça !).

J’ai donc pris cette option et quand j’ai senti vers la fin que j’avais plus de mal à gérer, j’ai pu avoir une injection de produit tout de suite.

7-La présence d’un conjoint ou d’un proche le jour J
Cette personne doit avoir plusieurs qualités.
– D’abord, elle doit beaucoup vous aimer car il est possible que vous lui fassiez subir le pire en passant par des états très différents. On ne sait jamais comment on va réagir dans la douleur, l’inquiétude ou l’attente qui peut être très longue.
– Ensuite (et la remarque précédente y amène logiquement) elle doit être patiente et capable de veiller longtemps (ou alors elle doit avoir bu beaucoup de café ou être atteinte du syndrome de celui qui ne dort jamais, au choix).
– Elle doit également savoir endurer les coups. Oui dans le moment fatidique, il est possible que vous deveniez une autre personne (rassurez votre conjoint, qu’il ne fuit pas, vous redeviendrez comme avant) ou que votre jumelle maléfique se pointe (si, si on en a toutes une, réfléchissez bien).
– Si cette personne pense avoir de l’humour ou un quelconque don de clown, dites lui que c’est le moment de s’en servir ! Elle peut jongler, faire le poirier, vous réciter des blagues de Toto, peu importe, tout les moyens seront bons ou presque pour vous distraire. Elle doit donc être inventive. On évitera tout de même les remarques lourdes et bas de plafond, la jumelle maléfique n’est jamais loin. Les blagues oui mais pas trop au moment des contractions quand même, rire ça empêche de gérer 😉 Donc en plus la personne doit repérer quand c’est le moment de vous faire rire, oui c’est dur le métier d’accompagnant à l’accouchement mais faudrait pas trop voir à ce qu’ils se plaignent non plus, ce ne sont tout de même pas eux qui accouchent.
– Enfin, cette personne doit savoir un peu mentir, histoire de vous faire croire que non elle n’a rien vu de ce qu’il y a du côté obscur (c’est à dire de l’autre côté du drap), que vous êtes toujours magnifique, que vous faites tout à merveille et que non vous ne lui faites pas mal avec vos ongles plantés dans son bras, …

Paparaignée ne s’est pas mal débrouillé sur tous ces points sauf peut-être sur la capacité à veiller durant le travail. C’est un de ces spécimens au sommeil profond avec en plus la faculté de s’endormir instantanément juste en fermant les yeux, j’ai donc dû le réveiller régulièrement pour qu’il m’apporte mes granules homéopathiques et qu’il se tienne au courant de l’avancée de la chose car ça aurait été dommage de rater l’évènement tant attendu tout de même 😉

8-Un coup de pouce de la part des médecines douces
– L’homéopathie
Ma sage-femme prescrit des packs homéopathiques pour l’accouchement. Si vous ne connaissez pas l’homéopathie, c’est un remède naturel dont je ne vous expliquerai pas ici les principaux fondements, wikipédia s’en chargera mieux que moi. Certains diront que c’est complètement placebo, personnellement, je côtoie cette médecine depuis mon enfance et je la trouve plutôt efficace, et quand bien même elle serait placebo, c’est aussi le cas de la médecine traditionnelle. Les médicaments ont toujours une part de placébo, on se sent souvent mieux dès lors qu’on a l’ordonnance de son médecin à la main non ? Alors si psychologiquement ça peut aider à se rassurer, je suis pour !
J’ai donc pris consciencieusement mes petites granules : celles du dernier mois pour favoriser la maturation du col, celles en partant à la maternité pour favoriser les conditions de travail, celles pendant le travail pour gérer la douleur, … au moins si ça ne m’a pas fait de bien, ça ne m’aura pas fait de mal (et au fond de moi, j’y croyais donc l’effet était déjà positif).

