Bols en porcelaine personnalisés

C’est les vacances, Marmouset est à la maison 24h sur 24, il faut donc l’occuper constamment ! Qui plus est, depuis que Marmouset a un petit frère, il joue un petit peu moins seul et demande un peu plus de présence de notre part. Ben voui, papa et maman s’occupent de Caillou alors il veut aussi sa part, et chaque seconde d’inattention (genre Paparaignée en train de mettre à jour je ne sais quoi sur ses innombrables consoles ou mamaraignée en train de terminer un article du blog discrètement sur son téléphone) est propice à la bêtise.
S’il est bien occupé, c’est un ange ! Mais à cet âge là, comme vous le savez, une activité dure en moyenne 10 minutes et encore je compte super large (ou si ce n’est pas le cas chez vous, je vous déteste 😉 quelle chance !). On a donc intérêt à en avoir une tripotée en stock !

Parmi les activités préférées de Marmouset, la peinture ! Celle-ci peut durer très longtemps et être un véritable carnage au passage. Il ne se passe pas une journée sans qu’il ne dégaine son tablier en criant « peinture », enfin, en criant un mot qui ressemble vaguement à peinture mais qui en a tout son sens.
Il se trouve que l’année dernière, à cette même époque de Noël, l’une de mes supers soeurs avait préparé une activité pour occuper tout le monde après le traditionnel repas familial : de la peinture sur porcelaine. Chacun avait un petit bol, un peu de peinture et pouvait peindre à sa guise dessus puis repartir ainsi avec sa petite oeuvre personnalisée à l’issue de la journée. Nous n’étions pas présent à ce repas car nous étions dans la famille de Paparaignée mais ma soeur avait pris soin de nous faire parvenir 4 bols et la peinture adéquate.
Je n’ai honteusement jamais pris le temps de m’yatteler bien que l’idée me plaisait. Finalement, grand bien m’en a pris puisqu’un an après, alors qu’il me faut désormais trouver une activité à la minute, celle-ci tombe à pic. Et en plus, Marmouset peut tenir un pinceau à présent ! J’ai donc ressorti les précieux bols et la peinture mis de côté et c’est parti. Deux bols pour Marmouset, un pour Paparaignée et un pour moi, toute la famille ou presque s’y est donc mise.IMG_0895


Marmouset sait utiliser un pinceau gribouiller comme un acharné avec un pinceau. J’ai donc décidé de lui présenter d’autres outils afin que ce soit moins catastrophique que prévu, enfin c’était l’idée en tout cas. Un coton-tige pour le premier bol, une petite éponge pour le deuxième. On varie les plaisirs et on teste la matière différemment. Ceux qui connaissent le métier, vous sentez l’instit en puissance là hein ? 😉
« Allez Marmouset, regarde, tu trempes le coton-tige, tu le lèves et hop tu le poses, et tu recommences, hop, hop  » (compétence : maîtriser le geste poser/lever, motricité fine, le point…) « et pour l’éponge tu tamponnes tu vois, hop, hop ». Et Marmouset de répéter « hop, hop » très consciencieusement  à chaque fois qu’il applique le coton-tige sur le bol sans réussir à faire le moindre point bien entendu. Appuyant trop fort et donc glissant sur la surface, il a surtout fait apparaître de magnifiques gribouillages (oui mais le geste est là hein et l’envie et le plaisir surtout).
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Le pire étant que ses bols sont bien plus beaux que les nôtres, on dirait que c’est fait exprès, le genre de truc qui se vend à prix d’or sur les marchés de créateurs. Si, si chaque pièce est unique Madame, fait à la main, chaque trait est pensé et ajusté, … Voilà, voilà.

Je ne vous passe pas la remarque magnifique de Paparaignée, super fier de lui à l’issue de sa création, parce que ce serait se priver d’un détail hautement essentiel : « Regarde sur mon bol, j’ai réussi quand même à placer les boutons de la manette de la Playstation ! »
Voilà voilà. On sent le geek en puissance (ou le gars complètement atteint qui a trop joué aux jeux vidéo 😉 ). Que répondre à cela…

IMG_0896Pour terminer, quelques informations essentielles cette fois. Si on déborde ou si on veut faire une petite modification, pas de souci, on frotte avec un essuie-tout ou chiffon humide et on recommence. Lorsque l’on est satisfait de son ouvrage, un petit tour dans le four, 35 minutes à 150° et le tout est fixé à jamais. On peut même les mettre au lave-vaisselle.IMG_0762

Sympa non ?

