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Les stigmates de la grossesse

La semaine dernière, j’avais rendez-vous chez le dermatologue.
Oui je sais ce que vous vous dites : « Mais bien sûr et demain elle nous fait le compte-rendu de son rendez-vous gynéco 😉 Fuyons tant qu’il est encore temps !  »
Bon d’accord, commencer mon article comme ça, on ne voit pas trop bien le rapport avec la choucroute hein et puis on hésite un peu à poursuivre la lecture peut-être, mais dites-vous qu’il y a de bons plats pourtant très moche (oui je ne suis pas la reine de la métaphore non plus). Une fois la première impression passée, on est souvent pas si déçu que ça. Alors ne partez pas tout de suite, on ne sait jamais 😉

Sans rire, si je vous parle de ce rendez-vous chez le dermatologue, c’est parce qu’il est étroitement lié au sujet de mon article, il en est le déclencheur même. Pourtant, un rendez-vous de routine tout ce qu’il n’y a plus de normal, le contrôle annuel de mes grains de beauté. Parce que voilà, j’ai une vraie peau de blonde (ne me dites pas que vous êtes blonde avec un beau teint hâlé, je vous déteste déjà 😉 ), certains diraient même une peau de rousse (ne me dites pas que vous êtes rousse avec un beau teint hâlé, je vous déteste encore plus 😉 ), bien blanche, qui rougit plus qu’elle ne bronze et couverte de tâches en tout genre. Chaque année, il y en a des nouvelles, je ne les compte plus depuis longtemps, je ne les connais pas par coeur et je suis incapable de percevoir un changement quelconque alors je les fais surveiller les bougresses.
Mais alors que mon rendez-vous devait être des plus banals – observation, comparaison avec les mesures de l’année précédente, tout va bien, blabla de recommandations habituelles (crème, lunettes, t-shirt, je m’en fiche, je ne m’expose jamais au soleil, j’ai une peau de rousse je viens de vous dire), merci, au revoir – le destin en a décidé autrement (et le destin et moi, on n’est pas toujours potes apparemment).  Ce jour là, c’était visiblement la fête des mères en avance et je ne devais pas être assez méritante, la sentence est donc tombée 😉

« Vous avez toujours eu cette pigmentation au niveau du visage ?
-Euh…
-Vous voyez de quoi je parle ?
-Euh, pas vraiment, enfin, euh, je ne crois pas
Il me tend un miroir grossissant. Alors déjà chez toi, le miroir grossissant de base, il ne grossit pas tant que ça mais tu l’évites quand même car il a le don de te rendre moche alors même que tu as fait des efforts surhumains pour t’apprêter, mais alors là c’est puissance 10 000. Je constate donc tous les magnifiques détails de ma peau, mes tâches de rousseur, mes grains de beauté et effectivement, peut-être, plus ou moins, comme des tâches légèrement brunâtres, comme si j’avais un voile très légèrement plus foncé que ma carnation habituelle. Enfin bon, faut le voir hein parce que, comme ça, à l’oeil nu, je ne vois rien de particulier et je n’ai pas l’impression que mon visage soit différent.
– C’était déjà comme ça avant la grossesse ? Je veux dire, vous n’avez pas l’impression que ça a changé pendant la grossesse ?
– Euh ben non , enfin ça a peut-être un peu foncé mais je ne me rends pas vraiment compte.
– Non parce que c’est peut-être lié au masque de grossesse, vous connaissez ?
– Euh oui (et je pensais y avoir échappé grrrrrr)
– Non mais si ça ne vous gêne pas, on ne fait rien. »
Comment ça si ça ne me gêne pas, ben je ne sais pas moi, pourquoi, il faudrait faire quelque chose ? Non parce qu’avant de venir, j’avais le teint frais et reposé (bon ok, reposé peut-être pas), enfin j’étais satisfaite quoi. En plus je m’étais maquillée un peu, après plusieurs semaines de laisser-aller, me disant ça y est, je renoue avec la civilisation (enfin avec mes pinceaux tout du moins) !

Voilà, voilà, donc je suis couverte de grains de beauté et autres joyeusetés (ah oui parce que je vous ai passé le chapitre où je lui ai montré certains grains de beauté m’inquiétant un peu et où la réponse était à chaque fois, « ah non ça c’est un naevus-dermatus-trucmuch ou d’autres noms qui donnent envie), et j’ai une pigmentation chelou sur le visage.

Mais ça ne s’arrête pas là, non non, la personne qui m’en veut (parce que forcément quelqu’un m’en veut ce n’est pas possible autrement) s’est dit que un peu plus un peu moins (moi j’aurais préféré un peu moins mais bon), après tout, tant qu’à me donner des bonnes nouvelles, autant toutes les donner le même jour hein.

« Bon sinon, il faudrait que vous portiez des bas de contention parce que vous avez quelques petites varices.
– ???
A la bonne heure, voilà autre chose (bon je le savais hein mais elles sont minuscules, personne ou presque ne les voit, enfin c’est ce que je croyais), d’autres réjouissances pour aujourd’hui où on s’arrête là ?
– C’est parce que vous faites un métier où on piétine beaucoup, ça favorise les varices.
– Ah d’accord (enfin là je suis en congé parental mais bon)
– Et vous mettez de la crème pour les pieds secs, comme je vous l’avais conseillé ?
– (Cest vraiment ma fête ou quoi ?) Ben j’avoue que je ne prends pas trop le temps de le faire donc rarement… ça doit être assez catastrophique
– Oohhhh ben non ça va vos pieds, en fait, c’est pas si mal ! »
Super, la plante de mes pieds est encore le seul élément intact de mon corps ! Le seul qu’on ne voit pas aussi 😉

 

Bref, les 20 minutes de rendez-vous classique se sont transformées en 40 minutes de constat déprimant sur le fait que j’avais le corps d’une vielle dame (malgré tout le respect que j’ai pour les vieilles dames) avec des pieds de jeune (tout n’est pas perdu) : des tâches brunes et des varices à l’aube de mes 31 ans. Merci docteur, sur ce, je vais aller me pendre.
AH ben non, je ne peux pas, Caillou me ramène à la réalité, il veut téter (tu es sûr ? non parce que maman n’a pas montré ses seins au docteur encore et elle aimerait éviter qu’il ne lui dise qu’ils sont trop mous ou en gant de toilette qui sait 😉 )

 

Un peu plus tard dans la soirée, alors que j’essaie d’oublier un peu cet épisode médical de ma vie et qu’il me semble que j’y arrive, je fais défiler les photos de mon téléphone, pleine d’admiration pour mes deux petits qui, eux, ont bien la bonne bouille qu’il faut et une peau de bébé comme on dit ! Profitez les jeunes 😉
Et là, je tombe sur des photos de mon corps. Non je ne m’exhibe pas devant l’objectif (je sens votre déception, pas de sujet croustillant à l’horizon). Mon charmant dermatologue a juste pris soin de prendre des photos des parties de mon anatomie les plus touchées par les grains de beauté, avec mon téléphone, pour que je puisse vérifier moi-même si un grain de beauté se modifie.
« Et surtout, vous les garder bien sur le téléphone, comme ça on pourra aussi bien contrôler au prochain rendez-vous ou si vous avez un doute. »
Voilà et puis comme ça je pourrai déprimer un peu plus quand je tomberai dessus aussi. Car en effet, nouvelle claque dans ma face, je constate que j’ai, entre autre, des vergetures, un petit ventre et de jolies petites masses de peau qui débordent légèrement de part et d’autres du bas de mon dos (des bourrelets quoi). Dieu merci, je n’ai pas de grain de beauté sur les fesses, cette photo m’a donc été épargnée.

 

Mais qu’est-ce qui s’est passé ?

Bon ok , je ne fais pas partie des canons de beauté à la base m’enfin quand même.
Alors, je suis allée me confrontée à la réalité et je me suis regardée, vraiment regardée, dans le miroir, intégralement.
Et j’ai constaté les dégats.
Et puis j’ai entendu le rire de Marmouset qui répondait aux « areuh areuh » de Caillou.
Et je me suis regardée à nouveau.
Et j’ai constaté autre chose.

Non ma ride du lion n’est pas plus prononcée, j’ai juste plus de raisons d’être inquiète qu’avant.
D’ailleurs on se demande pourquoi elle s’appelle ride du Lion celle là, elle devrait s’appeler ride des parents non ? Si vous ne la situez pas, c’est simple, quand votre enfant est dans une autre pièce que celle où vous êtes, c’est celle qui fronce parce que vous entendez un bruit habituel et que vous savez que ça n’annonce rien de bon, parce que vous entendez un bruit inhabituel et que vous savez que ça n’annonce rien de bon, parce que vous n’entendez aucun bruit et que ça, ça n’annonce jamais rien de bon.