– L’ostéopathie
Une petite séance avant l’accouchement pour vérifier la mobilité du bassin peut être bénéfique. Par ailleurs, l’ostéopathe pourra aussi vous soulager en cas de mal de dos ou autre tout au long de la grossesse. Il ne faut pas craindre la manipulation sur femme enceinte, c’est tout à fait possible et l’ostéopathe prend bien entendu en compte votre état et les spécificités de votre grossesse s’il y en a.
J’ai la chance qu’un ostéopathe intervienne un jour par semaine dans mon cabinet de sage-femme et j’ai eu recours à ses services avant la naissance de Caillou pour une forte douleur au niveau du nerf sciatique. J’ai pu ainsi être soulagée provisoirement, avant une nouvelle manipulation plus efficace après l’accouchement, et m’éviter une douleur supplémentaire qui aurait pu m’empêcher d’être concentrée sur l’essentiel le jour J.
A noter qu’une séance pour bébé après la naissance est également une très bonne chose, que ce soit pour soulager un souci particulier (coliques, RGO, bébé qui tourne sa tête majoritairement d’un côté …), pour faire une vérification après un accouchement difficile ou ayant nécessité l’utilisation d’instruments ou simplement pour faire un check-up général.

– L’acupuncture
Une médecine alternative qui peut aider dans des situations très diverses : pour aider à faire descendre un bébé trop haut avant l’accouchement, pour aider à la maturation du col, pour faire disparaître les hémorroïdes (ben oui il faut bien parler des choses qui fâchent), … La sage-femme qui m’a suivie est également diplômée d’acupuncture (décidément, j’ai beaucoup de chance)  et cette médecine douce m’a été très précieuse lorsque j’attendais Marmouset. En effet, lors de ma première grossesse, j’ai dû être arrêtée très tôt parce que Marmouset était placé trop bas et un accouchement prématuré nous menaçait dès le quatrième mois. Avec une séance d’acupuncture tous les 10 jours environ, la sage-femme a pu le maintenir et même le faire remonter régulièrement ce qui m’a permis de mener la grossesse à terme sans même être alitée.

9-Une première expérience
Pour l’arrivée de Caillou, bizarrement, je n’avais pas peur. Pas peur d’avoir mal. Pas peur de ne pas y arriver, après tout, je ne suis pas la première ni la dernière. Pas peur de devoir faire une césarienne, une épisiotomie au autre au besoin. Je voulais juste que tout aille bien pour bébé. Pourtant, pour Marmouset, j’avais été loin de l’accouchement idyllique comme vous le savez. J’aurais pu avoir peur donc mais non, je me disais qu’au final j’avais survécu, que j’étais heureuse à présent et surtout que si mon premier accouchement avait été fort en intensité, il aura au moins eu le mérite d’être rapide. J’avais cet avantage de la première expérience, une expérience qui m’a beaucoup appris car justement elle n’avait pas été toute rose. J’avais mis du temps pour trouver la sérénité, plusieurs mois sans doute. Alors cette fois, j’avais résolu de ne pas me laisser avoir, de tout mettre en oeuvre pour que ce soit différent et de n’avoir aucun regret.

Alors là j’en conviens, si c’est votre premier, vous n’avez pas cet avantage. Mais vous pouvez lire des récits d’expériences comme le mien héhé 😉
Bon sinon, vous pouvez toujours regarder Baby boom aussi, personnellement, j’en ai usé et abusé mais ça m’a surtout permis d’extraire toute l’eau de mon corps en pleurant comme une madeleine (oui je suis sensible mais surtout j’étais enceinte 😉 ) et d’être un peu rassurée parce que même si je sais que tout n’est pas toujours tout rose, tout est bien qui finit bien à chaque fois dans cette émission.

