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Les triangles magiques

Dans un précédent article que vous trouverez ici, je vous parlais de mes petites réflexions concernant les premiers gribouillages et mes interrogations sur les outils à mettre entre les mains de mon Marmouset pour s’adonner à cette activité. Il est temps à présent de vous présenter les fameuses craies « magiques » qui nous ont séduits en tant que parents et que Marmouset a très vite adoptées.

Les triangles magiques : Quesako ?

Et rien de mieux qu’une image pour vous les présenter.
triangle-1Ce sont donc des craies en forme de triangle (ben oui d’où leur nom donc) fabriquées à base de cire d’abeille naturelle. Mais pas n’importe quelles craies puisqu’elles permettent de dessiner et colorier bien sûr et pas seulement, on peut aussi décalquer ou peindre, si si !
Pas besoin d’un long discours, un petite vidéo explicative ici.

Il existe différentes boîtes. Ici, nous n’avons que « les primaires », 10 triangles avec les couleurs de base dirons-nous, c’est bien suffisant pour le moment. Quand Marmouset saura vraiment colorier, dessiner, …, on envisagera sûrement d’autres boîtes s’il le souhaite pour lui permettre d’élargir sa gamme de couleurs ou d’effets. Outre « les primaires », vous pouvez trouver, « les pastels », « les flashy » ou encore « les métallisées ».

triangle-2

Crash test by Marmouset

Les plus :
Multifonctions, même si ici pour le moment mis à part le coloriage et le gribouillage, on n’a pas encore testé le reste (peinture, relief, dessin précis) car Marmouset n’a que 20 mois.
Mutisupports : les craies ne s’utilisent pas que sur le papier. On peut multiplier les supports, carton, bois, … et même tissu et donc élargir encore les possibilités d’activités et de créations.
Solidité et durée : cela fait maintenant près de 8 mois que Marmouset les utilise quasi quotidiennement. Il remplit des feuilles selon  son inspiration du moment (en ce moment la folie du bleu), il les a faites tomber maintes et maintes fois plus ou moins volontairement (bon ok, il les a carrément jetées avec force parce que n’est-ce pas c’est super drôle hein), il les a utilisées parfois très « violemment » en tapant très fort la pointe pour voir et parce que ça fait du bruit et que tout est bon pour faire du bruit. Malgré tout cela, elles sont toujours là, quasi intactes, à peine ébréchées pour certaines. Seule une craie s’est cassée en deux mais cela n’empêche pas son utilisation. Et sans mentir, je ne les vois pas diminuer, je pense que j’en ai encore pour des années.
Facilité de nettoyage : Elles ont touché à peu près tous les supports je pense puisque Marmouset, comme beaucoup de bébés, a trouvé sympa de dépasser le cadre de la feuille pour exprimer toute sa créativité. J’ai parfois attendu plusieurs jours avant de nettoyer : télévision, vitre, parquet, table, canapé, télécommande, vêtements …. et tout est toujours parti facilement sans acharnement avec un simple chiffon microfibre mouillé. Un gros gros plus donc pour maman ou papa qui, ainsi, n’ont plus besoin d’être aux aguets, des auréoles de stress sous les bras, prêt à bondir en cas d’écart.
Aisance pour la prise en main qui n’engendrera pas ou moins de mauvaises habitudes pour la tenue du crayon/stylo plus tard à mon sens mais je ne peux pas l’affirmer. En tout cas, Marmouset, à 1 an, a tout de suite su manipuler les craies, les saisir sans souci et faire des traits bien visibles avec.
Comestibilité du produit, non j’exagère 😉 mais la composition des craies (cire d’abeille naturelle) permet de les mettre entre les mains des tous petits sans trop s’inquiéter d’une mise en bouche. C’est un produit aux normes, sain et sans risque et ça ben c’est pratique quand même. Marmouset bizarrement ne les a quasi pas goutées finalement par rapport aux feutres où ça n’arrêtait pas.
Respect de l’environnement puisque le produit est à la cire d’abeille, durable et fabriqué avec de l’énergie solaire. Bon, ça peut paraître secondaire mais ça n’a fait qu’achever de me convaincre en touchant ma fibre écolo/amoureuse de la nature et compagnie.