Non, je n’ai pas de vergetures, j’ai un petit soleil autour du nombril qui se voit surtout dans l’ombre pour me rappeler chaque fois que je suis en colère; triste ou fatiguée qu’il y a bien plus de moments où tout est lumineux et que je ne suis pas toute seule. Ce soleil, c’est Marmouset qui me l’a dessiné à la toute fin de la grossesse, Caillou l’a un peu agrandi et si un jour il y a un troisième enfant, il l’agrandira encore un peu.

Je n’ai pas de bourrelets non plus, je suis multiprises pour que les jours de pluie, l’aire de jeux que je deviens soit agrippée facilement et à volonté par les enfants.

Je n’ai pas 2/3 kg en trop, j’ai des réserves pour que l’allaitement auquel je prends tant de plaisir perdure encore tant que Caillou en aura besoin.

Je n’ai pas de masque de grossesse, j’ai un visage décoré par une multitude de petites tâches entremêlées qui éveillent les sens et permettent à Marmouset de s’entraîner à compter.

Je n’ai pas plus de varices, j’ai des jambes de compétition marquées par les heures à marcher dans 5 m2 pour bercer un Caillou trop énervé pour dormir, les minutes à danser et faire le cheval au galop pour faire rire un Marmouset avide de moments de joie.

Je n’ai pas plus de cernes mais des yeux surentraînés à lire et relire des histoires dans la pénombre, à les admirer dormir dans la nuit, à voir les dangers à leur place continuellement.

Mon ventre n’est pas plus mou, il est suffisamment confortable pour permettre à deux petites têtes blondes de finir leur nuit quand elle a été un peu agitée.

Non, je n’ai pas changé, j’ai juste ajouté une plus-value à ce que je suis, cent cordes à mon arc, mille détails qui racontent mon histoire et la leur.
Je n’ai pas de stigmates de la grossesse, j’ai des souvenirs.

Ah si, il y a quand même des choses qui ont changé, j’ai un cœur plus grand et un cerveau plus performant. C’est qu’à présent, il faut penser et panser pour trois !

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L’accouchement rêvé (ou presque) – partie 2

Voici enfin la suite de l’article concernant l’arrivée de Caillou.
Ici, on quitte le ton humoristique d’une première partie parfois quelque peu effrayante pour entrer dans un article plus « sérieux » ou plus « utile » je l’espère 🙂 .

Mettre toutes les chances de son côté ou l’accouchement numéro 2

Loin de moi l’idée de vous donner les clés d’un accouchement idyllique. Parce que vous pensez bien que s’il y avait une recette infaillible, ben ça se saurait et si je l’avais trouvée, j’aurais vendu le concept et je me serais fait des c* en or un utérus en diamant. Enfin tout ça pour dire que je ne vais peut être pas vous révéler le scoop du siècle mais, je l’espère, vous donner, au mieux, quelques astuces pour vous rendre un accouchement plus facile et agréable, au pire, une tranche de vie qui ne pourra que vous rendre moins anxieuse pour le jour J et ça c’est déjà le début de la réussite.

Car non, malgré la lecture du précédent chapitre, accoucher n’est pas obligatoirement synonyme de « faire le Vietnam », enfin pas toujours 😉

A l’heure où j’écris, je ne crois pas que des photos appuieront mon récit, oui parce que je suis ultra connectée et un tantinet geek mais quand même, je n’ai pas twitté mon accouchement en direct ni pris des photos de l’instant T, j’avais autre chose à faire n’est-ce pas, encore que ça s’est tellement bien passé que j’aurais eu le temps de prendre 10 000 poses devant l’objectif sans problème et j’aurais peut-être pu faire le buzz ! Mais pas sûre que ce soit dans un sens positif.
Donc préparez-vous juste à lire (beaucoup, encore).

Allez peut-être une petite photo de Caillou à la fin si vous êtes sages.

Un accouchement serein, pourquoi c’est important ?

Tout simplement parce que quand tout se passe plutôt bien au moment de « l’expulsion », tout ce qui suivra se passera plutôt bien aussi. La sérénité amène la sérénité. Un accouchement serein, ça conduit à un après accouchement serein, un séjour à la maternité serein, un bébé serein et donc des parents sereins. Une maman moins fatiguée et plus à l’aise dans son rôle, un papa moins anxieux et plus à l’aise dans son rôle, un bébé plus confiant et plus calme (Quoi qu’ici on ne sait faire que des agités, c’est comme ça, on n’a pas encore trouvé le moule pour l’enfant ultra calme dont certains ont peut-être un exemplaire chez eux, quelle chance ! Contactez-moi en MP 😉 ).
Bref, un accouchement qui se passe bien, c’est forcément du positif pour après.
Alors oui, vous allez me dire, on ne choisit pas, il peut y avoir des aléas, des complications, … certes, mais vous verrez que beaucoup de ces complications pourraient être évitées et que pour celles qui ne le seraient pas, si tout a été fait avant et pendant l’accouchement pour qu’on soit le mieux possible, alors on s’en relèvera bien plus facilement et on sera psychologiquement d’attaque pour notre nouvelle vie de maman et ça, ça change tout !

Un accouchement serein en 10 points
Voici donc en 10 points, comment j’ai pu avoir, à mon sens, un deuxième accouchement de rêve ou presque.

1-Une confiance en soi et en son bébé
C’est peut-être le maître mot pour un premier pas vers un accouchement réussi : la confiance.

La confiance en soi. Se dire que l’on n’est pas plus bête qu’une autre, qu’aucune maman dans le monde n’a un jour gardé son bébé dans son ventre plus que le temps imparti 😉 (cela dit, je serais peut-être pas contre l’idée si ça lui permet de sortir propre, faisant ses nuits, et sachant parler 😉 ) et que tout le monde y arrive. Se dire qu’un accouchement, ce n’est pas anodin mais qu’à priori c’est naturel. On peut avoir besoin d’un petit coup de pouce mais celle qui accouche, c’est vous, ce n’est pas la sage-femme, alors faites vous confiance, s’il y a un truc qui ne va pas, si vous voulez faire ou ne pas faire telle ou telle chose le jour J, vous le saurez.

La confiance en son bébé. Il a su entrer, il saura sortir comme dirait l’autre. Il va vous aider, les bébés déjà in utéro sont extrêmement intelligents, ils ressentent les choses et comprennent plus qu’on ne le croit. Parlez-lui, rassurez-le, aidez-le, il vous aidera.

Pour gagner en confiance, vos croyances, quelles qu’elles soient peuvent vous aider, un dieu, plusieurs, la nature, l’Homme ou le monde des bisounours, tout fonctionne du moment que cela vous aide à avoir confiance. Pour ma part j’ai entrepris la confection d’une Bai jia bei, une croyance qui ne fait pas partie de mes origines à la base mais qui m’a tout de suite touchée et qui m’a énormément aidée à avoir confiance, à m’entourer d’ondes positives, à m’occuper l’esprit et à me concentrer sur l’instant T d’un point de vue affectif plus que d’un point de vue technique. Si ça vous intéresse, j’en dis plus dans une série d’articles dont le premier est celui-ci.

2-Un bon suivi
Pour avoir confiance, il faut aussi que l’on nous aide un peu à avoir confiance et ça passe par un bon encadrement tout au long des 9 mois de grossesse. Chaque mois, vous avez en principe un rendez-vous consultation et trois fois durant la grossesse, des échographies. Alors peu importe avec qui vous faites vos consultations, votre médecin, un gynécologue, une sage-femme, le Père-Noël … faites-le avec une personne en qui vous avez confiance (oui donc pas le Père-Noël, en vrai il apporte même pas les cadeaux 😉 ). Sauf grossesse pathologique nécessitant un suivi hospitalier, vous n’êtes pas obligée d’être suivie  à la maternité, surtout si celle-ci est gigantesque, intercommunale et que donc c’est un peu l’usine, que l’on va attendre parfois des heures pour un rendez-vous de quelques secondes pas toujours avec la même personne. Souvent d’ailleurs, ce type de maternité préfèrera que le suivi soit fait à l’extérieur et le dira elle-même car elles sont submergées de demandes. Vous devrez tout de même en principe vous y rendre pour l’inscription, le rendez-vous avec l’anesthésiste au préalable, et un éventuel rendez-vous bilan en fin de grossesse.

Pour Caillou comme pour Marmouset, j’ai été suivie dans un cabinet privé de sages-femmes. Le suivi est personnalisé avec toujours la même personne, qui nous connaît parfois d’avant la grossesse, à qui l’on va pouvoir tout dire, tout demander, poser toutes nos questions même si elles nous semblent bêtes, que l’on pourra appeler en cas d’inquiétude, qui va nous aiguiller pour le jour J et nous rassurer au fil des mois.

3-Une bonne préparation à l’accouchement mais aussi à la parentalité
Un accouchement, même si c’est « la nature », si des milliards de femmes sont passées et passeront par là, ça n’est pas anodin et il n’y a aucune raison d’être obligée d’enfanter dans la douleur, ni physique, ni psychologique. Alors il est bon de se préparer.