10-Du repos au préalable et du lâcher prise ensuite
Le plus difficile pour moi, je suis hyper active, en deux mots hein. Ce n’est donc pas une pathologie, j’ai juste du mal à rester sans rien faire car de toute manière, j’ai toujours quelque chose à faire et je suis la reine des to do list. C’est vous dire, parfois je rajoute des trucs que j’ai fait dans la liste juste pour le plaisir de les cocher (oui bon, peut-être que ça fait un peu pathologique là en fait dit comme ça 😉 ). Ce que j’ai appris avec Marmouset, c’est que si on ne se repose pas avant, comme on ne va pas beaucoup se reposer après, le combo risque d’être terrible.
Non parce que moi je m’étais dit « trop bien, quand je serai en congé mater, je vais pouvoir faire tout ce que je n’ai jamais le temps de faire, de la couture, du bricolage, lire, … » mais bien sûr, et la marmotte elle met le chocolat dans le papier d’alu (comment ça cette pub va avoir 20 ans ? ). Déjà avec un bébé souriant et calme dont tu as l’image dans la tête avant d’avoir le tien, tu as peu de temps mais si en plus tu as la chance d’avoir signé pour un pack avec coliques ou RGO, tu n’auras même pas le temps de te pendre (mais tu en auras très envie).
Donc vraiment, dormez, dormez avant, et après dormez encore dès qu’il dort. Bon s’il ne dort pas, trouvez quelqu’un qui aille le balader pour vous reposer un peu de temps en temps, c’est primordial. En plus, les bébés sentent notre fatigue et notre stress et si ce n’est pas facile (et ça ne le sera pas), ça risque d’être pire sans repos. Oubliez le ménage, le rangement, les courses, les lessives, déléguez un maximum et remettez au lendemain (tous les jours 😉 ).

 

Et avec le recul ?
Si ces 10 points avaient été remplis ou presque, pour mon premier accouchement, il est fort à parier que d’abord, peut-être que je n’aurais pas eu les complications qui se sont déroulées mais surtout, malgré la difficulté, j’aurais compris ce qui se passait, je me serais remise plus facilement psychologiquement parlant.

Aujourd’hui, je suis heureuse.
Juste après ce deuxième accouchement, j’étais heureuse et presque reposée.
Je ne peux pas dire ça de mon premier malheureusement. J’étais heureuse et épuisée, heureuse et perdue, et finalement je n’étais plus heureuse. J’avais voulu mon Marmouset plus que tout et je l’avais crié haut et fort, s’ajoutait donc la culpabilité de ne pas me sentir épanouie dans mon métier de maman. J’étais heureuse qu’il soit là mais complètement dépassée et je ne sais pas comment je tenais encore debout parfois.

Ce deuxième accouchement, serein cette fois, m’a permis d’être plus à même de m’occuper de Caillou et de moi-même, d’être joyeuse, épanouie, heureuse d’être à la maison avec mon petit, de réussir à sortir, à voir du monde, de me sentir bien, fatiguée certes mais satisfaite. Note pour moi-même, finalement ne pas en vouloir aux copines qui disaient « tu verras c’est que du bonheur » car en fait oui ça peut l’être. Même si la période bébé, ce n’est toujours pas « mon truc », si je les préfère un peu plus grands, de l’âge de Marmouset, l’âge où je les sens plus indépendants (mais pas encore trop quand même), l’âge où ils absorbent tout, où ils sont passionnés par tout et où je peux commencer à jouer à la maîtresse avec eux ;), aujourd’hui, je peux dire qu’avec Caillou, j’apprends à apprécier une autre période de l’enfance, et que oui, ça passe bien trop vite là où avec Marmouset j’aurais aimé que ça passe bien plus vite.

 

Ah oui, sinon, il y a un onzième point, le point bonus mais là, il faut être douée hein, moi j’ai eu de la chance : accoucher à la Saint André. Oui car comme m’a dit ma maman : « A la saint André, il sort comme il est entré. » Merci maman 😉
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Les photos ont été réalisée par Carole J Photographe, merci à elle.
Caillou porte une salopette nuage de chez Lucien Zazou.

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L’accouchement rêvé (ou presque) – partie 1