Les moins :
-Le prix, enfin c’est vraiment s’il faut trouver un truc parce que franchement lorsque l’on voit les avantages et la durée, je suis sûre que l’on y gagne, pas besoin d’en racheter sans arrêt parce que c’est usé, cassé ou que ça ne fonctionne plus.
-La gamme de couleurs, non elles sont très bien mais j’en aimerais encore plus en fait 😉IMG_20150422_184205

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Alors convaincu ?
Pour retrouver ce produit, c’est par ici.

Et pour les plus grands ou pour compléter les outils bien conçus à colorier et gribouiller, pourquoi pas les cailloux crayons dont je vous parle dans cet article.

Premiers outils pour premiers gribouillages

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler « Art ».
Bon art, c’est peut-être un peu beaucoup exagéré en fait. En réalité, le sujet c’est plutôt « premiers gribouillages ». Le premier pas vers l’art en somme ! Car bizarrement, je ne sais pas vous, mais personnellement, je me surprends à être bêtement ébahie devant les quelques traits de crayon de mon Marmouset (le genre de truc que je m’étais juré de ne jamais faire). Remarquez, j’ai été à bonne école, (et c’est le cas de le dire) je suis maîtresse en maternelle alors m’extasier devant chaque petit geste d’un enfant je sais faire, et dans chaque dessin, je vois un progrès (enfin pas toujours mais j’essaie).

empreintesLes premiers gribouillages : quel matériel ?
Ceci étant dit, venons-en au coeur du sujet. J’ai réfléchi longuement pour savoir quel outil donner à Marmouset pour ses premiers essais gribouillage. Que peut-on utiliser vers 1 an ou même peut-être avant ? Nous avions déjà fait un peu de peinture avec les doigts, des empreintes avec les mains et les pieds, des gribouillis à l’eau sur le grand tapis magique Aquadoodle, des essais de craie sur le tableau…et j’avais envie de lui offrir ses premiers « crayons » pour qu’il puisse dessiner de manière plus autonome, quand il le voulait, sans besoin de sortir tout un attirail de peinture ou autre. J’avais donc une interrogation sur le matériel mais j’en avais une également sur l’âge. Avec quoi et à quel moment ?

Vers 1 an, quand il a été bien capable de s’asseoir à une petite table (et qu’il en a eu envie surtout), je me suis dit que c’était peut-être le moment de tenter l’expérience. Et si ça ne l’intéressait pas, je proposerais à nouveau plus tard. N’ayant rien d’autre sous la main que des feutres et des crayons de couleurs, nous avons déjà essayé cela, comme ça pour voir. Mais ça me posait quand même quelques problèmes ou du moins quelques questions.