Peu importe la préparation : classique, piscine, sophrologie, haptonomie, chant prénatal, …, c’est un point à ne pas négliger. Pour moi, il n’y a pas une préparation meilleure qu’une autre, celle qui sera la bonne est celle qui vous conviendra, celle que vous aurez choisie. La préparation est importante d’un point de vue technique, pour savoir comment agir à l’instant T, comprendre ce qui se passe, ne pas se retrouver en dehors de son accouchement, parce que l’information que l’on reçoit durant les séances de préparation reste le meilleur moyen de vivre un accouchement serein. Mais je pense qu’elle l’est aussi d’un point de vue plus psychologique, plus émotionnel. La préparation permet de se détendre, de passer un bon moment, de rencontrer d’autres parents et d’échanger avec eux, d’évacuer les tensions éventuelles, les peurs, les doutes, de se rassurer, d’avoir un temps pour soi, soi et son conjoint, ou soi et son bébé.

La préparation psychologique
A mon sens, on ne met pas assez l’accent dans notre société sur les bouleversements engendrés par la grossesse et l’arrivée d’un enfant dans un foyer. Physiquement, on peut se remettre rapidement d’un accouchement même difficile car on est accompagné de ce point de vue là mais psychologiquement, ce n’est pas le cas. Et ça mène parfois à des comportements qui peuvent être dangereux pour la maman comme pour le bébé, à de la dépression, à un mal-être, …

Il n’y a pas lieu de culpabiliser de ne pas se sentir bien après l’accouchement, c’est complètement normal et il y a une explication scientifique toute simple (tout de suite dévoilé dans la minute Michel Cymes de l’article 😉 ). Après un accouchement, il y a une grosse retombée d’hormones qui amène l’inconscient à faire ressurgir des possibles plaies non soignées que l’on n’imaginerait pas parce que bien souvent, on les a enfouies, parce qu’elles peuvent dater de l’enfance et qu’on les a oubliées, parce qu’elles peuvent dater d’avant même notre naissance et que nous n’en avons même pas conscience. C’est ce qui est appelé le baby blues et ça ne dure pas bien longtemps, quelques jours. Sauf que lorsque les plaies sont trop importantes, cela va s’éterniser, on va se sentir triste, on va ressentir des choses désagréables, se sentir dépassée, se sentir malheureuse, absolument pas épanouie, on ne va pas prendre de réel plaisir avec notre enfant,… Le baby blues va se transformer en dépression du post partum. Si on tente de refouler cet état, même si on y arrive et qu’on pense le dépasser par moment, ça finira par ressurgir, parfois en pire, parfois très longtemps après. C’est d’ailleurs pour cela que l’on voit beaucoup de dépressions du post partum arriver de nombreux mois après l’accouchement devant l’incompréhension de l’entourage qui pensait que tout allait bien puisque bébé est installé depuis un moment.
Alors, oui, il ne faut pas hésiter à se faire aider très vite avant que cela ne tourne au drame. Au mieux, on vous dira que ce n’est rien, un baby blues qui s’est un tout petit petit peu éternisé et on va vous aider à l’affronter très rapidement. Au pire, on décèlera des blessures plus profondes mais vous ne serez plus seule et on vous apprendra à les comprendre, à les traduire pour qu’elles ne soient pas/plus un obstacle à votre parentalité.

Ce qui peut être bien aussi si vous en ressentez le besoin, c’est de consulter en amont. C’est ce que j’avais fait pour Marmouset. A la suite de plusieurs fausses couches, j’ai trouvé une psychologue formidable qui s’occupe beaucoup des femmes enceintes et des mamans et le travail que j’ai pu faire avec elle m’amène aujourd’hui à penser qu’au fond, mes fausses couches sont peut-être arrivées pour me faire prendre conscience qu’il y avait des choses à régler avant d’être mère et que je n’aurais sûrement pas pu l’être sans ça. Par ailleurs, le fait de l’avoir rencontrée m’a permis également, après la naissance d’avoir cet accompagnement à la parentalité qui me semble aujourd’hui plus que nécessaire et qui devrait, j’en suis de plus en plus convaincue, être proposé à toutes et tous (oui pour les conjoints aussi car il leur est parfois difficile de comprendre ce que vit la maman et même si le bouleversement n’est pas hormonal à leur niveau, il peut être bel et bien là quand même). Certains cabinets de sage-femme commencent à le proposer, des semblants de structures d’aide tentent de voir le jour mais encore trop peu ou de manière trop floue. Et c’est pourtant primordial d’avoir quelqu’un avec qui parler des difficultés rencontrées, de la culpabilité qu’on peut ressentir de ne pas se sentir pleinement épanouie tout de suite, … toutes ces choses malheureusement encore tabou qui ne devraient pas l’être !

Malgré ce suivi anticipé, le baby blues s’est fortement installé après l’arrivée de Marmouset. Des petits détails (accouchement difficile, fatigue, coliques, isolement, …) que l’on croit pouvoir surmonter sans souci car « on voulait tellement cet enfant que l’on pense ne pas être en droit de nous plaindre » mais qui lorsqu’ils s’accumulent deviennent pesants et douloureux.  Mais ce baby blues n’a pas été jusqu’à une véritable dépression du post partum, il a pu être contré et j’ai tenu bon, en grande partie je le pense grâce à ce suivi.
Pour Caillou, un accouchement « facile », moins de fatigue et de fait même pas l’ombre d’un baby blues !

La préparation physique
Revenons à la préparation physique après ce point qui me semblait extrêmement important au vue du nombre de fait divers mettant en avant des femmes commettant parfois l’irréparable.
Pour mon premier accouchement, en plus de la préparation classique qui te raconte tout ce qui se passe quand le bébé sort genre « cours d’accouchement au collège » en un peu plus détaillé quand même, j’ai testé la sophrologie. La sophrologie enseigne des techniques de respiration et de détente musculaire. Je n’ai malheureusement pas pu vraiment les mettre en pratique au vue de la rapidité des faits.

Pour Caillou, j’ai voulu tester une méthode permettant d’agir en profondeur avant même l’accouchement : l’haptonomie.
L’haptonomie amène à se centrer sur son bébé, à rentrer en communication avec lui très tôt, et permet d’agir déjà en amont du jour J par le toucher. Cette préparation me semblait intéressante pour 3 raisons :
– Elle implique davantage le conjoint puisqu’il doit assister à toute les séances. Lui qui ne peut pas ressentir les choses comme nous puisqu’il ne porte pas le bébé, peut néanmoins déjà créer un lien très fort avec son enfant.
– Elle permet d’entretenir une relation particulière avec son bébé avant même la naissance et donc de faciliter la communication après la naissance.
– Le suivi continue après la naissance et cela constitue donc une aide à la parentalité.

Pour tout avouer, au début, la première séance, peut-être même les suivantes, j’ai trouvé cela « étrange », j’avais du mal à ressentir et à agir comme me le disait l’haptonome, peut-être aussi du fait d’avoir déjà une expérience de grossesse. J’avais senti Caillou bouger très tôt comme Marmouset mais pour moi « sentir bouger » voulait dire que le bébé donnait des coups suffisamment importants pour que je les ressente. En haptonomie, on apprend à sentir les déplacements doux, pas besoin de titiller fortement son enfant ou de l’enquiquiner pour le ressentir, et s’il met des coups de pied, on apprend justement à lui répondre et à lui montrer qu’on peut jouer avec lui en douceur. Paparaignée y arrivait mieux, puisqu’il n’avait pas d’autre ressenti antérieur (moi un coup de pied me rassurait toujours plus), du coup c’est lui qui agissait le mieux sur le bébé. Par exemple, pour moi qui porte les bébés très bas et très en avant, il pouvait ainsi replacer Caillou plus dans le fond pour me soulager, l’emmener là où je voulais s’il me faisait mal et jouer avec lui ou le bercer en l’emmenant d’un côté ou de l’autre du ventre 🙂 Magique !
J’ai pu moi aussi progressivement y arriver mais j’ai surtout senti les bienfaits directs le jour de l’accouchement où le fait de pouvoir faire déplacer Caillou comme je voulais m’a permis de gérer les contractions sans problème et sans douleur en amenant Caillou dans le fond, vers le dos pour me soulager puis progressivement le faire descendre vers la sortie.

De manière indirecte, ces séances ont été bénéfiques parce que j’ai été massée, manipulée, on s’est occupé de moi, c’est un temps agréable où l’on ne pense à rien, un moment avec le papa et le bébé, rien que pour nous trois.

L’haptonomie permettrait également de mieux répondre aux besoins du bébé après la naissance et d’être mieux à même de le comprendre ou du moins de le soulager juste par le contact avec nous (j’écris au conditionnel, car pour Caillou, ça semble vrai mais c’est à mon sens aussi le fait d’avoir eu une première expérience). Et apparemment les bébés ayant vécu cette préparation auraient 2 mois d’avance d’un point de vue moteur du fait d’avoir été en interaction physique avec leurs parents avant même la naissance. J’avoue que sur ce plan là, Caillou est extrêmement tonique, trop peut-être, il arrive déjà presque à se retourner, tenait sa tête de longues minutes très tôt, … le kiné m’a dit lui-même sans que je ne demande rien qu’il était bien en avance de ce point de vue. Nous verrons, ce n’était pas du tout le but ultime pour ma part, je n’en avais même pas connaissance.