Un moment qu’il fallait que je vous en parle.
Il y a deux mois, je vous annonçais l’arrivée de Caillou, la nouvelle petite araignée qui agrandissait la famille. Mais depuis, je n’avais pas encore pris le temps de vous raconter un peu sa naissance.
Loup-8jours-35-webN’ayez crainte, vous ne trouverez pas ici les détails techniques d’un accouchement. Ben non, je tiens à garder mes lecteurs quand même 😉 et je ne fais pas dans les écrits de guerre et journaux de bords de champs de bataille 😉 . Et puis bon, vous savez tous comment ça se passe ou presque de ce point de vue là, je ne suis pas une extraterrestre et Caillou n’est pas apparu dans un pet magique de poney arc-en-ciel (quoique, entre le ressenti et la réalité il n’y a qu’un pas), tout propre, tout peigné et tout lisse (oui je sens votre déception mais en fait j’ai fait comme tout le monde, si, si).
Dans cet article, qui risque fort d’être long (fuyez tant qu’il est encore temps), vous trouverez donc surtout des impressions, des détails qui m’ont marquée, les petits trucs et astuces qui nous ont permis d’accueillir Caillou sereinement et surtout la preuve que l’on peut vivre un accouchement et un séjour à la maternité agréables même quand la première fois a quasiment été à l’extrême inverse. Et ça c’est déjà pas mal hein ! 😉

De fait, dans un premier temps, il est nécessaire de passer par une autre étape de notre vie, l’arrivée de Marmouset, qui celle-ci ne s’est pas faite dans la douceur comme vous l’aurez compris. Alors me direz-vous, point d’accouchement ressenti comme absolument merveilleux sans un accouchement difficile avant ? Heureusement non, mais l’histoire d’un accouchement difficile peut permettre aux futurs parents de mieux se préparer et de dédramatiser un peu (et aux déjà parents de se remémorer quelques souvenirs et de relativiser !)

Enchaîner les problèmes  ou l’accouchement numéro 1
(si vous n’avez jamais accouché,  vous pouvez directement passer à l’accouchement numéro 2 qui se trouve dans l’article suivant mais je décline toute responsabilité de « non-préparation au pire » 😉 )
Le jour de l’arrivée de Marmouset, tout se passait bien. Je sentais le super accouchement venir parce que chez moi, apparemment, ça descend tout seul (si vous avez mis des heures et des heures à accoucher, ne me détestez pas tout de suite, j’ai eu mon lot d’autres joyeusetés en compensation). Pratique n’est-ce pas ? Enfin tout est relatif car ça descend bien trop tôt, dès le troisième mois mais ça, c’est une autre histoire. Tout allait bien donc, une jolie nuit de pleine lune, pas un chat une maman à la maternité sur le point d’accoucher mis à part moi, une sage-femme rassurante et même un petit tour dans la maxi baignoire de ouf pour se relaxer (comme celle que l’on voit à la télé dans Baby boom oui parce que ma maternité est passé dans Baby boom héhé). Sauf qu’à quelques minutes du moment fatidique, il s’est passé ça :
– double cordon autour du cou de Marmouset = baisse de son rythme cardiaque = intervention du médecin en urgence avec épisiotomie et forceps
+
– péridurale qui ne fonctionne pas ou pas au bon endroit (je ne sais toujours pas bien) = douleur ++++++  (ben oui forceps et épisio hein) = état second et impossibilité de sentir si je pousse ou pas et bien ou pas.
Bref, un accouchement rapide mais fait « à l’arrach » comme disent les jeunes (comment ça les jeunes disent plus ça ?) qui au final m’a apporté une extrême fatigue, un baby blues (peut-être même un peu plus que ça) et une impression de ne pas avoir réellement mis au monde Marmouset.
Je ne vous passe pas l’après « expulsion » (oui c’est ce doux mot qui est utilisé dans le corps médical, ça aide bien à la sérénité hein ? 😉 ), ce serait vous priver de quelques détails dignes d’un film mêlant l’horreur et le comique. Je devrais plutôt dire « extraction » d’ailleurs dans mon cas. L’après extraction donc, avec la sage-femme qui t’appuie sur le ventre car je cite « désolé Madame, tout n’est pas sorti » et par tout, elle désigne le placenta hein, le bébé lui était en un seul morceau ouf  (vision d’horreur)! Et le doux moment où tu te fais recoudre et où la péridurale ne s’est toujours pas décidée à fonctionner (comment ça j’avais dit pas de détails techniques type « champ de bataille » au début de l’article 😉 ) et où le médecin, au moment du passage de l’aiguille, quand tu serres un peu les dents et que ça se voit, te sort très sérieusement « Vous êtes un peu sensible de cet endroit là non ? ». Et là, pas encore sortie de ton état de quatrième dimension, secouée par ce que tu viens de vivre, la répartie te manque malheureusement mais tu aurais bien aimé lui dire que « Non, non, pas du tout », tous les jours tu te plantes des aiguilles dans le vagin et que tu veux bien partager ce moment de plénitude avec elle, histoire qu’elle saute de joie avec toi et que d’ailleurs, juste avant, c’est aussi par complaisance que tu criais quand elle a activé ses forceps.