gribouillages

  • Une prise en main complexe et des mauvaises habitudes en perspective
    La première raison des mes doutes sur ce matériel est que je ne suis pas forcément pour mettre des crayons ou feutres dans les mains des enfants avant l’heure. Il se trouve qu’avant, dans un autre temps (désolé pour les plus âgés qui me lisent 😉 ), quand l’école maternelle n’existait pas ou pas comme maintenant, les enfants utilisaient leur premier stylo et crayon à 6 ans, au CP. A cet âge, ils avaient suffisamment de maturité et de dextérité pour s’adonner à l’exercice graphique et apprenaient de suite à tenir leurs outils correctement (et il n’y en avait pas 36 000, le crayon à papier et la plume). Aujourd’hui, les enfants ont à leur disposition une large offre de crayons, stylos et autres avant même l’entrée à l’école. Mais ils n’ont pas encore la capacité à les tenir de la bonne manière surtout si les adultes qui les entourent n’y prêtent pas attention et leur laisse libre accès à tout ce matériel sans accompagnement. Le résultat, je le vois à chaque rentrée, des enfants qui ont pris de mauvaises habitudes, qui se fatiguent à dessiner ou écrire car ils n’ont pas la bonne position, qui n’y prennent pas de plaisir et qui même dans la suite de leur scolarité, au CP, au CM, au collège, … ont des difficultés à écrire longtemps et correctement, déjà épuisés par la concentration qu’ils doivent mettre dans la formation des lettres et la position à adopter. Et de fait, le reste (lecture, compréhension, acquisition d’un apprentissage) passe au second plan chez ces enfants pour qui copier est déjà bien éprouvant (en gros ils copient sans lire ni comprendre ce qu’ils copient).
    Bien sûr, nous, enseignants (en particulier en maternelle), faisons notre possible pour régler le souci mais c’est parfois difficile car les mauvaises habitudes s’accrochent et qu’à la maison il n’y a pas forcément quelqu’un pour veiller à cela. Mais je ne rejette pas du tout la faute sur les parents. Je le suis-moi même et c’est une tâche bien ardue. L’évolution de la société est telle qu’il est parfois difficile de suivre ou de ne pas suivre certaines choses.
    Il ne s’agit pas de dire aux enfants, tout petits, comment placer leurs doigts, c’est trop compliqué, ils n’y comprendraient pas grand chose mais à force « d’exercices » pour délier les doigts, de jeux de motricité fine, de rituels et jeux de doigts, on facilitera cette prise en main.
  • Un usage aléatoire et une détérioration rapide du matériel
    Ma deuxième interrogation porte sur le fait qui les enfants ne savent pas d’instinct choisir le bon matériel pour le bon usage et c’est bien normal. Combien de kilos de feutres finissent à la poubelle parce que, outre une pression trop forte sur l’outil scripteur due à une mauvais prise, personne ne leur dit (à part la maîtresse ou le maître qui finit par s’arracher les cheveux et parfois par abandonner) qu’on ne colorie pas des grandes surfaces avec un feutre mais qu’on fait le contour, qu’on colorie avec des crayons de couleurs, que selon ce que l’on souhaite faire, on va prendre un feutre fin ou épais (et encore faut-il qu’ils différencient feutre de crayon de couleur et même après plusieurs années de maternelle, ce n’est pas toujours gagné). Les enfants colorient systématiquement au feutre parce que c’est bien voyant, ça glisse, c’est plus « facile » et plus attrayant mais la plupart du temps, on ne voit plus guère le dessin sur la feuille quand celle-ci ne finit pas trouée. Il est donc important de leur faire tester de nombreux supports et matériels pour qu’ils puissent percevoir tout cela, de leur en parler, car si rien n’est fait, chasser le naturel, il revient au galop.
  • Un contrôle de chaque instant pour éviter les syndromes du feutrivore et/ou du feutraddict sur tous supports
    Enfin, je me suis vite rendue compte qu’à 1 an, Marmouset (et ce n’est probablement pas le seul) n’avait pas forcément la tenue et la pression nécessaire pour qu’un crayon de couleur marque réellement sur la feuille (d’où la préférence du feutre). Et pour le feutre, super ça marque bien, mais trop bien peut-être et si ça atterrit sur les murs, les meubles, les vêtements, ou mieux si on a envie de le goûter car on est encore à l’âge où l’on appréhende le monde avec sa bouche, ce n’est plus la maîtresse qui s’arrache les cheveux mais maman ou papa ou les deux. Par ailleurs, c’est peut-être un cas personnel mais j’ai un Marmouset qui préfère s’entraîner à reboucher 15 000 fois le feutre que dessiner avec, on est loin de l’activité première vers laquelle je voulais donc l’emmener, avec ce type d’outils 🙂

crayons

Pout toutes ces raisons (peut-être pas toutes légitimes, je ne suis pas experte), j’ai décidé très très vite qu’il lui fallait autre chose, un matériel plus adapté : craies grasses, crayons de cire achetés au supermarché, crayons soi-disant « spécial bébé » avec une boule au bout pour une prise en main plus facile, je ne savais pas trop quoi prendre, je ne trouvais pas un outil plus légitime qu’un autre ou plus pratique. Par ailleurs, avec ce type de crayons, j’aurais sûrement le même problème de mise en bouche et surtout ça ne partirait peut-être pas mieux que le feutre si Marmouset décidait de dépasser le cadre de la feuille ce qui était à prévoir.
Et puis je suis tombée, je ne sais plus comment, sur un article, une publicité ou une information dans un magazine de parents peut-être sur des craies « magiques » et là j’ai compris que c’était certainement LA solution. Et surtout ça me permettrait certainement d’arrêter de me torturer l’esprit avec toutes mes interrogations et toutes mes recherches et comparaisons diverses (oui vous l’aurez compris, c’est un peu ma spécialité, il paraît que c’est courant chez les instits).

Alors si vous voulez en savoir plus sur ces fameuses craies, rendez-vous très vite ici.