Pour terminer sur ce point, il faut savoir qu’il y a aussi des séances après l’accouchement, très intéressantes où l’on apprend des petits jeux avec bébé, des positions, à ne pas tenir sa tête (car non contrairement à ce que beaucoup pensent, on ne tient pas la tête d’un bébé, il sait le faire si on le porte correctement, d’ailleurs du temps de nos parents, personne ne leur parlait de tenir la tête je crois, je ne sais pas d’où ça vient)  et où l’on peut parler d’éventuels soucis, …

4-Une bonne équipe médicale le jour J.
Une bonne équipe médicale ça ne veut pas dire une équipe qui fait tout et vous qui ne faites rien que vous laisser faire, surtout pas !  Ce serait même plutôt presque l’inverse. Une équipe qui vous laisse faire et qui vous suit, qui vous soutient, qui respecte vos choix et qui n’est là que pour vous rassurer et vous accompagner car vous pourriez presque accoucher seule finalement.
Bref une sage-femme qui s’efface pour vous laisser actrice de votre accouchement !

Alors me direz-vous, on ne choisit pas. Certes, on ne choisit pas, mais on peut pousser un peu le destin de deux manières :

– Préparer ce qu’on appelle un projet de naissance.
Un projet de naissance, c’est le fait de mettre par écrit la manière dont vous voyez votre accouchement, vos souhaits pour mettre au monde votre bébé. Cela va vous permettre pour vous même dans un premier temps de poser les choses, de vous sentir suffisamment informée pour comprendre tout ce qui va se passer le jour de l’accouchement, notamment les termes médicaux que vous allez peut-être entendre mais surtout ça permettra à l’équipe médicale qui vous accueillera de tout de suite connaître vos conditions pour un accouchement qui soit en accord avec vos désirs et vos besoins dans la mesure du possible.
Dans le projet de naissance, on peut aborder aussi bien des points concernant le travail, que l’allaitement, que le séjour à la maternité, … Voici un lien qui vous permettra si ce n’est de le rédiger, de faire un état des lieux de vos désirs, peut-être même de découvrir des choses auxquelles vous n’auriez peut-être pas pensé (vous y trouverez aussi des exemples de projets de naissance déjà rédigés) : Le projet de naissance
Pour ma part, je ne l’ai pas fait pour Marmouset et je l’ai regretté, je pensais que tout était bien clair dans ma tête sauf que quand l’accouchement se fait dans l’urgence ou est difficile, on n’a plus le temps de dire quoi que ce soit à la sage-femme, la fatigue prend le dessus sur les besoins et les désirs et on risque d’oublier un tas de choses auxquelles on tenait. Par ailleurs le fait d’avoir un écrit permet de se sentir suffisamment légitime et forte pour faire des demandes à l’équipe médicale, par exemple qu’on vous prenne votre enfant la nuit parce que vous n’en pouvez plus et que vous avez besoin de repos.

– Proposer à l’instant T, vos méthodes sans les imposer.
Certaines sages-femmes sont ancrées dans leurs habitudes et ne vont pas penser à vous demander si vous voulez faire autrement : une autre position, un coussin de grossesse, un ballon, une méthode de poussée autre que « à l’ancienne ». On peut réussir à obtenir ce que l’on veut ou même à faire changer d’avis l’équipe médicale sur l’image parfois unique qu’ils ont de l’accouchement en demandant les choses avec précaution. « Est-ce que je peux faire ainsi car c’est comme ça que j’ai appris et si ça ne marche pas je ferai comme vous dites ? » Et ça passe en général beaucoup mieux.
C’est ce que j’ai fait pour Caillou. Il faut dire que j’ai eu la chance d’avoir une sage-femme qui m’a laissé au maximum le champ libre, qui a pris soin de m’expliquer tous ses faits et gestes, une sage-femme tournée vers ses patientes, il a donc été plus facile pour moi d’oser exprimer mes attentes et mes désirs.

Alors c’est vrai il peut y avoir des tas de raisons qui font que ça ne se passe pas aussi bien qu’on le souhaiterait : je suis bien placée pour le savoir. Une détresse respiratoire du nourrisson, un césarienne en urgence, une épisiotomie alors qu’on ne l’aurait pas souhaité, une complication quelconque, on n’est pas maître de tout mais on peut être maître d’une grande partie des choses et il faut le savoir et se le permettre. Je le dis et je le redis, c’est VOTRE accouchement.

5-Une position physiologique et une technique de poussée efficace

– La position
Une position physiologique, c’est quoi ça ?

Et bien c’est une position qui fait que le bébé va pouvoir descendre sans effort et sortir sans encombre, sans nécessité l’intervention d’outils ou d’une césarienne, sans même que vous poussiez. Si, si c’est possible, c’est même comme ça qu’on devrait accoucher en principe.
La France est encore un des rares pays où l’on accouche en position gynécologique sous prétexte qu’on a toujours fait comme ça et que bon, les bébés ont toujours finit par sortir hein ? Et bien peut-être mais ce n’est pas sans conséquence ! Le pire est que l’on apprend aujourd’hui aux sages-femmes à faire accoucher autrement, dans les positions dites physiologiques, en théorie, et pourtant dans la pratique, les mauvaises postures perdurent. Parce que lorsque les nouvelles sages-femmes arrivent, les anciennes leur enseignent comme elles ont toujours fait, les nouvelles prennent le pli et ainsi de suite.
Pour mieux vous expliquer, je vais essayer de me remémorer ce que j’ai appris pendant la préparation (d’où son importance). La position gynécologique a été mise en place il y a longtemps car on pensait que le bassin n’était pas mobile donc que de toute manière on ne pouvait pas trouver une position permettant de l’ouvrir au mieux. Avec l’avancée de la médecine, on a découvert (et c’est finalement assez récent) que le bassin était mobile et qu’on pouvait donc favoriser le passage du bébé.
Voilà pourquoi la position gynécologique est aujourd’hui une aberration. Lorsque l’on est allongée sur le dos, jambes surélevées, genoux vers l’extérieur, le bassin se ferme.
Si on est à quatre pattes, accroupie ou sur le côté, le bassin s’ouvre.
Ces positions permettent d’ouvrir le chemin et d’éviter au maximum un recours aux instruments, une césarienne en urgence et même un cordon autour du cou (ou du moins un cordon qui amène une baisse du rythme cardiaque et une intervention en urgence car le cordon autour du cou est somme toute assez banal).
Vous pouvez préciser dans votre projet de naissance que vous souhaitez accoucher ainsi ou en parler à l’arrivée à la maternité. Ma sage-femme m’a proposé elle-même de me mettre sur le côté pour favoriser la descente. Elle ne m’a replacée sur le dos que lorsqu’elle voyait la tête de bébé et qu’il n’y avait plus grand chose à faire. J’ai beaucoup apprécié ce moment parce que la position physiologique, en plus de permettre un meilleur passage et de diminuer les interventions, permet également de diminuer la douleur, le temps de travail, de mieux ressentir les choses et donc de se sentir beaucoup plus actrice de son accouchement.
La sage-femme peut refuser de vous faire accoucher autrement que sur le dos, c’est d’ailleurs parfois mieux car si elle n’a jamais pratiquée la position physiologique, elle peut ne pas être à l’aise par exemple en cas d’épisiotomie à réaliser car l’angle de vue est différent. Mais dans ce cas, rien ne vous empêche de vous placer en position physiologique jusqu’au moment de l’expulsion. Et sur le dos, il y a tout de même une manière d’ouvrir au mieux le passage, être légèrement surélevée au niveau du bassin avec un petit coussin et placer ses jambes de manière à ce que les genoux soient tournés vers l’intérieur (un peu rentrés en fait).

– La poussée
Une poussée efficace, c’est une poussée qui ne crée pas de dommages physiques. Pousser en bloquant sa respiration et en plaquant son menton contre sa poitrine comme on le voit à la télévision et comme on nous le dit à la maternité n’est pas une technique efficace. Lorsque l’on fait ça, on ne pousse pas juste son bébé mais aussi tout l’utérus et les autres organes en pâtissent. Et si on a plusieurs enfants, on va donc malmener nos organes plusieurs fois. C’est la raison principale pour laquelle de nombreuses femmes, arrivées un certain âge ont des soucis de fuite urinaire et de descente d’organes !
Pour faire sortir bébé, il n’y a nullement besoin de pousser en fin de compte. La position physiologique active la descente et aide à la sortie. Il suffit ensuite de prendre une grande inspiration puis d’expirer en soufflant lentement, en gardant la tête dans l’axe de la colonne vertébrale (pas de menton poitrine), en rentrant le ventre le plus possible et dans un même temps en tirant sur les  jambes et les bras (c’est là que le conjoint est utile, pour étirer les bras, si on est sur le dos ou le côté, on peut utiliser son bras à lui comme appui). Là encore, proposer votre technique à la sage-femme sans imposer et il n’y a pas de raison qu’elle refuse.