Autant vous dire qu’après ça, le bonheur d’avoir son bébé sur son ventre et les pleurs de joies et d’émotions avec sa moitié, on peut s’asseoir dessus. Enfin si tu pleures hein, mais tu pleures parce que tu es perdue, que tu ne comprends pas bien ce qui s’est passé et que ça y est c’est bon tu as vu le bébé, on peut le remettre là où il était maintenant ?
Dans les films, les parents s’embrassent, regardent leur oeuvre avec béatitude et la maman dit au papa, « c’est le plus beau jour de ma vie ». Ben qu’est-ce que ça doit être les autres ?. Moi, bizarrement, ma première phrase au papa fut : « je suis désolée, je ne pourrai pas faire un deuxième ». Note pour moi-même : arrêtez de croire les films niaiseux et les mamans qui te disent, « tu verras c’est que du bonheur ».
Mais bon, comme vous le savez, j’ai fait un deuxième et j’en ai même parlé au papa quelques jours après l’accouchement de ce futur deuxième, il faut croire que le cerveau et le corps sont conditionnés pour oublier et ne garder que le positif (si si apparemment il y a eu du positif, là tout de suite en y repensant, je ne vois pas quoi mais il y en a eu, forcément 😉 ).

Bref, le premier accouchement, je peux le résumer ainsi : trop vite, trop violent, trop confus.

Et la pouasse amenant vraisemblablement la pouasse, ç’aurait été trop beau que cela s’arrête ainsi.
Ayant eu l’extrême privilège de connaître ce qu’on appelle un périnée complet (vous ne connaissez pas, ne comptez pas sur moi pour vous l’expliquer, google s’en fera une joie, on a dit pas de détails so glam 😉 ), j’ai eu un autre privilège, un séjour prolongé à la maternité avec un gros suivi. Un gros suivi, ça ne veut pas dire plus de repos. Parce que toi, tu crois que tu peux te reposer à la maternité, que c’est bon le plus dur est passé ! Mais non, il ne faudrait pas que le retour à la réalité soit trop doux non plus, hein. Alors on vient te voir tous les 5 minutes pour la pesée, la température de bébé, la tienne, la tension, le test machin chose pour bébé, la vérification de la cicatrisation, si tu saignes bien comme il faut (toi tu sais pas bien ce que ça veut dire mais eux visiblement ils ont une idée précise de la chose), si tu vas bien aux toilettes comme il faut, le positionnement au sein (qui change à chaque fois selon la personne qui te le montre), les soins au bébé, le bain, la photo de naissance, les papiers pour déclarer bébé, l’ordonnance pour le retour à la maison, … et j’en passe.
Et puis, si tu as encore plus de chance, voilà ce qui peut se passer.

  • On te dispute parce que tu n’as pas fini de manger quand on ramasse les plateaux (ben oui parce que ton bébé a voulu téter au même moment, c’est vrai quoi il peut pas se caler au bon moment ce fils indigne ! et puis faire ses nuit tant qu’on y est aussi !).
  • On te dit de te débrouiller quand tu demandes de l’aide pour changer bébé et que tu ne tiens pas debout parce que je cite encore « c’est comme ça qu’on apprend ».
  • On t’envoie te faire voir assez clairement lorsque tu rappelles que la sage-femme de jour a demandé que l’on te prenne un peu ton fils la nuit (parce qu’elle était inquiète de ton manque de repos).
  • On découvre le dernier jour où tu es là qu’en fait il y avait un souci d’aération dans ta chambre et que si tu n’arrivais pas à dormir, ce n’est pas parce que l’accouchement t’a transformé en chaudière, mais juste parce que l’on t’a offert le luxe de séjourner dans la chambre sauna (trop généreux, vraiment fallait pas).
  • Et enfin, on t’informe que la dernière pesée se fera la nuit, celle où tu pensais enfin dormir parce que la montée de lait est passée et que ta chambre dispose enfin de l’option aération mais que non à 2h du mat, tu devras déshabiller bébé complètement, le rhabiller (pour une fois qu’il dormait) et le faire téter pour qu’il se remette de ce réveil bien violent. Ben oui, parce que « vous allez sortir demain matin alors faut que tout soit réglé avant la sortie », d’ailleurs, finalement, tu sors seulement à midi passé car personne n’est prêt sauf toi (trop heureuse de partir).