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DIY : fabriquer des boîtes d’imbucare

Dans cet article précédent, je vous parlais d’un matériel/jeu issu de la pédagogie Montessori et destiné à travailler, entre autre, la notion de permanence de l’objet chez bébé : les boîtes d’imbucare. Il est temps de vous présenter celles que nous avons à la maison pour Marmouset et comment nous les utilisons.

Comment fabriquer ses propres boîtes d’imbucare ?

Le souci majeur du matériel Montessori, le seul mais pas des moindres, c’est son prix. Il est souvent très cher et il est donc difficile de s’équiper. On se dit alors que pratiquer cette pédagogie n’est réservé qu’aux personnes en ayant les moyens. C’est sans compter sur quelques trucs et astuces qui font que finalement, on peut le concevoir soi-même à moindre coût.
Pour les boîtes d’imbucare, rien de plus simple : j’ai acheté des boîtes en bois, équipées d’un tiroir, à 3,39 euros l’une chez Cultura.
boite-cube-1-tiroir-boite-cube-en-bois-avec-1-tiroir-avec-3700408311520_0Il suffit ensuite, sur le dessus, de découper la forme de son choix (comme j’ai beaucoup de chance, je suis équipée d’un super papa bricoleur mais il m’a bien expliqué le processus).
La forme ronde est facile avec une scie cloche (trépan). Créer une « fente » pour insérer des jetons est un peu plus complexe. Après l’avoir dessinée, il faut percer avec une mèche d’un diamètre légèrement inférieur à la largeur de la fente que l’on souhaite, un trou à l’extrémité du trait tracé. Puis on en perce un autre, collé au précédent. Avec une lime, on lisse un peu les pointes qui dépasseront suite à ce double perçage. On insère ensuite dans cette ouverture une scie à guichet ou une lame de scie à métaux pour poursuivre la fente. Un coup de lime final sera nécessaire pour que tout soit bien régulier. Avec cette technique, on peut ensuite réaliser n’importe quelle autre forme (pour un carré, 4 fentes par exemple, il suffit juste de le dessiner au préalable).
Evidemment, il faudra avoir récupéré au préalable, des solides dans d’autres jeux pour réaliser les ouvertures en fonction de leur taille.

Pour terminer, j’ai peint la façade des tiroirs pour rendre les boîtes un peu plus attrayantes.
Pour la boîte avec la fente, les jetons peuvent être fabriqués « maison » également toujours avec la scie cloche (cela fait simplement un petit trou au centre qui n’est pas gênant). Je ne les ai pas peints car je me suis dit que Marmouset pourrait les mettre à la bouche.

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Le petit inconvénient de ces boîtes, à mon sens, est que bébé, lorsqu’il va tirer le tiroir pour récupérer le volume, va bien souvent l’ôter complètement et ne pas réussir à le remettre. Cela entrave donc un fonctionnement autonome puisque bébé va devoir recourir à l’adulte pour remettre le tiroir. Ce dernier devra donc être présent en permanence et ce n’est pas le but. Quand je l’ai constaté, j’ai donc entrepris de coller à l’intérieur de la boîte (contre le plafond à l’avant) deux petits morceaux de carton très épais pour servir de frein. Ainsi, le tiroir ne pouvait plus sortir complètement de son logement. Mais un autre souci s’est posé, si bébé ne repousse pas le tiroir après avoir récupéré le volume, lorsqu’il recommence, le volume se trouve coincé derrière le tiroir et il ne peut pas le récupérer (donc toujours pas de réalisation autonome mais en plus pas de constat de permanence de l’objet et surtout un casse-tête pour l’adulte qui veut tenter de récupérer le volume).
J’ai donc ôté les freins.
Marmouset a finalement appris assez vite à replacer le tiroir (que l’on peut carrément ôter et ne pas utiliser au début finalement).

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Pour palier à ces soucis de manipulation, on peut aujourd’hui trouver une chouette boîte d’imbucare multifonctions chez Nature et découvertes. En effet, cette enseigne a récemment créé une gamme de jouets et outils dans l’esprit Montessori à des prix plus accessibles. Cette boîte comporte une trappe et non un tiroir ce qui évite les problèmes auxquels je me suis confrontée avec les miennes, mais en plus elle est très pratique et offre un gain de place puisqu’une seule boîte permet de travailler plusieurs formes. Il suffit de changer la plaque du dessus selon la forme souhaitée.