Lorsque la sage-femme m’a demandé si on m’avait appris la technique de poussée, j’ai expliqué que je la connaissais mais qu’au cabinet où j’étais suivie, on m’avait enseigné autrement. Elle m’a demandé de lui expliquer, elle ne semblait pas très convaincue mais je lui ai dit que si ça ne fonctionnerait pas je suivrais la méthode classique. Elle a accepté, le fait que je paraisse sereine et sûre de ma décision a sans doute aussi joué. J’ai essayé ma méthode, elle m’a dit que c’était bien mais qu’on allait essayer la sienne pour voir, quelques secondes plus tard elle me disait de reprendre comme avant car elle ne pouvait que constater que ce qu’on m’avait appris fonctionnait nettement mieux 🙂

6-Une péridurale qui fonctionne
Ben oui quand même, ça peut être utile hein.
Bien sûr, on peut se dire qu’on ne la souhaite pas mais entre ce que l’on pensait faire et ce que l’on va faire en réalité, il y a parfois une différence (Rappelez-vous : Moi la tétine jamais ! … Troisième jour à la maternité : va m’acheter une p***** de tétinnnnnne ! 😉 ).
Bref, on ne sait jamais comment ça va se passer, car il y a la force de conviction mais il y a aussi la force de la douleur. Certaines la veulent et ne le prendront pas, certaines ne la veulent pas et la prendront, certaines la veulent sans attendre, d’autres veulent garder le contrôle dessus, d’autres encore la veulent au dernier moment, …
Personnellement, je conseillerais la prudence. Si on doute, il vaut mieux dire qu’on souhaite la péridurale pour avoir le rendez-vous anesthésiste en amont et que tout soit prêt au cas où.

D’ailleurs, on ne nous le dit pas (enfin moi on ne me l’a pas dit en tout cas) mais Paparaignée m’a suggéré cette magnifique idée le jour J : demander la pose de la péridurale mais sans injection de produit.

Plusieurs avantages.

D’abord, si vous attendez de ne plus pouvoir gérer la douleur pour demander la péridurale, vous risquez de « douiller » pendant quelques temps encore car la pose peut prendre 15 bonnes minutes (et 15 minutes de douleur, c’est long) et le produit met en principe 15 à 30 minutes à agir, c’est donc souffrir pour rien. Elle sera aussi plus difficile à poser et peut-être plus douloureuse car vous serez tendue et il faut attendre d’être entre deux contractions et ne pas bouger pendant la pose. (Et non en principe, une péridurale, ça ne doit pas faire mal, personnellement, je n’ai quasiment rien senti)

Ensuite si vous attendez le dernier moment et qu’il y a un imprévu nécessitant de sortir le bébé en urgence ou que l’anesthésiste est pris car trois femmes enceintes ont eu la bonne idée d’arriver au même moment, vous risquez là encore de souffrir plus longtemps ou pire, de ne pas avoir le temps de la recevoir avant « l’expulsion ».

Enfin, c’est aussi un bon compromis si vous n’êtes pas certaine de vouloir la péridurale. On n’est pas forcée d’être décidée à l’avance après tout. Car accoucher sans péridurale quand tout se passe bien, pourquoi pas, si vraiment ça nous tient à coeur mais si on doit en urgence avoir une épisiotomie et des forceps (au hasard hein 😉 ), là, la péridurale même si on s’était dit que peut-être on accoucherait sans, en un quart de seconde on risque de regretter d’avoir voulu jouer les warriors (on aura plein d’autres occasions après, quand il faudra nettoyer du vomi toute une nuit en période de gastro, là c’est bon, on l’aura notre diplôme de Wonder Woman, il ne faut pas s’inquiéter pour ça !).

J’ai donc pris cette option et quand j’ai senti vers la fin que j’avais plus de mal à gérer, j’ai pu avoir une injection de produit tout de suite.

7-La présence d’un conjoint ou d’un proche le jour J
Cette personne doit avoir plusieurs qualités.
– D’abord, elle doit beaucoup vous aimer car il est possible que vous lui fassiez subir le pire en passant par des états très différents. On ne sait jamais comment on va réagir dans la douleur, l’inquiétude ou l’attente qui peut être très longue.
– Ensuite (et la remarque précédente y amène logiquement) elle doit être patiente et capable de veiller longtemps (ou alors elle doit avoir bu beaucoup de café ou être atteinte du syndrome de celui qui ne dort jamais, au choix).
– Elle doit également savoir endurer les coups. Oui dans le moment fatidique, il est possible que vous deveniez une autre personne (rassurez votre conjoint, qu’il ne fuit pas, vous redeviendrez comme avant) ou que votre jumelle maléfique se pointe (si, si on en a toutes une, réfléchissez bien).
– Si cette personne pense avoir de l’humour ou un quelconque don de clown, dites lui que c’est le moment de s’en servir ! Elle peut jongler, faire le poirier, vous réciter des blagues de Toto, peu importe, tout les moyens seront bons ou presque pour vous distraire. Elle doit donc être inventive. On évitera tout de même les remarques lourdes et bas de plafond, la jumelle maléfique n’est jamais loin. Les blagues oui mais pas trop au moment des contractions quand même, rire ça empêche de gérer 😉 Donc en plus la personne doit repérer quand c’est le moment de vous faire rire, oui c’est dur le métier d’accompagnant à l’accouchement mais faudrait pas trop voir à ce qu’ils se plaignent non plus, ce ne sont tout de même pas eux qui accouchent.
– Enfin, cette personne doit savoir un peu mentir, histoire de vous faire croire que non elle n’a rien vu de ce qu’il y a du côté obscur (c’est à dire de l’autre côté du drap), que vous êtes toujours magnifique, que vous faites tout à merveille et que non vous ne lui faites pas mal avec vos ongles plantés dans son bras, …

Paparaignée ne s’est pas mal débrouillé sur tous ces points sauf peut-être sur la capacité à veiller durant le travail. C’est un de ces spécimens au sommeil profond avec en plus la faculté de s’endormir instantanément juste en fermant les yeux, j’ai donc dû le réveiller régulièrement pour qu’il m’apporte mes granules homéopathiques et qu’il se tienne au courant de l’avancée de la chose car ça aurait été dommage de rater l’évènement tant attendu tout de même 😉

8-Un coup de pouce de la part des médecines douces
– L’homéopathie
Ma sage-femme prescrit des packs homéopathiques pour l’accouchement. Si vous ne connaissez pas l’homéopathie, c’est un remède naturel dont je ne vous expliquerai pas ici les principaux fondements, wikipédia s’en chargera mieux que moi. Certains diront que c’est complètement placebo, personnellement, je côtoie cette médecine depuis mon enfance et je la trouve plutôt efficace, et quand bien même elle serait placebo, c’est aussi le cas de la médecine traditionnelle. Les médicaments ont toujours une part de placébo, on se sent souvent mieux dès lors qu’on a l’ordonnance de son médecin à la main non ? Alors si psychologiquement ça peut aider à se rassurer, je suis pour !
J’ai donc pris consciencieusement mes petites granules : celles du dernier mois pour favoriser la maturation du col, celles en partant à la maternité pour favoriser les conditions de travail, celles pendant le travail pour gérer la douleur, … au moins si ça ne m’a pas fait de bien, ça ne m’aura pas fait de mal (et au fond de moi, j’y croyais donc l’effet était déjà positif).

– L’ostéopathie
Une petite séance avant l’accouchement pour vérifier la mobilité du bassin peut être bénéfique. Par ailleurs, l’ostéopathe pourra aussi vous soulager en cas de mal de dos ou autre tout au long de la grossesse. Il ne faut pas craindre la manipulation sur femme enceinte, c’est tout à fait possible et l’ostéopathe prend bien entendu en compte votre état et les spécificités de votre grossesse s’il y en a.
J’ai la chance qu’un ostéopathe intervienne un jour par semaine dans mon cabinet de sage-femme et j’ai eu recours à ses services avant la naissance de Caillou pour une forte douleur au niveau du nerf sciatique. J’ai pu ainsi être soulagée provisoirement, avant une nouvelle manipulation plus efficace après l’accouchement, et m’éviter une douleur supplémentaire qui aurait pu m’empêcher d’être concentrée sur l’essentiel le jour J.
A noter qu’une séance pour bébé après la naissance est également une très bonne chose, que ce soit pour soulager un souci particulier (coliques, RGO, bébé qui tourne sa tête majoritairement d’un côté …), pour faire une vérification après un accouchement difficile ou ayant nécessité l’utilisation d’instruments ou simplement pour faire un check-up général.