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DIY : fabriquer des boîtes d’imbucare

Dans cet article précédent, je vous parlais d’un matériel/jeu issu de la pédagogie Montessori et destiné à travailler, entre autre, la notion de permanence de l’objet chez bébé : les boîtes d’imbucare. Il est temps de vous présenter celles que nous avons à la maison pour Marmouset et comment nous les utilisons.

Comment fabriquer ses propres boîtes d’imbucare ?

Le souci majeur du matériel Montessori, le seul mais pas des moindres, c’est son prix. Il est souvent très cher et il est donc difficile de s’équiper. On se dit alors que pratiquer cette pédagogie n’est réservé qu’aux personnes en ayant les moyens. C’est sans compter sur quelques trucs et astuces qui font que finalement, on peut le concevoir soi-même à moindre coût.
Pour les boîtes d’imbucare, rien de plus simple : j’ai acheté des boîtes en bois, équipées d’un tiroir, à 3,39 euros l’une chez Cultura.
boite-cube-1-tiroir-boite-cube-en-bois-avec-1-tiroir-avec-3700408311520_0Il suffit ensuite, sur le dessus, de découper la forme de son choix (comme j’ai beaucoup de chance, je suis équipée d’un super papa bricoleur mais il m’a bien expliqué le processus).
La forme ronde est facile avec une scie cloche (trépan). Créer une « fente » pour insérer des jetons est un peu plus complexe. Après l’avoir dessinée, il faut percer avec une mèche d’un diamètre légèrement inférieur à la largeur de la fente que l’on souhaite, un trou à l’extrémité du trait tracé. Puis on en perce un autre, collé au précédent. Avec une lime, on lisse un peu les pointes qui dépasseront suite à ce double perçage. On insère ensuite dans cette ouverture une scie à guichet ou une lame de scie à métaux pour poursuivre la fente. Un coup de lime final sera nécessaire pour que tout soit bien régulier. Avec cette technique, on peut ensuite réaliser n’importe quelle autre forme (pour un carré, 4 fentes par exemple, il suffit juste de le dessiner au préalable).
Evidemment, il faudra avoir récupéré au préalable, des solides dans d’autres jeux pour réaliser les ouvertures en fonction de leur taille.

Pour terminer, j’ai peint la façade des tiroirs pour rendre les boîtes un peu plus attrayantes.
Pour la boîte avec la fente, les jetons peuvent être fabriqués « maison » également toujours avec la scie cloche (cela fait simplement un petit trou au centre qui n’est pas gênant). Je ne les ai pas peints car je me suis dit que Marmouset pourrait les mettre à la bouche.

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Le petit inconvénient de ces boîtes, à mon sens, est que bébé, lorsqu’il va tirer le tiroir pour récupérer le volume, va bien souvent l’ôter complètement et ne pas réussir à le remettre. Cela entrave donc un fonctionnement autonome puisque bébé va devoir recourir à l’adulte pour remettre le tiroir. Ce dernier devra donc être présent en permanence et ce n’est pas le but. Quand je l’ai constaté, j’ai donc entrepris de coller à l’intérieur de la boîte (contre le plafond à l’avant) deux petits morceaux de carton très épais pour servir de frein. Ainsi, le tiroir ne pouvait plus sortir complètement de son logement. Mais un autre souci s’est posé, si bébé ne repousse pas le tiroir après avoir récupéré le volume, lorsqu’il recommence, le volume se trouve coincé derrière le tiroir et il ne peut pas le récupérer (donc toujours pas de réalisation autonome mais en plus pas de constat de permanence de l’objet et surtout un casse-tête pour l’adulte qui veut tenter de récupérer le volume).
J’ai donc ôté les freins.
Marmouset a finalement appris assez vite à replacer le tiroir (que l’on peut carrément ôter et ne pas utiliser au début finalement).

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Pour palier à ces soucis de manipulation, on peut aujourd’hui trouver une chouette boîte d’imbucare multifonctions chez Nature et découvertes. En effet, cette enseigne a récemment créé une gamme de jouets et outils dans l’esprit Montessori à des prix plus accessibles. Cette boîte comporte une trappe et non un tiroir ce qui évite les problèmes auxquels je me suis confrontée avec les miennes, mais en plus elle est très pratique et offre un gain de place puisqu’une seule boîte permet de travailler plusieurs formes. Il suffit de changer la plaque du dessus selon la forme souhaitée.