 

Quelle démarche pour utiliser les boîtes d’imbucare ?

Les boîtes d’imbucare doivent être présentées à bébé de manière progressive. Il n’y a pas d’ordre prédéfini, c’est selon bébé, ses besoins, ses réussites. Bien souvent, on commence tout de même par la sphère qui est la plus simple à placer dans le trou et qui permet donc, outre le fait d’expérimenter la permanence de l’objet, d’acquérir rapidement le concept de correspondance de formes. Par ailleurs, elle réduit la difficulté au maximum puisqu’il n’y a pas de face donc pas besoin d’ajuster l’orientation, bébé est placé automatiquement dans une dynamique de réussite et la permanence de l’objet est le véritable objectif de ce jeu.
Ensuite, l’ordre des autres volumes importe peu, mais pour ma part, je préfère m’en tenir en premier à ceux ayant des faces parfaitement égales comme le cube toujours pour limiter la recherche d’une orientation particulière et donc la difficulté. Ensuite, on peut passer à des volumes qui ont besoin d’une orientation plus spécifique comme le prisme à base triangulaire, le cylindre, le pavé, … Enfin, on peut terminer par les jetons qui demandent en plus de l’orientation une motricité encore plus fine.

Le rôle de l’adulte : l’adulte doit rester suffisamment en retrait pour favoriser l’initiative du bébé et surtout pour qu’il puisse avancer à son rythme car les enfants ne sont pas tous prêts au même moment. S’il n’est pas prêt, vous le verrez tout de suite, il fera autre chose avec le matériel que ce pour quoi il est destiné. Il ne faut donc pas insister outre mesure si cela ne fonctionne pas, si bébé jette la forme ou la mâchonne plutôt que chercher à la faire entrer dans la boîte. Il ne se sentira pas en échec, c’est un concept qui n’est pas encore présent chez le jeune enfant, en particulier si vous ne laissez pas transparaître de déception ou d’impatience.
Laissez-le explorer à sa guise puis rangez le matériel en prenant soin de le laisser accessible. Présentez-le à nouveau un peu plus tard, quelques jours après ou plus, il vous faudra peut-être le proposer à plusieurs reprises. Il est possible que bébé aille le chercher un jour, de lui-même, lorsqu’il sera prêt d’où l’importance de le laisser en libre accès.

Lorsque vous présentez le matériel à bébé, vous n’êtes là que pour faire la démonstration puis observer. Il est nécessaire de procéder avec des gestes lents pour qu’il puisse bien repérer ce que vous faîtes et vous imiter. N’hésitez pas à accompagner vos gestes d’une description de ce qui se passe :
« Je vais mettre la boule dans le trou. »
« Voilà ! » ou « Et hop ! » ou autre chose.
« Tu veux essayer ? »

L’adulte n’aidera l’enfant que si celui-ci en fait la demande ou lui manifeste clairement qu’il a besoin d’une nouvelle démonstration ou de plus d’informations. Il ne faut pas vouloir précipiter les choses, en lui désignant le trou où placer la forme, ou en faisant à sa place. Pas besoin non plus de le féliciter, ou de montrer trop d’enthousiasme à sa réussite (oui je sais c’est un peu frustrant sur le coup), ce n’est pas le but et il ne lierait son geste qu’à cela. Il attendrait un compliment à chaque fois, en serait donc dépendant et ne pourrait plus faire ce jeu seul par la suite. Le simple fait de réussir lui sera satisfaisant et une petite description de ce qu’il a fait, de ce qui s’est passé, suffit :
« Oh tu as mis la boule dans la boîte.
Mais où est la boule ?
Oh la voilà ! »
L’enfant sera rapidement autonome et pourra travailler ensuite seul sans la présence de l’adulte. 

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Avec Marmouset, il me semble avoir commencé un peu tard puisque ses boîtes n’ont été fabriquées que lorsqu’il avait un an environ. Je pense que ça lui aurait plu bien plus tôt. Mais ce n’est pas très grave. Aujourd’hui, à 19 mois, il aime toujours autant ses boîtes, va les chercher de temps en temps et recommence inlassablement cette activité. Il aime aussi maintenant beaucoup faire les boîtes à formes « classiques » que j’ai chinées dans les vide-greniers et les maîtrise plutôt bien. Il n’a pas besoin de chercher où rentrent les formes au hasard, il les observe et les place de plus en plus facilement directement au bon endroit. Un vrai plaisir !