– L’acupuncture
Une médecine alternative qui peut aider dans des situations très diverses : pour aider à faire descendre un bébé trop haut avant l’accouchement, pour aider à la maturation du col, pour faire disparaître les hémorroïdes (ben oui il faut bien parler des choses qui fâchent), … La sage-femme qui m’a suivie est également diplômée d’acupuncture (décidément, j’ai beaucoup de chance)  et cette médecine douce m’a été très précieuse lorsque j’attendais Marmouset. En effet, lors de ma première grossesse, j’ai dû être arrêtée très tôt parce que Marmouset était placé trop bas et un accouchement prématuré nous menaçait dès le quatrième mois. Avec une séance d’acupuncture tous les 10 jours environ, la sage-femme a pu le maintenir et même le faire remonter régulièrement ce qui m’a permis de mener la grossesse à terme sans même être alitée.

9-Une première expérience
Pour l’arrivée de Caillou, bizarrement, je n’avais pas peur. Pas peur d’avoir mal. Pas peur de ne pas y arriver, après tout, je ne suis pas la première ni la dernière. Pas peur de devoir faire une césarienne, une épisiotomie au autre au besoin. Je voulais juste que tout aille bien pour bébé. Pourtant, pour Marmouset, j’avais été loin de l’accouchement idyllique comme vous le savez. J’aurais pu avoir peur donc mais non, je me disais qu’au final j’avais survécu, que j’étais heureuse à présent et surtout que si mon premier accouchement avait été fort en intensité, il aura au moins eu le mérite d’être rapide. J’avais cet avantage de la première expérience, une expérience qui m’a beaucoup appris car justement elle n’avait pas été toute rose. J’avais mis du temps pour trouver la sérénité, plusieurs mois sans doute. Alors cette fois, j’avais résolu de ne pas me laisser avoir, de tout mettre en oeuvre pour que ce soit différent et de n’avoir aucun regret.

Alors là j’en conviens, si c’est votre premier, vous n’avez pas cet avantage. Mais vous pouvez lire des récits d’expériences comme le mien héhé 😉
Bon sinon, vous pouvez toujours regarder Baby boom aussi, personnellement, j’en ai usé et abusé mais ça m’a surtout permis d’extraire toute l’eau de mon corps en pleurant comme une madeleine (oui je suis sensible mais surtout j’étais enceinte 😉 ) et d’être un peu rassurée parce que même si je sais que tout n’est pas toujours tout rose, tout est bien qui finit bien à chaque fois dans cette émission.

10-Du repos au préalable et du lâcher prise ensuite
Le plus difficile pour moi, je suis hyper active, en deux mots hein. Ce n’est donc pas une pathologie, j’ai juste du mal à rester sans rien faire car de toute manière, j’ai toujours quelque chose à faire et je suis la reine des to do list. C’est vous dire, parfois je rajoute des trucs que j’ai fait dans la liste juste pour le plaisir de les cocher (oui bon, peut-être que ça fait un peu pathologique là en fait dit comme ça 😉 ). Ce que j’ai appris avec Marmouset, c’est que si on ne se repose pas avant, comme on ne va pas beaucoup se reposer après, le combo risque d’être terrible.
Non parce que moi je m’étais dit « trop bien, quand je serai en congé mater, je vais pouvoir faire tout ce que je n’ai jamais le temps de faire, de la couture, du bricolage, lire, … » mais bien sûr, et la marmotte elle met le chocolat dans le papier d’alu (comment ça cette pub va avoir 20 ans ? ). Déjà avec un bébé souriant et calme dont tu as l’image dans la tête avant d’avoir le tien, tu as peu de temps mais si en plus tu as la chance d’avoir signé pour un pack avec coliques ou RGO, tu n’auras même pas le temps de te pendre (mais tu en auras très envie).
Donc vraiment, dormez, dormez avant, et après dormez encore dès qu’il dort. Bon s’il ne dort pas, trouvez quelqu’un qui aille le balader pour vous reposer un peu de temps en temps, c’est primordial. En plus, les bébés sentent notre fatigue et notre stress et si ce n’est pas facile (et ça ne le sera pas), ça risque d’être pire sans repos. Oubliez le ménage, le rangement, les courses, les lessives, déléguez un maximum et remettez au lendemain (tous les jours 😉 ).

 

Et avec le recul ?
Si ces 10 points avaient été remplis ou presque, pour mon premier accouchement, il est fort à parier que d’abord, peut-être que je n’aurais pas eu les complications qui se sont déroulées mais surtout, malgré la difficulté, j’aurais compris ce qui se passait, je me serais remise plus facilement psychologiquement parlant.

Aujourd’hui, je suis heureuse.
Juste après ce deuxième accouchement, j’étais heureuse et presque reposée.
Je ne peux pas dire ça de mon premier malheureusement. J’étais heureuse et épuisée, heureuse et perdue, et finalement je n’étais plus heureuse. J’avais voulu mon Marmouset plus que tout et je l’avais crié haut et fort, s’ajoutait donc la culpabilité de ne pas me sentir épanouie dans mon métier de maman. J’étais heureuse qu’il soit là mais complètement dépassée et je ne sais pas comment je tenais encore debout parfois.

Ce deuxième accouchement, serein cette fois, m’a permis d’être plus à même de m’occuper de Caillou et de moi-même, d’être joyeuse, épanouie, heureuse d’être à la maison avec mon petit, de réussir à sortir, à voir du monde, de me sentir bien, fatiguée certes mais satisfaite. Note pour moi-même, finalement ne pas en vouloir aux copines qui disaient « tu verras c’est que du bonheur » car en fait oui ça peut l’être. Même si la période bébé, ce n’est toujours pas « mon truc », si je les préfère un peu plus grands, de l’âge de Marmouset, l’âge où je les sens plus indépendants (mais pas encore trop quand même), l’âge où ils absorbent tout, où ils sont passionnés par tout et où je peux commencer à jouer à la maîtresse avec eux ;), aujourd’hui, je peux dire qu’avec Caillou, j’apprends à apprécier une autre période de l’enfance, et que oui, ça passe bien trop vite là où avec Marmouset j’aurais aimé que ça passe bien plus vite.

 

Ah oui, sinon, il y a un onzième point, le point bonus mais là, il faut être douée hein, moi j’ai eu de la chance : accoucher à la Saint André. Oui car comme m’a dit ma maman : « A la saint André, il sort comme il est entré. » Merci maman 😉
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Les photos ont été réalisée par Carole J Photographe, merci à elle.
Caillou porte une salopette nuage de chez Lucien Zazou.

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L’accouchement rêvé (ou presque) – partie 1

Un moment qu’il fallait que je vous en parle.
Il y a deux mois, je vous annonçais l’arrivée de Caillou, la nouvelle petite araignée qui agrandissait la famille. Mais depuis, je n’avais pas encore pris le temps de vous raconter un peu sa naissance.
Loup-8jours-35-webN’ayez crainte, vous ne trouverez pas ici les détails techniques d’un accouchement. Ben non, je tiens à garder mes lecteurs quand même 😉 et je ne fais pas dans les écrits de guerre et journaux de bords de champs de bataille 😉 . Et puis bon, vous savez tous comment ça se passe ou presque de ce point de vue là, je ne suis pas une extraterrestre et Caillou n’est pas apparu dans un pet magique de poney arc-en-ciel (quoique, entre le ressenti et la réalité il n’y a qu’un pas), tout propre, tout peigné et tout lisse (oui je sens votre déception mais en fait j’ai fait comme tout le monde, si, si).
Dans cet article, qui risque fort d’être long (fuyez tant qu’il est encore temps), vous trouverez donc surtout des impressions, des détails qui m’ont marquée, les petits trucs et astuces qui nous ont permis d’accueillir Caillou sereinement et surtout la preuve que l’on peut vivre un accouchement et un séjour à la maternité agréables même quand la première fois a quasiment été à l’extrême inverse. Et ça c’est déjà pas mal hein ! 😉

De fait, dans un premier temps, il est nécessaire de passer par une autre étape de notre vie, l’arrivée de Marmouset, qui celle-ci ne s’est pas faite dans la douceur comme vous l’aurez compris. Alors me direz-vous, point d’accouchement ressenti comme absolument merveilleux sans un accouchement difficile avant ? Heureusement non, mais l’histoire d’un accouchement difficile peut permettre aux futurs parents de mieux se préparer et de dédramatiser un peu (et aux déjà parents de se remémorer quelques souvenirs et de relativiser !)