 

Quelle démarche pour utiliser les boîtes d’imbucare ?

Les boîtes d’imbucare doivent être présentées à bébé de manière progressive. Il n’y a pas d’ordre prédéfini, c’est selon bébé, ses besoins, ses réussites. Bien souvent, on commence tout de même par la sphère qui est la plus simple à placer dans le trou et qui permet donc, outre le fait d’expérimenter la permanence de l’objet, d’acquérir rapidement le concept de correspondance de formes. Par ailleurs, elle réduit la difficulté au maximum puisqu’il n’y a pas de face donc pas besoin d’ajuster l’orientation, bébé est placé automatiquement dans une dynamique de réussite et la permanence de l’objet est le véritable objectif de ce jeu.
Ensuite, l’ordre des autres volumes importe peu, mais pour ma part, je préfère m’en tenir en premier à ceux ayant des faces parfaitement égales comme le cube toujours pour limiter la recherche d’une orientation particulière et donc la difficulté. Ensuite, on peut passer à des volumes qui ont besoin d’une orientation plus spécifique comme le prisme à base triangulaire, le cylindre, le pavé, … Enfin, on peut terminer par les jetons qui demandent en plus de l’orientation une motricité encore plus fine.

Le rôle de l’adulte : l’adulte doit rester suffisamment en retrait pour favoriser l’initiative du bébé et surtout pour qu’il puisse avancer à son rythme car les enfants ne sont pas tous prêts au même moment. S’il n’est pas prêt, vous le verrez tout de suite, il fera autre chose avec le matériel que ce pour quoi il est destiné. Il ne faut donc pas insister outre mesure si cela ne fonctionne pas, si bébé jette la forme ou la mâchonne plutôt que chercher à la faire entrer dans la boîte. Il ne se sentira pas en échec, c’est un concept qui n’est pas encore présent chez le jeune enfant, en particulier si vous ne laissez pas transparaître de déception ou d’impatience.
Laissez-le explorer à sa guise puis rangez le matériel en prenant soin de le laisser accessible. Présentez-le à nouveau un peu plus tard, quelques jours après ou plus, il vous faudra peut-être le proposer à plusieurs reprises. Il est possible que bébé aille le chercher un jour, de lui-même, lorsqu’il sera prêt d’où l’importance de le laisser en libre accès.

Lorsque vous présentez le matériel à bébé, vous n’êtes là que pour faire la démonstration puis observer. Il est nécessaire de procéder avec des gestes lents pour qu’il puisse bien repérer ce que vous faîtes et vous imiter. N’hésitez pas à accompagner vos gestes d’une description de ce qui se passe :
« Je vais mettre la boule dans le trou. »
« Voilà ! » ou « Et hop ! » ou autre chose.
« Tu veux essayer ? »

L’adulte n’aidera l’enfant que si celui-ci en fait la demande ou lui manifeste clairement qu’il a besoin d’une nouvelle démonstration ou de plus d’informations. Il ne faut pas vouloir précipiter les choses, en lui désignant le trou où placer la forme, ou en faisant à sa place. Pas besoin non plus de le féliciter, ou de montrer trop d’enthousiasme à sa réussite (oui je sais c’est un peu frustrant sur le coup), ce n’est pas le but et il ne lierait son geste qu’à cela. Il attendrait un compliment à chaque fois, en serait donc dépendant et ne pourrait plus faire ce jeu seul par la suite. Le simple fait de réussir lui sera satisfaisant et une petite description de ce qu’il a fait, de ce qui s’est passé, suffit :
« Oh tu as mis la boule dans la boîte.
Mais où est la boule ?
Oh la voilà ! »
L’enfant sera rapidement autonome et pourra travailler ensuite seul sans la présence de l’adulte. 

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Avec Marmouset, il me semble avoir commencé un peu tard puisque ses boîtes n’ont été fabriquées que lorsqu’il avait un an environ. Je pense que ça lui aurait plu bien plus tôt. Mais ce n’est pas très grave. Aujourd’hui, à 19 mois, il aime toujours autant ses boîtes, va les chercher de temps en temps et recommence inlassablement cette activité. Il aime aussi maintenant beaucoup faire les boîtes à formes « classiques » que j’ai chinées dans les vide-greniers et les maîtrise plutôt bien. Il n’a pas besoin de chercher où rentrent les formes au hasard, il les observe et les place de plus en plus facilement directement au bon endroit. Un vrai plaisir !