Permanence de l’objet et boîtes d’imbucare

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un premier matériel/jeu issu de la pédagogie Montessori : les boîtes d’imbucare.

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A quoi servent les boîtes d’imbucare ?
Ces boîtes consistent à insérer un volume dans la forme correspondante, c’est ce que l’on trouve couramment chez tous nos fabricants de jouets sous le nom « boîte à formes ». Ces boîtes permettent, chez le tout jeune enfant, un travail sur un certain nombre de choses :
-la relation de cause à effet
-la concentration
-la coordination oeil-main
-la motricité fine
-le repérage et la dissociation de forme
mais surtout l’acquisition d’une notion importante : la permanence de l’objet

La permanence de l’objet, qu’est-ce que c’est ?
Pour vous la faire courte, c’est une notion définie par le psychologue Jean Piaget au début du 20ème siècle et qui  renvoie au fait qu’un objet existe même s’il n’est pas visible pour les yeux.
La permanence de l’objet serait définitivement acquise, selon Piaget, entre 18 mois et 2 ans. Avant 2 mois, on constate une absence de réaction lors de la disparition de l’objet puis le bébé va passer par quelques étapes pour arriver à la maîtrise de cette notion :  manifestation d’émotions (cris, pleurs,…) à la disparition de l’objet, perception d’un objet partiellement caché, perception d’un objet caché avec déplacement visible,… Au terme de cette acquisition, l’enfant comprend que les objets existent à l’extérieur de lui, même s’il ne les voit pas ou ne les touche pas.

Pourquoi les boîtes d’imbucare avant les boîtes à formes « classiques » ?
La particularité des boîtes d’imbucare, par rapport aux boîtes à formes « classiques » que l’on trouve dans tous les rayons « jouets » des magasins, c’est qu’elles ne mélangent pas les difficultés.
Si l’on veut réellement se concentrer sur les objectifs cités dans le paragraphe précédent (et en particulier sur l’acquisition de la notion de permanence de l’objet) et que cet outil soit réellement compris par l’enfant et efficace pour lui, la difficulté doit être isolée. Pour ce faire, les boîtes d’imbucare ne proposent donc qu’une forme/un volume à la fois et les volumes proposés au début n’ont pas besoin d’être orientés pour être insérés dans la boîte. En effet, si le tout jeune enfant doit faire trop de choses en même temps : repérer dans quelle forme il doit mettre un volume et en plus le tourner pour qu’il rentre ; il se lassera vite et se détournera de ce jeu car il y aura trop d’obstacles. L’adulte sera alors obligé de lui montrer, de l’orienter, voire de faire à sa place.
Avec les boîtes à formes « classiques », l’enfant n’est pas placé dans une dynamique de réussite et, comme il est confronté à un certain nombre de difficultés particulières et fixé sur celles-ci, le concept de permanence de l’objet passe à la trappe. Par ailleurs, sur l’emballage de ces boîtes, il est souvent indiqué « à partir de 18 mois », il est donc normal que le bébé s’y perde. La notion de permanence de l’objet, elle, se prépare et se construit bien avant cet âge (le « jeu du coucou » en fait d’ailleurs partie).

Ces boîtes ne sont pas pour autant inutiles bien évidemment, mais elles doivent intervenir bien plus tard, lorsque chaque forme a été découverte et travaillée indépendamment et pour d’autres objectifs comme la différenciation de formes et l’appariement d’un solide avec une ou plusieurs de ses faces. Ce sont d’ailleurs deux des objectifs du programme de petite section de maternelle où les boîtes à formes sont utilisées dans ce but particulier et où l’on repère souvent que les enfants éprouvent des difficultés face à ce jeu. Ces difficultés viennent souvent du fait qu’à la maison, on leur a donné à jouer probablement trop tôt et que par la suite, on ne leur a plus donné pensant que c’était un jouet de « bébé ». A l’école, la plupart d’entre eux teste donc chaque forme sans observer, sans réfléchir, sans anticipation comme ils l’ont pratiqué bébés.

 

Et si vous voulez savoir comment fabriquer vos propres boîtes d’imbucare et/ou la manière dont on peut les utiliser, vous pouvez cliquer ici.