Enchaîner les problèmes  ou l’accouchement numéro 1
(si vous n’avez jamais accouché,  vous pouvez directement passer à l’accouchement numéro 2 qui se trouve dans l’article suivant mais je décline toute responsabilité de « non-préparation au pire » 😉 )
Le jour de l’arrivée de Marmouset, tout se passait bien. Je sentais le super accouchement venir parce que chez moi, apparemment, ça descend tout seul (si vous avez mis des heures et des heures à accoucher, ne me détestez pas tout de suite, j’ai eu mon lot d’autres joyeusetés en compensation). Pratique n’est-ce pas ? Enfin tout est relatif car ça descend bien trop tôt, dès le troisième mois mais ça, c’est une autre histoire. Tout allait bien donc, une jolie nuit de pleine lune, pas un chat une maman à la maternité sur le point d’accoucher mis à part moi, une sage-femme rassurante et même un petit tour dans la maxi baignoire de ouf pour se relaxer (comme celle que l’on voit à la télé dans Baby boom oui parce que ma maternité est passé dans Baby boom héhé). Sauf qu’à quelques minutes du moment fatidique, il s’est passé ça :
– double cordon autour du cou de Marmouset = baisse de son rythme cardiaque = intervention du médecin en urgence avec épisiotomie et forceps
+
– péridurale qui ne fonctionne pas ou pas au bon endroit (je ne sais toujours pas bien) = douleur ++++++  (ben oui forceps et épisio hein) = état second et impossibilité de sentir si je pousse ou pas et bien ou pas.
Bref, un accouchement rapide mais fait « à l’arrach » comme disent les jeunes (comment ça les jeunes disent plus ça ?) qui au final m’a apporté une extrême fatigue, un baby blues (peut-être même un peu plus que ça) et une impression de ne pas avoir réellement mis au monde Marmouset.
Je ne vous passe pas l’après « expulsion » (oui c’est ce doux mot qui est utilisé dans le corps médical, ça aide bien à la sérénité hein ? 😉 ), ce serait vous priver de quelques détails dignes d’un film mêlant l’horreur et le comique. Je devrais plutôt dire « extraction » d’ailleurs dans mon cas. L’après extraction donc, avec la sage-femme qui t’appuie sur le ventre car je cite « désolé Madame, tout n’est pas sorti » et par tout, elle désigne le placenta hein, le bébé lui était en un seul morceau ouf  (vision d’horreur)! Et le doux moment où tu te fais recoudre et où la péridurale ne s’est toujours pas décidée à fonctionner (comment ça j’avais dit pas de détails techniques type « champ de bataille » au début de l’article 😉 ) et où le médecin, au moment du passage de l’aiguille, quand tu serres un peu les dents et que ça se voit, te sort très sérieusement « Vous êtes un peu sensible de cet endroit là non ? ». Et là, pas encore sortie de ton état de quatrième dimension, secouée par ce que tu viens de vivre, la répartie te manque malheureusement mais tu aurais bien aimé lui dire que « Non, non, pas du tout », tous les jours tu te plantes des aiguilles dans le vagin et que tu veux bien partager ce moment de plénitude avec elle, histoire qu’elle saute de joie avec toi et que d’ailleurs, juste avant, c’est aussi par complaisance que tu criais quand elle a activé ses forceps.

Autant vous dire qu’après ça, le bonheur d’avoir son bébé sur son ventre et les pleurs de joies et d’émotions avec sa moitié, on peut s’asseoir dessus. Enfin si tu pleures hein, mais tu pleures parce que tu es perdue, que tu ne comprends pas bien ce qui s’est passé et que ça y est c’est bon tu as vu le bébé, on peut le remettre là où il était maintenant ?
Dans les films, les parents s’embrassent, regardent leur oeuvre avec béatitude et la maman dit au papa, « c’est le plus beau jour de ma vie ». Ben qu’est-ce que ça doit être les autres ?. Moi, bizarrement, ma première phrase au papa fut : « je suis désolée, je ne pourrai pas faire un deuxième ». Note pour moi-même : arrêtez de croire les films niaiseux et les mamans qui te disent, « tu verras c’est que du bonheur ».
Mais bon, comme vous le savez, j’ai fait un deuxième et j’en ai même parlé au papa quelques jours après l’accouchement de ce futur deuxième, il faut croire que le cerveau et le corps sont conditionnés pour oublier et ne garder que le positif (si si apparemment il y a eu du positif, là tout de suite en y repensant, je ne vois pas quoi mais il y en a eu, forcément 😉 ).

Bref, le premier accouchement, je peux le résumer ainsi : trop vite, trop violent, trop confus.

Et la pouasse amenant vraisemblablement la pouasse, ç’aurait été trop beau que cela s’arrête ainsi.
Ayant eu l’extrême privilège de connaître ce qu’on appelle un périnée complet (vous ne connaissez pas, ne comptez pas sur moi pour vous l’expliquer, google s’en fera une joie, on a dit pas de détails so glam 😉 ), j’ai eu un autre privilège, un séjour prolongé à la maternité avec un gros suivi. Un gros suivi, ça ne veut pas dire plus de repos. Parce que toi, tu crois que tu peux te reposer à la maternité, que c’est bon le plus dur est passé ! Mais non, il ne faudrait pas que le retour à la réalité soit trop doux non plus, hein. Alors on vient te voir tous les 5 minutes pour la pesée, la température de bébé, la tienne, la tension, le test machin chose pour bébé, la vérification de la cicatrisation, si tu saignes bien comme il faut (toi tu sais pas bien ce que ça veut dire mais eux visiblement ils ont une idée précise de la chose), si tu vas bien aux toilettes comme il faut, le positionnement au sein (qui change à chaque fois selon la personne qui te le montre), les soins au bébé, le bain, la photo de naissance, les papiers pour déclarer bébé, l’ordonnance pour le retour à la maison, … et j’en passe.
Et puis, si tu as encore plus de chance, voilà ce qui peut se passer.

  • On te dispute parce que tu n’as pas fini de manger quand on ramasse les plateaux (ben oui parce que ton bébé a voulu téter au même moment, c’est vrai quoi il peut pas se caler au bon moment ce fils indigne ! et puis faire ses nuit tant qu’on y est aussi !).
  • On te dit de te débrouiller quand tu demandes de l’aide pour changer bébé et que tu ne tiens pas debout parce que je cite encore « c’est comme ça qu’on apprend ».
  • On t’envoie te faire voir assez clairement lorsque tu rappelles que la sage-femme de jour a demandé que l’on te prenne un peu ton fils la nuit (parce qu’elle était inquiète de ton manque de repos).
  • On découvre le dernier jour où tu es là qu’en fait il y avait un souci d’aération dans ta chambre et que si tu n’arrivais pas à dormir, ce n’est pas parce que l’accouchement t’a transformé en chaudière, mais juste parce que l’on t’a offert le luxe de séjourner dans la chambre sauna (trop généreux, vraiment fallait pas).
  • Et enfin, on t’informe que la dernière pesée se fera la nuit, celle où tu pensais enfin dormir parce que la montée de lait est passée et que ta chambre dispose enfin de l’option aération mais que non à 2h du mat, tu devras déshabiller bébé complètement, le rhabiller (pour une fois qu’il dormait) et le faire téter pour qu’il se remette de ce réveil bien violent. Ben oui, parce que « vous allez sortir demain matin alors faut que tout soit réglé avant la sortie », d’ailleurs, finalement, tu sors seulement à midi passé car personne n’est prêt sauf toi (trop heureuse de partir).

A croire que dans ce moment d’égarement qu’est l’accouchement, le personnel nous fait jouer à la grande loterie de la maternité et que jackpot, j’ai tiré le pack spécial « VDM » 😉

Voilà, un accouchement, ça peut être ça et donc forcément à la maison après, le bonheur est loin d’être présent, la fatigue perdure et le baby blues s’invite plus longtemps que prévu. Mais rassurez-vous aujourd’hui, je le vois comme un scénario digne d’un bon film comique et j’en ris (presque, si, si, quoique parfois jaune 😉 )

Place à la bonne nouvelle, on peut vivre un accouchement DIFFERENT et heureusement. Si je vous ai parlé de ma première expérience, ce n’est pas pour vous effrayer (non non, je vous jure, revenez !) mais pour mieux vous montrer que oui il y a une solution pour ne pas vivre ça. Alors desserez les fesses, il va bien falloir qu’il sorte votre petit bout (comment ça c’est pas les fesses, ah ben tout s’explique alors 😉 ).

Cet accouchement rêvé, je vous en parle ici.

 

 

Projet bai jia bei – partie 3

La couverture bai jia bei de Caillou est enfin terminée !
Vous avez pu suivre les cinq premières étapes dans les deux articles précédents : ici et ici.
Voici maintenant la phase finale.