A croire que dans ce moment d’égarement qu’est l’accouchement, le personnel nous fait jouer à la grande loterie de la maternité et que jackpot, j’ai tiré le pack spécial « VDM » 😉

Voilà, un accouchement, ça peut être ça et donc forcément à la maison après, le bonheur est loin d’être présent, la fatigue perdure et le baby blues s’invite plus longtemps que prévu. Mais rassurez-vous aujourd’hui, je le vois comme un scénario digne d’un bon film comique et j’en ris (presque, si, si, quoique parfois jaune 😉 )

Place à la bonne nouvelle, on peut vivre un accouchement DIFFERENT et heureusement. Si je vous ai parlé de ma première expérience, ce n’est pas pour vous effrayer (non non, je vous jure, revenez !) mais pour mieux vous montrer que oui il y a une solution pour ne pas vivre ça. Alors desserez les fesses, il va bien falloir qu’il sorte votre petit bout (comment ça c’est pas les fesses, ah ben tout s’explique alors 😉 ).

Cet accouchement rêvé, je vous en parle ici.

 

 

Le premier sapin

Comme tout le monde y va de son petit sapin, aujourd’hui, en ce beau jour de Noël, je vous dévoile le notre. Rien de transcendant hein, rien d’exceptionnel ou de très différent, juste notre sapin, notre premier ! Marmouset est maintenant assez grand pour le décorer alors on ne pouvait pas ne pas en faire un cette année. Enfin un vrai quoi ! Oui car l’année dernière, notre sapin se résumait à quelques branchages décorés, un sapin un peu particulier donc, très sommaire, symbolique, un brin design (ou pour faire genre). Cette année, on entre donc dans la tradition, la vraie mais pas question pour autant de se ruer dans les magasins de déco pour faire le plein de boules et de guirlandes, on n’est pas comme ça (et surtout on n’a pas eu le temps 😉 ), oui on est des fous nous !
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Bon pour tout vous avouer, Paparaignée, lui, vous dirait sûrement qu’il le préfèrerait « assorti », genre on choisi 2 couleurs et on s’y tient et on accorde tout bien comme il faut avec les petites figurines en bois aussi parce que c’est important, que ça lui rappelle son enfance et que c’est toujours comme ça, tout doit toujours être assorti, les chaises, la vaisselle alors le sapin aussi 🙂 Mais moi il me plaît bien ainsi notre sapin, un peu fait n’importe comment avec tout un mélange improbable, moi j’aime bien le « dépareillé ». Alors le reste du temps, je donne raison à Paparaignée, je me résous à avoir des chaises toutes les mêmes autour de la table, à acheter les assiettes creuses qui vont avec les plates qu’on a déjà mais là, pour le sapin, c’est éphémère, je peux bien me faire ce petit plaisir non ? 😉
Notre sapin mêle donc un tas de petites choses : l’étoile en tissu qui décorait l’ancien berceau de poupées de Marmouset, les petits sapins et la guirlande de chez Hema qui nous avaient plu l’année dernière (et qu’on aurait pu fabriquer nous-même en fait), les décos réalisées par Marmouset chez la nounou l’année dernière et cette année, le petit cheval offert avec des chocolats par une voisine, les décorations apportées par Tatieraignée et la boule Mickey (oui parce que Marmouset est hyper fan de la souris aux grosses oreilles),… Finalement, un sapin qui nous ressemble ou qui nous raconte un peu en somme !
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