Sixième étape : la pose de la doublure
Avant la pose de la doublure, j’ai dans un premier temps effectué un point zigzag tout le long de la couverture pour éviter que les tissus ne s’effilochent. Même s’il y a peu de risque, on n’est jamais trop prudent.
IMG_20151121_220205Pour la doublure, j’ai commandé du tissu polaire. A la base j’avais pensé au minkee mais il se trouve que l’enseigne chez qui je voulais commander n’en faisait pas. Par ailleurs, en me renseignant sur le net, j’ai cru comprendre que le minkee était plus difficile à coudre et comme ma machine me fait des caprices lorsqu’il y a de l’épaisseur, je n’ai pas voulu prendre de risque. Le polaire a d’ailleurs beaucoup d’autres avantages : il ne s’effiloche pas, est facile d’entretien et n’est pas très cher par rapport au minkee.
Nous avons choisi un polaire bleu jean.
Lorsque je l’ai reçu, je l’ai dans un premier temps lavé. Le polaire ne rétrécit pas au lavage et sèche en un temps record (encore des avantages) !
Puis, j’ai épinglé l’assemblage de tissus sur le polaire : endroit contre endroit. J’ai placé les épingles régulièrement sur les quatre côtés en veillant à ce que tout soit bien tendu.
Ce fut un peu long mais assez simple. La seule difficulté a été pour moi de différencier l’endroit de l’envers du tissu polaire.
Ce n’est finalement peut-être pas si important mais quoi qu’il en soit, j’ai trouvé de l’aide sur ce site ainsi que d’excellents conseils pour la couture de cette matière.
Cela m’a permis de coudre sans aucun souci et très rapidement. Ma machine n’est peut-être pas si capricieuse en fin de compte si on sait comment l’apprivoiser, c’est-à-dire quel fil ou quelle aiguille utiliser, …. Pour le polaire, j’ai donc appris qu’il fallait :
– une aiguille taille 80/12
– du fil 100 % polyester (j’avais pris soin de commander le fil conseillé sur le site lors de l’achat du tissu)
– un point pas trop serré
– un ajustement de la tension comme pour tout tissu
J’ai d’abord fait un essai sur une chute de tissu, la couture arrière était pleine de bouclettes, de fils emmêlés. La règle est simple, si j’ai bien compris : fil qui casse = trop de tension, fil qui fait des bouclettes à l’arrière = pas assez de tension. Nouvel essai en augmentant un peu la tension de la machine  et cette fois couture impeccable 🙂

Il m’a donc suffit de piquer à la machine tout le long de la couverture en pensant bien à laisser une ouverture, de la taille de la main, à un endroit, pour pouvoir la retourner à la fin. Et tadammmmmm !
IMG_20151122_133137bisOui je suis cruelle, sur cette photo, j’ai noirci le prénom brodé sur l’un des tissus pour préserver le suspense. Encore un peu de patience ! 

Lorsque la couverture est retournée, il faut fermer l’ouverture avec un point invisible. C’est assez simple. J’ai suivi cette vidéo pour ce faire. Voici ce que ça donne en image.
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La couverture est terminée ! Une couverture d’environ 1m30 sur 1m30 qui mêle les époques et les générations, les motifs et les couleurs, les pays/continents/villes (Mexique, Afrique, Tahiti, Martinique, Angleterre, France), une couverture chargée de belles histoires (t-shirt préféré, pantalon qui a voyagé et gravi des montagnes, morceau de landau, tipi d’enfant, costume de danse…) et de bons voeux, en un mot tout un symbole !  Caillou peut maintenant faire son entrée parmi nous sous la protection de tous (oui il serait temps là, il reste deux semaines et maman va bientôt céder sous son propre poids).
Je remercie tous ceux qui ont pu contribuer à ce projet, qui ont suivi son avancée, m’ont encouragée, … grâce à vous, nous allons accueillir très bientôt ce petit garçon, aussi sereinement que possible !

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Alors, qui va repérer son carré de tissu ?

Projet bai jia bei – partie 2

Vous avez suivi la première partie du projet Bai jia bei avec la préparation des tissus ici, place à la couture maintenant !

Quatrième étape : le pré-assemblage
J’ai récolté 64 morceaux de tissus ce qui me permettra de réaliser une couverture carrée de 8 morceaux sur 8. Avant de démarrer la couture, il est préférable de disposer tous les tissus au sol pour avoir une visualisation de la couverture finale. Cela va permettre de ne pas se retrouver avec un déséquilibre au niveau des coloris, des motifs, … que l’on risque d’avoir si on fait la couture en prenant les carrés au hasard.

IMG_20151113_223049Une fois ce travail fait et une petite photo prise si on a un doute par la suite, la couture va pouvoir réellement commencer.

Cinquième étape : la couture
Il suffit de coudre les carrés ensemble un à un pour former des lignes puis d’assembler chaque ligne ensuite. La couture se fait toujours endroit sur endroit. Pour que toutes mes coutures soient identiques, j’ai utilisé comme repère le bord du pied de la machine. Le bord du pied suit le bord des tissus à assembler, cela m’a permis de faire des coutures régulières toujours à 1 cm du bord.

image(1)

Avec un gros bidon, on est plus éloigné de la table mais ça fonctionne quand même 🙂

IMG_20151114_164008 image(5) image(3) 
Une fois toutes les bandes constituées, il faut repasser le tissu qui dépasse au niveau des coutures pour l’aplatir de part et d’autre de la couture.

Ensuite, on coud les lignes entre elles, toujours endroit sur endroit, en ayant pris soin de bien épingler au préalable pour que les coutures déjà faites concordent bien et ne bougent pas au moment d’utiliser la machine.
Si vous avez un Marmouset qui décide que c’est l’heure de câliner, c’est certes peu pratique mais ça reste faisable quand même. La preuve en image.
IMG_20151115_092934Une fois toutes les lignes assemblées, le plus gros du travail est fait. On repasse à nouveau le tout pour aplatir les coutures.
C’est à ce moment que l’on peut commander le tissu pour la doublure, polaire ou minkee par exemple. On peut aussi le commander avant si on a bien calculé les mesures. Il suffit de choisir un tissu aux dimensions légèrement supérieures à celles de la couverture pour avoir un peu de marge au cas où.

Rendez-vous à l’étape finale lorsque j’aurai reçu la doublure polaire commandée il y a peu.

 

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Projet bai jia bei – partie 1

Il y a plus d’un mois, je vous faisais partager un petit projet qui me tenait à coeur : confectionner une couverture de naissance pour Caillou, selon la tradition chinoise du Bai jia bei. Et pour réaliser ce projet, je faisais appel à vous au travers de cet article, vous permettant, dans un même temps, d’en savoir un peu plus sur cette jolie tradition. Aujourd’hui, je tiens à vous remercier d’avoir répondu présent et de m’avoir accompagnée dans ce projet car, grâce à vous, il est en train de prendre forme.IMG_20151002_195748J’ai en effet récupéré progressivement les tissus et les gentils voeux de toutes les personnes désireuses de participer. Ce fut un réel bonheur que celui de me rendre à ma boîte aux lettres chaque jour, dans l’excitation de savoir ce que j’allais y trouver. Toutes ces couleurs, ces motifs, ces textures différentes me ravissaient à coup sûr.
La semaine dernière, après une belle récolte de 64 morceaux de tissu, je me suis donc mise au travail.

  • Première étape : le lavage
    Dans un premier temps, il est nécessaire de laver tous les tissus, avant toute autre action et ce pour une seule chose : prévenir un éventuel rétrécissement. Peu importe ce que vous souhaitez coudre, il faut toujours laver avant. Si vous lavez après couture et que certains tissus rétrécissent, vous risquez d’avoir des surprises.
    Ici, une simple machine à 40° avec mes vêtements habituels pour compléter. J’avoue avoir tremblé devant ma machine, espérant que les tissus, tous plus colorés les uns que les autres, ne déteignent pas. J’ai donc pris soin de disposer une lingette (de celles qui permettent de mélanger toutes les couleurs comme dans la pub) dans le tambour de ma machine et j’ai bien fait. Aucun souci sur mes tissus mais une lingette bien foncée.

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  • Deuxième étape : le repassage
    Pas de grand discours, jusque là, c’est assez simple et finalement assez rapide.

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  • Troisième étape : le calibrage et la découpe
    Là, non pas que ce soit compliqué mais c’est assez rébarbatif et ça peut être long selon le nombre de tissus que vous avez. Une crampe à la main est vite arrivée.
    Il faut d’abord classer les tissus repassés pour trouver le plus petit et selon les mesures du plus petit, on va pouvoir décider de la taille finale de chaque carré. J’avais demandé des carrés de 20 cm sur 20 cm au minimum, le plus petit était légèrement au-dessus de 18 cm après lavage, j’ai donc choisi de recouper tous les tissus sur une base de 18 cm.
    J’ai tracé et découpé un carré correspondant à cette mesure dans du carton (une boîte de céréales vide a fait l’affaire). Puis, j’ai utilisé ce gabarit sur chaque tissu en en faisant le contour avec un stylo. Enfin, il a fallu tout découper minutieusement.

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J’ai gardé des chutes de tissus et j’ai agrafé ces chutes à chaque carte, mot, voeu envoyé. J’ai aussi entré dans un tableur, le nom de chaque bonne fée, leur lien avec moi ou Paparaignée, et la description du ou des tissus associés. Ainsi, il sera plus facile pour Caillou, plus tard, en ouvrant sa petit valise à voeux, de jouer à retrouver le propriétaire de chaque carré et donc de connaître « l’histoire » racontée par sa couverture. Certains avaient d’ailleurs déjà eu l’idée de personnaliser leur carte avec leur tissu, ce qui était une chouette idée.
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Il vous tarde de continuer à voir l’avancement de la couverture. Alors pour la deuxième partie, c’est ici .